Mon objectif, qui est assez ambitieux, c'est qu'à la fin de cette lecture, tu retrouves du sens. Tout commence par une histoire qui m'est arrivée il y a quelques jours. Une personne m'a dit : « Si vous étiez devant moi, inanimé, sans vie, ça ne me ferait absolument rien, et j'irais manger une pizza. » Et cette personne le pensait réellement. J'y reviens dans un instant. Au passage, j'ai raconté cette histoire à un ami qui m'a dit : « D'abord Antoine, avant de dire des choses pareilles, demande-moi comment je vais. » Donc je te pose la question : comment vas-tu aujourd'hui ? Comment ça se passe dans ta vie ?
Un monde où tout s'effondre
On vit dans une époque où tout s'effondre. Peut-être même que tu le ressens au quotidien. La famille, qui était à peu près le centre de nos vies pendant des millénaires, s'effrite. Aujourd'hui, la norme, c'est peut-être la famille recomposée, ou peut-être même, encore pire, d'être tout seul. Tu perds tes certitudes, tu perds le sens. Peut-être qu'au moment de te coucher, tu ressens une forme de vide. Tu ne sais plus exactement pourquoi tu es là, ce que tu dois faire. Dans les années 70, c'était simple : se marier, avoir des enfants, être heureux, aller à la retraite. 75 ou 80 % des hommes étaient mariés avant 30 ans, et pour les femmes, c'était 28 ans. On était dans une forme de schéma de sens dans lequel on allait tous. Aujourd'hui, tu as l'impression que tous ces moutons sont dispersés, qu'on ne sait plus exactement où ça va. Il faut que la vie ait du sens, sinon se lever devient inutile. Pourquoi c'est important ? Parce que si tu ne te donnes pas un sens à ta vie, alors d'autres personnes le feront pour toi, et ce n'est peut-être pas exactement ce que tu souhaites.
Le bien et le mal sont relatifs
Je te parlais de cet homme qui nous a dit cette phrase très bizarre. C'était Sam Vaknin, en interview, qui est diagnostiqué comme étant pervers narcissique et qui a écrit d'innombrables livres sur le sujet pour prévenir contre les pervers narcissiques. Au moment où je le rencontre, j'ai cette impression bizarre : à la fois très charismatique, et en même temps ce truc dérangeant. Et il m'a dit une phrase qui a été le début d'une réflexion pour moi : « Le bien et le mal, c'est très relatif. » C'est-à-dire qu'en gros, ce qui est bon pour toi n'est pas forcément bon pour moi. Par rapport à la planète, si un virus en mange un autre, pour la planète, c'est pareil. Si un lion mange une gazelle, on ne sera pas choqué.
Certains pourraient dire que c'est l'argument du diable. Mais cet argument du bien et du mal est intimement lié à notre problème de sens aujourd'hui. Tu pourrais me répondre que les valeurs, c'est le respect des uns et des autres. Mais le respect de l'autre est relatif : si tu mélanges plusieurs communautés au même endroit, tu vas voir que les notions de respect n'ont rien à voir selon la culture. Mais c'est beaucoup plus fin que ça, beaucoup plus insidieux. Par exemple, deux parents qui veulent le bien d'un enfant peuvent se détruire devant la justice. Ils ont chacun une notion du bien pour un même enfant, en ayant même vécu en commun. Est-ce qu'Amazon, qui a détruit beaucoup de commerces dans notre pays, c'est peut-être une bonne chose, parce qu'on est livré en 24 heures ? C'est précisément dans ce genre de nuance qu'on s'est perdu et que le sens a disparu. S'il n'y a qu'une seule chose que tu gardes aujourd'hui, c'est : ce qui est bien pour toi ne l'est pas forcément pour ton voisin. Tu as été codé avec des valeurs. C'est dans ta génétique, dans ta programmation, dans ton éducation, dans tes expériences de vie. Tes notions de bien et de mal sont propres à toi-même, et il y a de fortes chances que même ton compagnon, même tes parents aient des valeurs légèrement différentes. Si tu as retenu ça, tu as déjà fait un pas gigantesque en avant.
On a perdu nos certitudes, donc le sens
On pense tous que le monde d'avant, c'était mieux. En réalité, le meilleur moment pour exister, c'est aujourd'hui. Tu n'aurais absolument pas voulu naître il y a 500 ans, ni il y a 100 ans en pleine guerre mondiale. Tu n'aurais pas non plus voulu aller chez le dentiste il y a 60 ans. Et pourtant, si on regarde les statistiques sur la santé mentale, comme celles que l'OMS sort chaque année, on voit que le taux de dépression atteint des sommets. Donc on est dans un monde de plus en plus confortable, et pour autant on est de plus en plus déprimés, parce qu'il y a une chose qu'on a perdue durant ces dernières années : nos certitudes. Les certitudes, ce sont les murs, ce sont les fondations. Le sens, c'est l'endroit où on va. Une fois qu'on a ces fondations, le sens, on le trouve quasiment directement.
