J'ai été dîner avec des amis ce week-end et l'un sort son téléphone, montre mes vidéos aux autres, et tout d'un coup l'une d'entre eux dit : « Antoine, tu devrais faire des vidéos sur la gentillesse. » La gentillesse, c'est pile ce qui fait que toi et moi, on est tombés dans ces situations. C'est pile ce qui fait qu'on s'est fait avoir. Je dirais même plus loin que ça : je dirais que la gentillesse, c'est devenu un truc pour les losers. Tu peux même, en français, dire « cette personne est gentille », ça veut dire exactement l'inverse. Ça ne veut pas dire du tout que tu es gentil, ça veut dire que tu es une pauvre personne.
Tu es peut-être comme moi dans ce clan des gentils qui aujourd'hui ont du mal à se trouver une place. Tu as peut-être même vu sur Instagram des phrases comme « on a confondu ta gentillesse avec de la faiblesse ». Cette gentillesse, elle est belle, elle te représente. Tu n'as peut-être même pas envie de l'abandonner, mais tu dois remarquer qu'avec le temps, cette stratégie n'a pas donné exactement le fruit de ce que tu attendais. Peut-être même qu'en soirée, parfois, tu vois d'autres personnes qui se vantent d'être différentes : moi je ne me cache pas, moi je dis toutes les choses que je pense. Et tu sens bien que ces personnes sont mal polies, qu'elles sont maladroites, mal élevées, et qu'elles font de leur incapacité à comprendre les émotions et la société une forme de fierté. Tu n'as pas non plus envie de leur ressembler. D'un côté cette envie de rester gentil, de l'autre la vision que ça ne marche pas et l'idée de ne plus l'être, mais ça ne te ressemblerait pas vraiment.
La fausse gentillesse, c'est quelqu'un qui a peur
Je vais commencer par définir la fausse gentillesse. La fausse gentillesse, c'est quelqu'un qui dit oui à tout, qui est très gentil mais qui en réalité a peur. Il veut son sucre. Il veut tout donner à l'autre pour obtenir quelque chose en échange. Je ne juge personne, je suis dedans. Parce que je vais t'aimer dix fois plus que tout le monde, j'attends quelque chose : j'attends que tu ne me quittes pas. Ce n'est donc pas un geste désintéressé. Ce n'est pas « tiens, je t'offre tout, je te paye tout, je t'invite au restaurant, je te sors, je vais tout supporter ». C'est « ne me quitte pas, ne me quitte pas, ne me quitte pas ».
Le trop gentil, c'est aussi celui qui prend sur lui-même pendant toute la relation et qui va exploser un dimanche soir parce que le lave-vaisselle ne sera pas fermé. Je suis gentil parce que j'ai peur. Je prends sur moi. Je finis par exploser. J'ai honte. J'ai peur qu'on me quitte. Je recommence et je suis encore plus gentil derrière.
Les faux gentils, tu les connais
J'aimerais que tu réfléchisses à ta vie et que tu me dises si tu peux en mettre certains. C'est celui qui va dire oui à tout en réunion, qui va être très gentil à son travail, mais qui à la pause café va dire du mal de tout le monde. Le trop gentil, c'est celui qui t'aide toujours sans rien te demander : il vient t'aider, tu n'en voulais pas, il est quand même venu, et ensuite tu as du mal à t'en débarrasser parce que maintenant qu'il t'a aidé, il a un droit de regard sur ta vie. Le trop gentil, c'est celui qui pardonne tout parce qu'il a peur du conflit.
La femme trop gentille, c'est aussi parfois celle qui a pris sur elle pendant quinze ans. Elle s'est adaptée à tout, elle a tout supporté, pour tout le monde. Et dès qu'elle dit non, une seule fois, elle est traitée d'égoïste. Ce n'est pas de la gentillesse, c'est de la peur. Cette peur, c'est « ne me quitte pas ». Donc cette fausse gentillesse peut cacher de la lâcheté, de la peur du conflit, de la peur de l'abandon.
Elle peut prendre d'autres formes. Ça peut être de la culpabilité : ta mère qui te dit « j'ai tout donné pour vous, vous me devez ça aujourd'hui », et ça, c'est de la culpabilité à vie. Ça peut être ce professeur remplaçant, extrêmement gentil, tellement drôle au début, et au bout de trois semaines sa classe explose, alors qu'en réalité le professeur qui est gentil mais avec des limites, lui, tient sa classe. Cette fausse gentillesse, c'est partir en vacances et ne pas oser réclamer l'argent que les autres te doivent.
