Tu n'as pas pu louper ces articles à la mode depuis quelques mois, qui titrent des choses comme : un homme sur trois est célibataire, ou n'a pas eu de relation intime. Et toi, tu réfléchis, tu es malin. Tu te dis : c'est bizarre quand même. Un homme sur trois, déjà, c'est beaucoup. Et puis, si un homme sur trois est célibataire, qu'est-ce qu'il en est des femmes ? Tu ouvres ces vidéos, tu regardes ces articles, et on t'explique la chose suivante. Le premier camp : c'est de ta faute, tu fais les choses mal, il faut modifier ton comportement pour trouver quelqu'un sur terre et être enfin amoureux. L'autre camp va te dire : le problème, ce n'est pas toi, c'est les autres. C'est les femmes le problème, c'est les hommes le problème. En réalité, les deux se trompent, les deux ont faux, et surtout, les deux ont quelque chose à te vendre.
Aujourd'hui, j'aimerais qu'on vienne détruire un peu tous ces mensonges et qu'on comprenne la réalité sur le terrain. En gros, qu'on sache exactement où on est, si la société part en vrille ou pas. Un indice ? Oui, quand même. Et surtout, qu'est-ce qu'on peut faire pour avoir une vie amoureuse heureuse.
Trois mensonges qu'on te vend sur le célibat
Commençons par détruire le tout premier des mensonges que tu vas entendre chez certains qui ont quelque chose à te vendre. Ce mensonge, c'est : bosse sur toi. En gros, si tu es célibataire aujourd'hui, c'est que tu n'as pas assez bossé sur toi, tu n'as pas fait assez de sport, tu as du gras dans le bas du ventre, tu penses de la mauvaise manière, et donc il te faut un coach maintenant, et ça va coûter 6000 euros. Ou alors il te faut la dernière application à la mode, ou encore il faut que tu t'inscrives dans une salle de sport. Mais si c'était le cas, si le seul problème c'était « bosse sur toi », et que ceci expliquait la décadence de notre société et l'augmentation du taux de divorce, alors comment est-ce qu'on pourrait expliquer qu'on se sépare alors qu'on n'a jamais autant bossé sur nous depuis la création de l'univers ? Donc ce premier argument est faux. On bosse souvent déjà bien assez sur nous-mêmes.
Deuxième mensonge : les victimes sont les hommes. Finalement, le problème, ce seraient tous ces mecs qui n'arrivent pas à se remettre en question. Mais si on regarde les statistiques, 78 % des hommes et 74 % des femmes déclarent avoir eu un rapport intime dans l'année. Donc en gros, oui, on se retrouve un petit peu moins, mais il s'avère que c'est kif-kif entre hommes et femmes, et surtout, c'est déclaratif. Il n'y a pas une seule personne qui vient faire un sondage dans ton lit pour savoir si ça s'est passé ou pas. Et puis soyons honnêtes : dans 95 % des cas, vu qu'il y a 5 % de population homosexuelle, ça se fait en hétéro. Donc si ça concerne un des camps, ça concerne forcément l'autre derrière.
Mensonge numéro 3, qui est peut-être mon préféré en tant qu'homme : évidemment, sans être misogyne, le problème, c'est bien évidemment les femmes. Et il y a deux tirs au lance-roquettes qui sont durs à contrer. La toute première statistique : 75 % des divorces sont demandés par les femmes, ce qui est statistiquement réel. C'est mesurable, tu peux aller contrôler le nombre de papiers remplis pour une demande de divorce. Et le deuxième argument dur à contrer : les couples les plus violents seraient des couples de femmes, et le couple le moins violent, deux hommes.
Ce que disent vraiment les statistiques
Maintenant, parce que tu es cortiqué, tu veux savoir ce qu'il en est réellement sur le divorce. Oui, comme on l'a vu, c'est bel et bien vrai. Mais les femmes quittent plus souvent des relations mariées, parce que dans une relation où on n'est pas marié, la décision de partir est égale entre homme et femme. Donc en gros, les femmes ne fuient pas l'amour. Ce ne sont pas elles qui partent tout le temps. Ce qu'elles fuient, c'est le mariage, qu'elles voient comme un mauvais deal, un mauvais arrangement. Le problème étant donc l'institution. Alors oui, certains vont rétorquer que les femmes demandent le divorce pour avoir de l'argent. Je ne vous cache pas que dans chacun des deux camps, il y a en effet des moutons noirs, que ce soit côté homme ou côté femme. Mais ce n'est pas la majorité des cas. Dans la majorité des cas, une femme part de son mariage juste parce que ça ne lui convient pas.
