Depuis quelque temps, j'observe un truc, et plus j'observe, plus ça me fascine. On répète à tout le monde, tout le temps, la même phrase, comme une espèce de mantra. Cette phrase, c'est : « Travaille sur toi, l'amour viendra. » Travaille d'abord à devenir la meilleure version de toi-même, et ensuite le bon partenaire arrivera tout seul. Tu l'as entendue mille fois, cette phrase ? Eh bien aujourd'hui, je veux dire quelque chose qui va déranger pas mal de monde : c'est faux. Et c'est même pire que faux, c'est l'inverse. Plus tu travailles vraiment sur toi, moins tu es compatible avec les autres. J'ai bien dit moins. Et le pire là-dedans, c'est que ce n'est même pas un problème en réalité. Le vrai souci, c'est : qu'est-ce que tu en fais ?

Regarde juste autour de toi ce qui se passe en vrai. Tu as sûrement bossé sur toi pendant des années. Tu as suivi les thérapies, tu as lu des livres, tu as écouté des podcasts en faisant tes randonnées journalières, parce qu'on t'a dit qu'il fallait marcher et écouter du développement personnel. Tu as fait le travail, le vrai. Tu es devenu quelqu'un de solide, quelqu'un de clair dans sa vie. C'est devenu quelque chose de rare. Et maintenant que tu as fait tout ce travail, qu'est-ce que tu en fais ? Tu installes ta petite application Tinder et tu vas récupérer les déchets dont plus personne ne veut.

Pourquoi travailler sur soi rend moins compatible : c'est mathématique

D'abord, il faut comprendre un truc, et c'est mathématique. Ce n'est pas de la psychologie de comptoir que je te sors. Plus tu évolues, plus tu montes en niveau de conscience. Meilleur tu es en niveau de développement, moins tu es compatible avec les gens. C'est logique : plus tu te raffines dans ta façon de penser, plus tu es sain, mieux tu es dans tes baskets, moins il y a de personnes qui peuvent te suivre là-dedans. Et dans le modèle AQAL de Ken Wilber, l'idée centrale, c'est que deux personnes qui sont à des niveaux trop éloignés l'une de l'autre ne peuvent plus rester ensemble dans la durée. Ce n'est pas parce que l'une est méchante et l'autre est gentille. C'est juste qu'au bout d'un moment, lorsque tu es élevé, tu ne vis plus dans le même monde que l'autre.

C'est comme si tu avais appris à jouer aux échecs à très haut niveau, si tu étais devenu classé mondialement, et que tout d'un coup tu joues avec quelqu'un qui connaît à peine les règles. Oui, ça va te faire marrer 5 minutes, c'est tout. Ensuite, tu t'ennuies. Et ça, ce n'est pas de la méchanceté, c'est juste que la partie n'existe pas. Elle ne peut pas exister.

Premier piège : l'évitement vertueux

Face au fait que ton bassin de pêche de partenaires potentiels est en train de réduire, les gens vont tomber dans deux pièges, et la plupart sont soit à fond dans un piège, soit à fond dans l'autre. Le premier piège, c'est ce qu'on pourrait appeler l'évitement vertueux. Dans ce cas-là, tu vas utiliser tout le travail que tu as fait pendant des années sans jamais aller au combat. Imagine un boxeur qui s'entraîne depuis 10 ans mais qui n'est jamais monté sur le ring. Le boxeur va courir le matin, il va taper dans le sac, il va connaître la théorie mieux que n'importe qui. Il va même voir des podcasts sur comment être un bon boxeur. Mais à chaque fois qu'il faut monter, il se dit : « Je ne suis pas encore prêt. Il me manque juste un dernier truc à régler. Ensuite, c'est sûr, j'y vais. » Et ça, c'est l'évitement parfait. On peut même te féliciter de ne pas aller sur le terrain tant que tu n'es pas prêt. Sauf que les années passent, et finalement le ring reste vide.

Deuxième piège : l'usine à recyclage

Le deuxième piège, c'est pile l'inverse du premier. Là, tu vas pêcher, sauf que tu vas pêcher au mauvais endroit. Tu vas rencontrer un type et, dès la première soirée, tu vois bien que ce n'est pas le bon. Il n'est pas haut niveau, tu le vois : il ne lit pas de livres, il ne se remet pas en question, et si jamais la discussion est un peu trop profonde, le mec décroche. Une personne normale, à ce stade-là, passerait son tour. Toi, tu vas te dire l'inverse : « Non, il y a du potentiel, je peux m'adapter à ça. Avec un peu d'amour, avec un peu de patience, cette personne en face de moi peut fleurir. » Et hop, te voici parti à essayer pendant 2 ans de transformer un déchet de bouteille en bouteille neuve. Et au bout de 2 ans, il n'y a pas de surprise : le déchet est toujours un déchet. Toi, tu es vidé, tu es épuisé. Et attention, ce n'est pas du tout parce que tu as échoué. Non, c'est parce que ce n'était pas ton job. On ne recycle pas un être humain qui n'a aucune envie d'être recyclé. Ça n'existe pas.