On donne tout pour être aimé, mais il y a une facture
Cette facture, je l'ai payée très cher dans ma vie. La facture de devoir prendre sur soi, la facture de l'amertume vis-à-vis des gens, la facture de la peur. Il y a un livre que vous avez peut-être lu qui s'appelle « Trop gentil pour être heureux », qui explique que le contrat de base des personnes qui sont faussement gentilles, c'est : si je fais ça pour toi, alors tu devrais un jour faire ceci pour moi. On y explique qu'il y a ce qui s'appelle les contrats cachés. En gros, ce contrat, c'est : je suis gentil en apparence, je te donne beaucoup, mais en échange j'attends de toi implicitement que tu me rendes plein d'autres choses sans avoir à le demander.
Et pour tous ceux qui ont été faux ou vrais gentils pendant toutes ces années comme moi, il y a quelque chose de plus dur à avouer : que tu sois faux gentil ou quelqu'un de réellement méchant, les deux sont positionnés en victime à chaque fois. Beaucoup d'entre nous ont aussi été élevés dans la religion, notamment catholique, qui est l'exemple même du sacrifice. Si jamais tu me mets une baffe sur la joue droite, je vais tendre ma joue gauche. Donc comprends bien que tu n'es pas arrivé là-dedans par hasard. Tu es arrivé là-dedans parce qu'une société entière t'a dit : sois gentil, tolère, supporte.
Je suis responsable à 100 % de tout ce qui m'arrive
Je vais te parler d'une notion qui a changé ma vie. Ça s'appelle la notion de responsabilité. On peut toujours se cacher derrière plein de choses : je suis en retard car X, Y, Z, je n'ai pas d'argent parce que, on s'est séparés car, et on montre toujours du doigt, toujours les autres. Ce que des années de thérapie m'ont appris, c'est que je suis responsable de tout ce qui m'arrive à 100 %. En France, le réflexe national, c'est de montrer du doigt : le gouvernement, la société, la crise, le réchauffement climatique, mon ex.
Il y a une équation à changer aujourd'hui, dans un ordre, et ce n'est pas négociable. La toute première brique, celle d'en haut, c'est : je suis responsable à 100 % de tout ce qui m'arrive. Ça s'appelle le principe de responsabilité. Tout ce qui m'arrive sur terre, j'en suis le responsable. C'est dur à entendre. Étage d'en dessous : une fois que je suis responsable, je me remets en question. Qu'est-ce que j'ai fait de mal ? Qu'est-ce que j'ai fait de bien ? Quelle est ma part ? Au passage, ma part de responsabilité, c'est parfois aussi minime que : pourquoi est-ce que j'ai choisi cette personne ? Pourquoi est-ce que j'y suis resté après ? Je m'en plains auprès de mes amis le soir, mais pour autant j'y reste quand même. Je suis responsable d'y être entré, d'y être resté.
Et en troisième brique, seulement dans certains cas, j'accepte que je ne suis peut-être pas responsable. Ça vient tout à la fin. C'était une personne perverse narcissique, je me suis fait renverser en voiture, je n'y pouvais rien. Mais la plupart des gens ne font pas ça : ça commence par « je n'y suis pour rien, c'est la faute de lui, d'eux, d'elle », et éventuellement à la fin, oui, peut-être que j'aurais pu changer trois choses. Non. On inverse la pyramide. Cette équation, je ne l'ai pas trouvée dans un livre : ça m'a coûté des années de thérapie, parce que le premier réflexe quand on se remet en question, c'est de fuir.
Un sniper, c'est calme, précis, et ça ne renégocie pas
Maintenant qu'on est tous responsables ici : la vraie gentillesse est un choix, ce n'est pas quelque chose de subi. La vraie gentillesse présuppose de pouvoir dire non. Un sniper, c'est quelqu'un qui est calme, précis, qui n'a pas de haine, qui ne renégocie pas. Il tire précisément une seule fois et c'est tout. Une limite égale une phrase. C'est la phrase que tu vas prononcer aux personnes dans ta vie dans les prochains jours, et cette phrase, une fois qu'elle est dite, elle est réglée. Cette phrase-là, c'est ta limite. Le sniper est la conséquence logique de la responsabilité : si je suis responsable de ma vie, alors je suis aussi responsable de mes limites. Je ne peux plus me cacher derrière « regarde ce qu'il m'a fait ».