Voyons le deuxième point avancé, celui de la violence. C'est juste le début d'une phrase de l'étude, qui a été transformée. Parce que si on regarde réellement ce que cette étude disait, elle calculait le taux de victimes sur toute une vie, tous partenaires confondus, et accroche-toi bien, parce que ça change tout. Cette étude ne dit pas « personnes du même sexe en couple ». Par exemple, les femmes bi ont le taux le plus haut d'agresseurs. Mais dans ce cas-là, les agresseurs sont des hommes, dans une relation précédente, et pas dans la relation actuelle. Ce qui signifie qu'en réalité, on fait dire aux chiffres exactement ce qu'on veut. On fait du sensationnalisme, on transforme un peu toute notre soupe, et au final, ça fait peur à tout le monde, et toi, tu te retrouves célibataire à te dire : le monde part en vrille, donc c'est foutu pour moi.
Et je tiens à faire un petit nota bene : je vais vous avouer quelque chose que j'observe au quotidien dans ma pratique de coach. Il y a tout autant de gens manipulateurs et détraqués côté homme que côté femme, à pourcentage égal. Un homme sera plus toxique par la violence physique. Une femme pourra être plus toxique de manière psychologique, par l'agression de ton mental.
Les trois piliers qui se sont effondrés
On pourrait s'arrêter là et dire que finalement, la société va bien, que ce sont juste des gens qui ont lu de mauvaises études et transformé les statistiques à leur avantage. Sauf qu'en réalité, il y a réellement quelque chose qui se passe mal dans notre société. L'IFOP révèle quelque chose d'extrêmement intéressant : il faut maintenant décorréler vie intime et couple. Tu peux être célibataire et avoir une vie intime gigantesque, mais tu peux aussi être en couple et ne pas avoir de vie intime. Et il y a des choses qu'on peut mesurer : l'État sait que 6 adultes sur 10 vivent sous le même toit, et les chiffres approximatifs sont de 75 % de gens en couple de longue durée. Ce qu'on observe, c'est une baisse des gens en couple sous le même toit, arrivée entre 2008 et 2018, corrélée à la baisse de l'activité intime. Ce n'est donc pas quelque chose de récent : ça a beaucoup décliné pendant 10 ans, pour arriver à une forme de palier aujourd'hui. Et on va arriver au vrai problème. Dans notre société, trois piliers se sont effondrés simultanément, et c'est ça, la réelle cause de nos soucis amoureux et de notre vie intime aujourd'hui. Le vrai diagnostic, c'est que notre société n'est plus réellement compatible avec le couple tel qu'on le connaissait précédemment.
Premier pilier qui s'est effondré : le contexte. Pendant des siècles, on se rencontrait dans des tiers-lieux. On se rencontrait dans notre voisinage, dans des lieux de culte, à l'église par exemple, ou au travail. On croisait des gens souvent, on reconnaissait des visages, on nouait des liens, et donc on se rencontrait dans un contexte. C'est même un concept qui a été nommé : le tiers-lieu, ni privé ni professionnel, c'est ailleurs. Ceux-ci, malheureusement, ont disparu. Et qu'est-ce qui les a remplacés ? Des non-lieux. Tu vas au Starbucks, tu croises en effet des gens, mais tu ne les reverras jamais. Tu vas à la salle de sport, chacun a ses écouteurs sur les oreilles, tu n'oses pas trop déranger, tu repars. Oui, tu revois la même tête, mais il n'y a aucun lien qui se crée.
Le pilier numéro 2, qui s'est pris un sacré coup aussi, s'appelle la cohérence temporelle. Un peu moins sexy comme titre, mais tout aussi intéressant. Dans le temps, on se synchronisait tous au même moment de notre vie. Je ne sais pas si tu te souviens des Catherinettes : c'étaient ces femmes de 25 ans à qui on mettait un bonnet rigolo et qu'on faisait danser dans la rue, dans les villages. En gros, on disait : celles-ci, on n'a pas réussi à les caser, elles sont en promo, venez vite les épouser. Si tu n'étais pas casé à 25 ans, c'était un gros problème. Aujourd'hui, tu as une désynchronisation totale des phases de vie. Tu peux avoir un homme de 27 ans qui veut avoir des enfants, qui veut s'engager. De la même manière, tu peux avoir une femme de 38 ans qui se décide finalement à construire après coup, à avoir des enfants maintenant. Les deux sont célibataires, mais ils sont asymétriques. C'est-à-dire que l'envie est tellement étalée dans le temps que finalement, ils ne se croisent même pas.
