Il y a quatre types d'hommes blessés que tu vas rencontrer dans ta vie, et tu vas voir que ça représente une grosse partie de la population. Lorsqu'un homme construit une vie relationnelle, amoureuse, il ne part pas de zéro. Il va partir d'un modèle, et ce modèle, il l'a reçu avant même de savoir parler. La théorie de l'attachement de John Bowlby, dans les années 50, a confirmé que les trois premières années de la vie d'un enfant viennent câbler son cerveau pour les relations futures, au sens neurologique. Et la personne qui vient poser ce câblage, à 95 % du temps, c'est la mère.
Si la mère a été présente, disponible, gentille, calme et cohérente, il va devenir par la suite un homme capable de relations stables. Si maintenant elle a été absente, intrusive, exigeante, imprévisible, cet homme sera câblé pour des relations dysfonctionnelles. Et ce que personne ne te dit là-dedans, c'est que tu n'es pas en train de sortir avec un homme tout neuf. Tu es en train de sortir avec un homme qui a une blessure maternelle, et les hommes blessés ont des comportements qui sont typiques.
L'évitant : celui qui te fait courir après lui
Le tout premier, c'est celui qui a le type d'attachement évitant. Il te fait toujours courir après lui. Vous êtes ensemble depuis trois mois, tu lui envoies des messages le matin, et lui ne répond que le soir. Pour autant, sur son téléphone, il y est du matin au soir. Tu lui demandes ce qu'il ressent, il te dit : ça va. Mais c'est tout, ça va. Tu veux programmer des vacances avec lui, il va te dire : on verra. Il te dit je t'aime et il t'embrasse sur le front. Et le pire là-dedans, c'est que plus tu t'approches, plus il va s'éloigner. C'est ce que les psychologues appellent l'attachement évitant, et environ une personne sur quatre est comme ça.
Qu'est-ce qui s'est passé chez lui ? Sa mère était absente, peut-être indisponible, soit physiquement, soit émotionnellement. Ou encore, il a été élevé dans une famille où on ne montre pas beaucoup ses émotions. Elle ne savait pas répondre à ses émotions à lui, et du coup, lui, par la suite, ne saura pas non plus répondre aux émotions des autres. Comment est-ce qu'on le repère, cet homme-là ? Il va valoriser son indépendance avant tout. Il va éviter les conversations trop profondes, avec trop d'émotions : ça restera toujours en surface. Les ruptures sont floues dans son passé, tu ne sais pas exactement pourquoi ni comment ça s'est passé. Parfois, il prend aussi du recul quand il sent que vous devenez trop proches. Toi, ce que tu vas vivre avec lui, c'est du doute en permanence, l'impression d'être toujours en train d'essayer de le rattraper. Tu te rends petite pour ne pas l'effrayer, tu commences à taire toi aussi tes besoins, à disparaître dans la relation, et au final, il ne reste pas grand-chose de toi. Tu finis par toi-même penser que tu es trop intense, que tu en demandes trop, que c'est toi le problème.
Celui qui te fait taire
Le deuxième type d'homme blessé, c'est celui qui va te faire te taire. C'est bien plus sournois, parce qu'il te fait taire sans jamais te dire de te taire. Tu vas lui exprimer une émotion, il va soupirer. Tu lui dis que tu es blessée, il devient froid. Tu montres une joie débordante, de l'enthousiasme, et il te regarde comme si tu étais ridicule. Au final, tu apprends à te contraindre, à filtrer, à ne plus pleurer devant lui, à ne plus rire trop fort, à ne plus partager. Tu deviens une version un peu terne, un peu noir et blanc de toi-même.
Cet homme a souvent été élevé par une mère envahissante. Les chercheurs appellent ça l'enchevêtrement émotionnel. Le psychologue Murray Bowen a formalisé ce concept dans la théorie des systèmes familiaux, et le docteur Kenneth Adams a écrit un livre de référence qu'il appelle l'inceste émotionnel, qui n'a rien à voir avec le vrai inceste et qui décrit exactement ce phénomène. Par exemple, la mère n'a pas d'adulte à qui raconter ses besoins, ses histoires. Si le père est absent, démissionnaire, ou que le couple est mort, alors la mère va se tourner vers son enfant. Elle va lui raconter ses problèmes, se confier sur ses problèmes de mariage. Elle peut aussi pleurer devant l'enfant et attendre que l'enfant la console. L'enfant, là-dedans, n'a pas le choix. Il finit par devenir une espèce de mari de substitution, un confident, le pilier émotionnel. Mais à un moment donné, trop c'est trop : il est trop jeune, c'est trop tôt, il est trop seul. Alors il se blinde, il ferme la porte, il se dit que les émotions des femmes, c'est dangereux. Et 30 ans plus tard, qui est-ce qui paye l'addition ? La personne qui est juste en face de lui aujourd'hui.