J'ai des souvenirs de moi dans un resort avec un cocktail, à 21 ans, en train de dire à un parfait inconnu : « je crois que je me ferai toujours bouffer parce que je suis gentil, je n'y arriverai jamais. » La vraie réponse à cet Antoine de 21 ans, c'est : mec, mets tes limites. Tu te dis gentil, tu dis oui parce que tu as peur. Peur du conflit, peur d'être abandonné, et ça ressort de partout. Tu n'oses pas, tu ne dis pas, tu as du ressentiment. Ose le faire, Antoine, mets tes limites. Dis stop. Dis non, je ne veux pas ça. Point. Et à la question « à quoi est-ce qu'on doit dire non, quand est-ce qu'on doit dire non ? » : quand tu veux. C'est-à-dire que le simple fait de vouloir dire non est suffisant pour le dire. Pose une limite au hasard. Tu peux juste dire « stop, je n'ai pas envie de ça », « non, je ne supporte plus ça », « non, je ne veux plus jamais ça ». Dis ce qui te vient et c'est ta limite.
Si tu traînes avec quatre victimes, tu seras la cinquième
Alors oui, tu vas perdre du monde, bien sûr. Ta famille qui pendant vingt ans t'a tout pris et t'a épuisé mentalement ne supportera pas que tu mettes un seul non, sinon tu deviens la personne la plus égoïste au monde. Est-ce qu'il n'est pas temps de perdre quelques amis aujourd'hui, et quelques membres de ta famille éventuellement ?
Parlons-en, de l'entourage. On a tous ça dans notre entourage : des gentils losers, des victimes, des gens qui se plaignent. Attention, des fois c'est normal, mais là je parle de gens dont c'est l'identité. C'est quoi ton prénom ? Ah, ton prénom c'est victime. Enchanté, victime. Quand tu traînes avec ces gens-là, tu seras assimilé à ces gens-là. Toi tu te dis « je suis plus cool, je suis différent », sauf qu'on va t'assimiler à eux. Tu traînes avec quatre victimes, tu seras la cinquième victime, même si tu es différent. Et même si tu ne veux pas l'être, leur victimisation va te monter au cerveau.
Pourquoi est-ce que je te parle autant des fausses victimes ? Parce que les fausses victimes, ça va aussi avec les faux gentils : ce sont deux groupes indissociables, des potes pour la vie. Ce que tu veux, c'est des gens responsables, des gens qui se battent pour toi quand tu n'es pas là. Il y a une phrase que j'aime bien qui dit que les mauvaises choses dans la vie arrivent à tout le monde, qu'on soit gentil ou méchant, et que la seule différence, c'est la manière dont on va y répondre.
Aujourd'hui, tu n'es plus n'importe quel gentil. Tu es un gentil armé. Tu es un gentil qui sait poser ses limites, qui sait dire : ça, ce genre de truc là, pas dans ma vie, je n'ai pas envie, pourquoi ? Parce que. Point. Pas plus. Et tu vas découvrir un truc phénoménal : 80 % de ton temps, de ta belle énergie, de ta gentillesse a été bousillé, a été bouffé, a été drainé par les mauvaises personnes. Quand tu sais mettre tes limites, quand tu commences à savoir sniper, tu peux être encore plus gentil, encore plus souvent, avec les bonnes personnes, y compris avec toi-même.
Tu te reconnais dans ce gentil qui prend sur lui pendant des mois et qui explose pour un lave-vaisselle ? On peut travailler ensemble en coaching pour que tes limites deviennent enfin des phrases que tu oses dire.
Questions fréquentes
Comment reconnaître la fausse gentillesse ?
La fausse gentillesse, c'est quelqu'un qui dit oui à tout, qui est très gentil mais qui en réalité a peur. Ce n'est pas un geste désintéressé : je vais t'aimer dix fois plus que tout le monde, et j'attends quelque chose en échange, j'attends que tu ne me quittes pas. Ce n'est pas de la gentillesse, c'est de la peur.
C'est quoi, un contrat caché ?
Le contrat de base des personnes faussement gentilles, c'est : si je fais ça pour toi, alors tu devrais un jour faire ceci pour moi. Je suis gentil en apparence, je te donne beaucoup, mais en échange j'attends de toi implicitement que tu me rendes plein d'autres choses sans avoir à le demander.
Quand faut-il dire non ?
Quand tu veux. Le simple fait de vouloir dire non est suffisant pour le dire. Une limite égale une phrase, et une fois qu'elle est dite, elle est réglée. Tu peux juste dire « stop, je n'ai pas envie de ça » ou « non, je ne supporte plus ça ». Dis ce qui te vient, et c'est ta limite.
Est-ce que je vais perdre des gens en posant mes limites ?
Oui, tu vas perdre du monde, bien sûr. Ceux qui pendant vingt ans t'ont tout pris et t'ont épuisé mentalement ne supportent pas que tu mettes un seul non, sinon tu deviens la personne la plus égoïste au monde. Mais 80 % de ton énergie et de ta gentillesse a été drainé par les mauvaises personnes : en sachant poser tes limites, tu peux être encore plus gentil avec les bonnes.
Tu te retrouves dans ces dynamiques ?
J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.
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