Le troisième pilier qui a été bousillé, peut-être le plus important, c'est le coût de sortie. Avant, quitter, ça coûtait cher. On avait construit un patrimoine pour la vie, on avait un cercle social, donc on investissait à fond dans le lien. Aujourd'hui, partir ne coûte quasiment rien. On bousille la santé mentale de nos enfants, mais ça, bon, on va l'oublier. Et on peut remplacer Gérard par juste un seul swipe. Gérard part à 18h ; à 19h, je peux avoir un dîner avec Éric. Imagine : tu possèdes une voiture, elle ne marche plus très bien, et je te dis qu'en un swipe, tu peux avoir une autre voiture, gratos. Dans ce cas-là, l'intérêt à réparer devient inutile. Tu as plutôt intérêt à remplacer directement. Et quelque chose qui est échangeable facilement, que ce soit en marketing ou dans la vie, n'a absolument aucune valeur.
Le piège de la comparaison avec nos parents
Il y a peut-être un autre piège, et c'est probablement la partie la plus importante : ton élément de comparaison, ce sont tes parents. On se dit aujourd'hui que l'amour est mort parce qu'on le compare au modèle qui est juste devant nous, qu'on fréquente peut-être tous les dimanches midi : le modèle de nos parents, qui paraissait stable, gentil, aimant. Ils ne se sont jamais séparés, ils se sont connus jeunes et, a priori, ils n'ont pas divorcé. Sauf qu'en réalité, ils ne sont pas restés ensemble parce qu'il y avait de l'amour. C'est une grosse erreur. Ils ont tenu ensemble parce que partir, ça coûtait cher, parce que finalement, ils n'avaient pas d'autre choix que de rester dedans. Les divorces étaient assez peu fréquents, tu étais mal jugé à l'époque si tu partais. Et derrière cette image d'Épinal assez lisse se cachent plein d'autres choses. Peut-être ta mère qui a été malheureuse et qui ne l'a jamais dit. Peut-être des violences. Peut-être aussi des femmes piégées économiquement, et des gens qui sont restés malheureux toute une vie, toujours avec un grand sourire. Tous les problèmes, on va les cacher sous le paillasson, on ne dira absolument rien. Tu vois que le meilleur, tu ne vois pas ce qui se passe derrière.
Et si tu compares encore à une autre génération, celle des grands-parents : peut-être que c'étaient des mariages arrangés, et peut-être que c'était survivre avant même d'avoir des sentiments. Donc en réalité, il n'y a pas un âge d'or où on aurait tout perdu. À chaque génération son type de couple. La vraie question aujourd'hui, ce n'est pas comment revenir à avant, parce qu'avant, c'était tout pété, tu n'as même pas envie d'y aller en réalité. La vraie question, c'est comment faire pour aimer à notre époque, de notre manière, avec notre style et aussi avec nos nouvelles contraintes.
Une détresse réelle, surtout masculine
Sauf qu'il y a une détresse qui est réelle. Et je vais te dire pourquoi on parle autant des hommes, en réalité. C'est ça que 99 % des articles ne comprennent pas. Ce n'est pas que les femmes ne souffrent pas : elles souffrent tout autant que les hommes. Je te rappelle depuis le début que je suis autant du côté homme que du côté femme. Et elles déclarent même plus souvent, c'est ça qui est super important, se sentir seules. Sauf qu'elles font deux fois moins de tentatives de suicide. Les hommes meurent trois fois plus. En 2023, trois suicides sur quatre étaient des hommes. C'est gigantesque, pour une seule raison. La douleur des femmes, elle se dit, elle s'annonce. Ce sont aussi des personnes qui vont consulter pour aller mieux. La douleur des hommes, elle se cache, et ça va sortir dans plein d'autres choses : addiction, travail, colère. On a appris à ce petit bonhomme, quand il tombait en vélo : « Tu es tombé, tu es un homme, tu n'as pas mal. » Il y a aussi un tissu social : 15 % des hommes en France n'ont aucun ami proche. On était seulement à 3 % en 1990. Du coup, lorsqu'une relation s'arrête, l'homme perd tout. Il n'a aucun tissu social.