Comment est-ce qu'on va observer ça ? Il peut y avoir une relation ambiguë avec la mère : soit la fusion totale, il a 40 ans et ils s'appellent encore tous les jours, confidents l'un de l'autre, soit la rupture totale, il a mis ça très très loin. Soit beaucoup trop proche de sa mère, soit beaucoup trop loin. Il déteste les drames, tu peux entendre souvent des phrases comme calme-toi, et surtout, il peut être tendre, mais il n'y a jamais d'intimité émotionnelle profonde. Ce que tu vis avec lui, c'est que tu finis par te censurer progressivement de tes émotions. Au début, c'est subtil : tu vas commencer par éviter certains sujets, puis ensuite certaines émotions. Il ne crie pas, il ne t'insulte pas, il est juste en train de te refroidir. Sauf qu'au final, tu finis par t'effacer, comme dans le profil numéro 1.
Le nice guy : celui qui te met sur un piédestal
L'autre homme blessé, c'est celui qui va te mettre sur un piédestal. On appelle ça le concept du nice guy, du mec trop gentil. Il est attentionné, prévenant, doux, à ton écoute, il anticipe tous tes besoins, il t'offre des fleurs alors que tu n'as même pas demandé, et toi, tu te dis : ça y est, enfin, je l'ai rencontré, un homme qui est génial. C'est vrai au début, mais six mois passent, un an, et tu as l'impression que quelque chose ne va pas. Il ne sait jamais vraiment ce qu'il veut. Quand tu lui demandes où aller dîner, c'est toujours comme tu le souhaites. Quand tu lui demandes ce qu'il pense, il pensera toujours comme toi. Quand tu lui demandes de prendre une décision, il commence à transpirer, il n'y arrive pas. Et puis un jour, sans crier gare, il va exploser. Il va te reprocher des choses que tu n'as jamais entendues avant. Tu tombes des nues, parce que tu étais avec un homme qui était parfait, mais qui en réalité accumulait en lui, comme une espèce de cocotte-minute, tout un tas de ressentiments. Si ça t'intéresse, il y a un livre qui est la référence dans ce domaine, le syndrome du nice guy de Robert Glover.
Qu'est-ce qui s'est passé chez lui ? Il a eu une mère exigeante, ou de l'amour conditionnel. En gros : si jamais tu as des bonnes notes, alors maman va t'aimer. Si jamais tu es sage, maman t'aime. Si jamais tu lui fais plaisir, on t'aime. Mais sinon, par défaut, tu n'es pas suffisant pour être aimé. Voici le mécanisme et le contrat secret qu'il a au fond de lui : il a appris une équation très simple, ma valeur dépend de ce que je donne, et il l'a juste transposée de son enfance à la relation actuelle. En gros, il ne t'aime pas pour qui tu es. Il t'aime pour ce que tu vas lui apporter en termes de validation. Sauf qu'en réalité, lui-même ne s'exprime jamais, il se contente de te faire plaisir. Et comme il ne s'exprime pas sur ce qu'il souhaite vraiment, il va finir par exploser. Comment est-ce que tu vas le repérer ? Il a du mal à dire non, du mal à s'exprimer lorsqu'il y a un désaccord. Il va éviter les conflits comme la peste. Il est souvent perçu comme quelqu'un de très gentil par tout son entourage. Et souvent, sa mère est une femme qui est forte, parfois adoratrice, parfois critique, mais rarement une femme neutre. Au début, tu es flattée, puis ensuite, tu es mal à l'aise, tu portes la relation toute seule, et finalement, tu deviens sa mère, c'est-à-dire sa figure de validation. Beaucoup de femmes qui sortent de ce type de relation se disent la même chose : je suis devenue sa mère, sans même comprendre pourquoi c'est arrivé.
L'homme du yoyo : celui qui t'épuise
Le quatrième et dernier type d'homme blessé, c'est celui qui va t'épuiser. C'est le plus intense, et c'est aussi le plus addictif. C'est l'homme du yoyo. Il y aura du chaud et du froid. Un jour super amoureux de toi, tu es la femme de sa vie, et le lendemain, les projets sur dix ans, c'est terminé, il ne répond même plus au téléphone, il a besoin de réfléchir. Et puis trois jours après, il revient avec des excuses. Toi, tu ne sais jamais sur quel pied danser. Et c'est exactement, en psychologie, ce qui rend accro. C'est ce qu'on appelle un profil d'attachement désorganisé. Ce serait moins de 5 % de la population. Ces hommes-là ont souvent vécu le pire scénario d'enfance : la mère était à la fois une figure d'attachement importante, une source de réconfort, mais aussi une source de peur. Elle n'a pas de cohérence, on ne peut pas la prévoir. L'enfant a développé deux instincts très contradictoires en lui : j'ai besoin d'elle, puis je dois fuir parce que j'ai peur. Et c'est pour ça que tu vas vivre la même chose avec lui lorsqu'il est adulte. Je te donnerai tout, tu es l'amour de ma vie, puis absolument plus rien. Il n'est pas en train de jouer avec tes émotions, il est en train de répéter un scénario d'enfance.