Le mariage a perdu de sa valeur. Avant, tu étais marié pour la vie. Aujourd'hui, un divorce arrive en moyenne au bout de 5 ans et demi de mariage, ce sont les statistiques françaises. Avant, il fallait faire des enfants. Regarde les statistiques : nos jeunes ne veulent plus d'enfants. Dans le temps, tu avais un travail à vie. C'est fini : on aura en moyenne sept métiers, et plus on regarde chez les jeunes, plus on aura de jobs dans sa vie. Notre société nous donnait des certitudes, et en nous donnant des certitudes, elle nous donnait le sens. La religion a dicté nos certitudes pendant des millénaires. Qu'on soit religieux ou pas, on est issus de ces mêmes valeurs, des valeurs qui ont été instruites sur le bien et le mal. Nos lois aujourd'hui, qu'on le veuille ou non, sont indirectement issues de ces valeurs religieuses. Aujourd'hui, non seulement les religions s'effondrent, mais notre société n'a plus de certitudes. On fait ce qu'on veut. À l'époque, si une fille de 25 ans n'était pas encore mariée, on était inquiet pour elle. Aujourd'hui, tu te maries à 25 ans, tes copains te disent : est-ce que tu as bien réfléchi ? Ce ne sera ni la religion qui donnera du sens, ni la société. On a aussi autorisé des discours de haine sur les hommes et les femmes. Ouvre ton TikTok ou ton Instagram, ça ne parle que de ça. Mais il est où, le bien et le mal, là-dedans ? Cette liberté, ce manque de certitudes, a créé un chaos temporaire. On ne sait plus où on en est.
Retrouve une maison : pense local, pas mondial
Si aujourd'hui tu n'as plus de sens, c'est que tu n'as plus de maison. D'autant plus si tu es haut potentiel, hypersensible, ou si tu as beaucoup d'empathie. Une maison, c'est quelque chose au sens large. Ta maison, ça peut être ton groupe d'amis. C'est l'endroit où tu mets des barrières, l'endroit où tu te protèges. Si tu passes ton temps à t'énerver après la société, c'est que tu combats la mauvaise chose. Tu dois construire de manière locale. Tu as peut-être baissé tes standards sur un site de rencontre ou dans une relation, en croyant des influenceurs, en pensant que tout était foutu, qu'on ne pouvait plus jamais trouver quelqu'un de bien sur terre, qu'il fallait l'accepter. Pour s'en sortir, ne regarde pas au niveau mondial, regarde juste au niveau local. Fréquente des gens qui te ressemblent. J'ai une cliente qui m'a dit : « Je ne comprends pas, je passe mon temps à donner, à aider, et ça ne revient pas derrière. J'ai l'impression d'être toute seule. » Oui, mais tu donnes à des gens qui ont d'autres systèmes de valeurs que toi. Pour une personne perverse narcissique, te dépouiller entièrement, c'est sa normalité. Donc tu dois rester généreux, garder ton empathie, ton hypersensibilité, c'est une très bonne chose. Mais au moment où tu fréquentes d'autres groupes de personnes, demande-toi : est-ce que là, je dois déclencher cette empathie, cette générosité, ou est-ce qu'il faut que je me méfie ?
Il y a deux idées que je ne souhaite pas voir sortir de tout ça. La première, c'est que je ne veux surtout pas que tu finisses par t'isoler dans un bunker, à fermer tes volets et te blottir tout seul parce que le monde est devenu fou. Je ne veux pas non plus qu'on stigmatise les autres. Je veux qu'on se fréquente tous, dans le maximum de bienveillance possible. Mais ce qui est important, parce que c'est un discours en nuance, c'est de prendre conscience qu'on est différents des autres, et que tu devrais fréquenter des gens qui te ressemblent. Si tu es haut potentiel, fréquente un peu plus de gens qui sont haut potentiel. Si tu es hypersensible, fréquente un peu plus de gens hypersensibles. Si tu es empathe, avant de tout donner, de te faire absorber toute ton énergie, demande-toi si les gens en face de toi ont la même gentillesse ou pas. Aujourd'hui, si tu es dans une perte de sens totale, recrée ces frontières : les frontières d'une maison où tu accueilles dans ton cœur des gens qui ont les mêmes valeurs. Rejoins un courant de pensée qui t'est propre, ce qui nécessite un travail : quel est mon courant de pensée ? Qu'est-ce que je pense ? Quelles sont mes certitudes aujourd'hui ? Tu es en train de créer un clan autour de toi, un groupe de gens qui ont les mêmes pensées que toi, et on évolue aussi ensemble. Et là, tu retrouves ton sens.