Et si tu penses que ces problèmes ne concernent que les célibataires, détrompe-toi : ceux qui sont en couple en pâtissent bien évidemment. Par exemple, tout d'un coup, tu deviens jetable. Tu es dans ton couple, mais tu sais que tu peux être remplacé par un swipe sur l'application de rencontre en une seconde. Forcément, tu vas devenir encore plus dépendant affectif si tu l'étais, encore plus insécure si tu manquais de confiance en toi. Ou alors tu vas t'accrocher à un lien instable comme à ton casino : je l'ai trouvé, maintenant il faut que je le garde, absolument. Comprends bien que cette machine, cette société, ce casino géant, ne fabrique pas que des solitaires. Ça fabrique aussi des dépendants affectifs et des relations toxiques. C'est le même terreau, parce qu'un environnement instable va surstimuler tous ceux qui sont anxieux, mais aussi ceux qui sont évitants.
Trois reconstructions pour changer de vie amoureuse
Si tu as envie de changer ça, je te donne trois recommandations qui sont, à mon sens, celles qui te font changer de vie. La première, c'est de recréer du contexte. On a parlé des tiers-lieux : tu peux tout à fait en faire revenir un. Si tu arrives à réunir quelques personnes autour de toi, de manière stable, dans une espèce de routine chaque semaine, tu as déjà recréé un écosystème comme dans le temps, comme au moment où ça marchait bien. La deuxième reconstruction, c'est celle de la cohérence. Typiquement, c'est être lucide sur ta phase de vie, être dans une phase qui semble cohérente avec l'endroit où je suis. Ça ne veut pas dire que tu n'as aucune chance à 18 ou 40 ans d'avoir un enfant. Ça veut juste dire accepter que, comme c'est un peu détendu dans le temps, c'est un peu plus compliqué sur les extrémités.
La troisième reconstruction, c'est de devenir non substituable. Ce n'est pas d'être plus beau, plus drôle, plus riche : c'est d'avoir des valeurs. Par exemple, dire ce qu'on pense et faire ce qu'on dit, et être cohérent. Quand tu as une personne en face de toi qui est cohérente, qui s'engage, qui est constante dans le temps, elle est dure à swiper. L'idée aujourd'hui, c'est de sortir d'un mode de fonctionnement qu'on essaie de t'imposer : va sur les applications de rencontre, comporte-toi comme tout le monde, la société est foutue. Ça, c'est ce qu'on te vend aujourd'hui. Tu peux soit choisir d'y croire, soit sortir de ça et te dire : moi, aujourd'hui, je suis différent. Moi, ce que je veux, c'est quelqu'un qui me ressemble. Tu peux recréer ton univers, tu peux recréer tes règles du jeu différemment, ailleurs, avec plus d'intelligence. Et c'est ça que je te conseille aujourd'hui.
Tu veux construire une vie amoureuse qui te ressemble, avec tes règles du jeu à toi ? On peut y travailler ensemble en coaching.
Questions fréquentes
Un homme sur trois est-il vraiment sans relation ?
Les chiffres sont beaucoup moins alarmants que les titres : 78 % des hommes et 74 % des femmes déclarent avoir eu un rapport intime dans l'année, c'est kif-kif entre hommes et femmes. Et il y aurait environ 75 % de gens en couple de longue durée. On fait dire aux chiffres exactement ce qu'on veut.
Pourquoi 75 % des divorces sont-ils demandés par les femmes ?
Les femmes ne fuient pas l'amour : dans une relation non mariée, la décision de partir est égale entre homme et femme. Ce qu'elles fuient, c'est le mariage, qu'elles voient comme un mauvais deal, un mauvais arrangement. Le problème, c'est l'institution.
Pourquoi parle-t-on autant de la détresse des hommes ?
Les femmes souffrent tout autant, et déclarent même plus souvent se sentir seules, mais leur douleur se dit et elles consultent. La douleur des hommes se cache et sort dans l'addiction, le travail, la colère. En 2023, trois suicides sur quatre étaient des hommes, et 15 % des hommes en France n'ont aucun ami proche, contre 3 % en 1990.
Comment retrouver une vie amoureuse heureuse aujourd'hui ?
Trois reconstructions : recréer du contexte en réunissant des personnes autour de toi de manière stable chaque semaine ; être lucide sur ta phase de vie ; et devenir non substituable, pas en étant plus beau ou plus riche, mais en ayant des valeurs, en disant ce qu'on pense et en faisant ce qu'on dit.
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J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.
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