Donc tu auras un immense love bombing au début. Ce sera intense, voire même trop : trop rapide, trop fort. Puis tout d'un coup, hop, un pas en arrière. Si tu regardes un peu son histoire amoureuse précédente, tu verras que c'est chaotique, plein de ruptures, plein de réconciliations. Ça peut être aussi des comportements d'évasion pour éviter la souffrance que ça lui génère, comme l'alcool, la drogue, l'infidélité, des voyages compulsifs, ou encore être trop à fond dans son travail. Toi, ce que tu vis, ça va être infernal par la suite. Tu vas vivre une addiction, c'est le mot juste, comme une drogue dure. Tu auras des pics de dopamine quand il revient, et quand il part, ce seront les pics de cortisol. Tu vis des hauts et des bas, et ton cerveau est complètement accro à ça. Tu ne te reconnais plus, tu es épuisée, tu n'arrives même pas à le quitter. Tu es complètement fracassée par cette relation.
Le fil conducteur entre ces quatre profils
Maintenant, si on regarde ces quatre profils, on pourrait se demander quel est le fil conducteur là-dedans. Dans les quatre cas, ils n'ont pas réglé leur relation à la mère, ni enfant, parce qu'ils ne pouvaient pas, bien évidemment, ni même adulte, alors qu'ils auraient dû se séparer de ces anciens comportements. Ils vont rejouer à chaque fois un scénario qui a été démarré dans l'enfance, et juste reproduire le même modèle que ce qu'ils ont eu quand ils étaient jeunes. L'évitant va chercher la distance, parce que c'est ce qu'il a connu étant jeune. L'autre va chercher le silence, parce que c'est sa zone de sécurité. Le nice guy va chercher à mériter, parce que l'amour était conditionnel. Celui qui fait le yoyo, dans le comportement désorganisé, va chercher le bazar, parce que c'est ce qui lui est familier.
Et pour celles qui veulent aller plus loin : on ne tombe pas amoureux d'un homme, on va tomber amoureux d'un sentiment familier. Comprends bien que si jamais tu croises différents types de profils mais que ça se répète, on voit bien qu'il y a un fil conducteur. Je suis peut-être attirée par des hommes qui ont ce genre de blessure parce que je peux être l'infirmière qui soigne, parce que ce type de profil m'est familier avec mon enfance, parce que finalement, je suis accro à tous ces chocs émotionnels vers le haut et vers le bas. Dis-toi bien, pour conclure, que la sortie, ce n'est pas la fuite de tous les hommes. C'est de comprendre quel est le type d'homme que j'attire, qui m'attire également, pourquoi est-ce que je reste dedans, et comment est-ce que je vais faire la prochaine fois pour être plus avisée et voir ça arriver avant tout le monde.
Tu retrouves toujours le même type d'homme blessé dans ta vie et tu veux casser ce schéma ? On peut le travailler ensemble en coaching.
Questions fréquentes
Pourquoi est-ce que j'attire toujours le même type d'homme ?
On ne tombe pas amoureux d'un homme, on tombe amoureux d'un sentiment familier. Ce type de profil est peut-être familier avec ton enfance, ou tu peux être l'infirmière qui soigne, ou tu es accro à ces chocs émotionnels vers le haut et vers le bas.
D'où viennent ces blessures chez les hommes ?
Les trois premières années de la vie d'un enfant viennent câbler son cerveau pour les relations futures, au sens neurologique. Et la personne qui vient poser ce câblage, à 95 % du temps, c'est la mère.
Comment reconnaître un homme évitant ?
Il valorise son indépendance avant tout, il évite les conversations trop profondes, les ruptures sont floues dans son passé, et il prend du recul quand il sent que vous devenez trop proches. Plus tu t'approches, plus il s'éloigne.
Pourquoi l'homme du yoyo rend-il accro ?
Tu ne sais jamais sur quel pied danser. Tu as des pics de dopamine quand il revient, des pics de cortisol quand il part. Tu vis des hauts et des bas, et ton cerveau est complètement accro à ça.
Tu te retrouves dans ces dynamiques ?
J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.
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