On ne peut pas se voir seul : le principe du miroir
Il est compliqué de savoir ce qu'on a en interne, de se regarder soi-même dedans. On n'a pas un miroir de l'âme, un miroir de la psychologie. C'est pour ça que voir un psy, un coach ou un thérapeute, c'est avoir une espèce de miroir différent, une vision de notre vie différente, et arriver à sonder ce qu'on a en interne. On a tous une part d'ombre, un angle mort, comme un rétroviseur. Que tu le veuilles ou pas, tu ne pourras pas comprendre précisément ta propre personnalité, ce n'est pas possible. Pour les voir, la seule manière, c'est de passer soit par un coach, soit par un groupe d'amis capable de te renvoyer des idées, des réflexions, du sens. Tu as besoin d'avoir une forme de miroir dans ton entourage : des gens qui ont soit les mêmes problèmes que toi, soit les mêmes envies, soit les mêmes idées. Trouve des gens qui ont la même intelligence et la même envie que toi d'aller de l'avant, et ta vie va changer, et ton sens va se reprendre.
Au bout d'un moment, si on s'est connus à 20 ans et qu'on était pareils, et que l'un des deux a évolué et l'autre pas, c'est difficile aussi. Ce modèle-là, tu peux l'avoir dans ton couple, tu peux aussi l'avoir dans un groupe d'amis. Tu es ami avec des gens depuis 30 ou 40 ans, toi tu as progressé, eux pas, ils te racontent toujours leurs mêmes problèmes. Du coup, tu perds du sens, parce que tu ne fréquentes plus des gens qui te ressemblent. Et encore une fois, tout est une question de dosage. Je ne te dis ni de quitter ton Jean-Michel, ni de quitter tes potes d'enfance. Je dis juste : dose, et fréquente probablement des gens qui te ressemblent un peu plus, parce que c'est comme ça qu'on s'inspire.
Certaines femmes me disent « c'est compliqué de trouver un homme bien », ou des hommes me disent « c'est compliqué de trouver une femme bien ». Il y en a plein. Je les ai en coaching toute la journée, il y a plein de gens qui sont super bien. Juste, va dans les bons cercles de gens, dans les bons cercles d'amis, fais-toi présenter par tes potes, et tu vas découvrir que ces gens-là existent. Je ne cherche plus à changer mon pays. Je cherche à changer juste moi, mon entourage, mon quotidien, l'endroit où j'ai de l'influence. J'accepte que les gens soient différents. On ne généralise plus, on fait du cas par cas. Dans un monde en perdition, trouve les bons, ceux qui te ressemblent, et avance.
Tu te sens perdu dans cette perte de sens et tu veux un miroir pour y voir clair ? Je t'accompagne en coaching.
Questions fréquentes
Pourquoi a-t-on perdu le sens aujourd'hui ?
Parce qu'on a perdu nos certitudes. Les certitudes, ce sont les murs, les fondations, et le sens, c'est l'endroit où on va. La religion a dicté nos certitudes pendant des millénaires, la société donnait un schéma : se marier, avoir des enfants, un travail à vie. Aujourd'hui, ni la religion ni la société ne donnent du sens, et cette liberté a créé un chaos temporaire.
Est-ce que c'était mieux avant ?
Non. Le meilleur moment pour exister, c'est aujourd'hui. Tu n'aurais pas voulu naître il y a 500 ans, ni il y a 100 ans en pleine guerre mondiale. Mais on est dans un monde de plus en plus confortable où le taux de dépression atteint des sommets, parce qu'on a perdu nos certitudes.
Faut-il s'isoler des gens différents ?
Surtout pas. Il ne s'agit ni de s'isoler dans un bunker, ni de stigmatiser les autres. C'est une question de dosage : on se fréquente tous dans le maximum de bienveillance possible, mais tu devrais fréquenter un peu plus des gens qui te ressemblent, parce que c'est comme ça qu'on s'inspire et qu'on évolue ensemble.
Comment retrouver du sens concrètement ?
Reviens à un niveau local : trois amis qui pensent comme toi, un club de sport avec des gens qui ont tes valeurs. Demande-toi quel est ton courant de pensée, quelles sont tes certitudes. Et trouve une forme de miroir dans ton entourage, des gens qui ont les mêmes envies ou les mêmes idées que toi, parce qu'il est compliqué de trouver son sens seul.
Tu te retrouves dans ces dynamiques ?
J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.
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