Regarde la chose de manière lucide : tu n'es pas une usine de recyclage. Tu n'es pas l'usine biologique qui prend des bouteilles en plastique et qui va les transformer en t-shirt tout neuf ou en bouteilles neuves à remettre sur le marché. Tu prends le type que trois autres ont déjà jeté, tu prends le machin qui est cassé, tu prends le projet qui n'est pas fini, et tu te dis : moi, là-dedans, je vais y arriver, moi, je vais le réparer.

Donc tu vois bien qu'il y a deux pièges. Le premier : ne jamais monter sur le ring, se dire « je ne suis pas encore prête, je n'ai pas encore assez lu de documents sur le sujet ». Le deuxième : tu montes sur le ring, mais tu prends n'importe qui, des gens que tu n'aurais jamais dû affronter. Et les deux chemins mènent exactement au même échec.

Monter en niveau a un prix : la compatibilité

Garde bien cette phrase, marque-la sur ton frigidaire si tu veux, ou sur ton téléphone. Monter en niveau, ça a un prix. Et le prix, malheureusement, c'est la compatibilité. Plus tu montes en niveau, moins il y a de monde pour toi sur terre. Et ce n'est pas arrogant de dire ça. On pourrait se dire : « Oui, mais c'est vachement élitiste, finalement. Moi, je n'ai pas envie d'être cette personne qui refuse tout le monde. » Non, tu n'es pas prétentieux, c'est juste mathématique en réalité.

Concrètement, on fait quoi ? Trois choses

La première, peut-être la plus simple, c'est accepter que ton bassin de pêche a rétréci. Et arrête de t'en vouloir pour ça. Ce n'est pas un bug dans la matrice, c'est juste la preuve que toi, tu as avancé. Je ne suis plus compatible ? Génial, j'ai avancé.

La deuxième chose, c'est d'arrêter de recycler. Un mec qui est en dessous de ton niveau, tu ne le répares pas. La femme qui va te causer des problèmes dès le troisième rendez-vous, tu passes ton chemin, tu viens changer de bassin. Dans ce bassin, il n'y a rien pour moi ? Je vais juste aller voir ailleurs, là où il y a des gens de mon niveau. Et encore une fois, ce n'est pas prétentieux, ce n'est pas orgueilleux de dire ça. C'est juste être réaliste. Trouve des gens qui ont fait le même chemin que toi. On ne pêche pas un thon dans une mare aux canards.

Et la troisième chose, attention, parce que c'est là qu'il y a beaucoup de gens qui se trompent : une fois que tu as trouvé quelqu'un de ton niveau, le vrai, là où tu n'as plus le droit de fuir, ne sors pas ta carte de développement personnel pour dire « non, mais finalement cette personne-là, il y a un détail qui fait que ça ne va pas ». Ce serait une forme de fuite, de ne pas vouloir affronter, ou de ne pas vouloir être en couple avec quelqu'un qui est bien. Le but de ton travail, ce n'est pas de devenir compatible avec tout le monde, c'est de savoir avec qui tu n'es plus compatible. Et tant mieux. Tu n'es pas cassé, tu n'es pas défaillant, tu n'es pas névrosé, tu es juste monté en niveau. Et aujourd'hui, il faut que tu acceptes d'aller jouer dans la bonne cour.

Tu t'es reconnu dans l'un de ces deux pièges et tu veux apprendre à jouer dans la bonne cour ? C'est exactement le genre de travail qu'on peut mener ensemble en coaching.

Questions fréquentes

Pourquoi le travail sur soi réduit-il la compatibilité amoureuse ?

Plus tu te raffines dans ta façon de penser, plus tu es sain, mieux tu es dans tes baskets, moins il y a de personnes qui peuvent te suivre là-dedans. Dans le modèle AQAL de Ken Wilber, deux personnes à des niveaux trop éloignés l'une de l'autre ne peuvent plus rester ensemble dans la durée.

C'est quoi, l'évitement vertueux ?

C'est utiliser tout le travail que tu as fait pendant des années sans jamais aller au combat, comme un boxeur qui s'entraîne depuis 10 ans mais qui n'est jamais monté sur le ring. À chaque fois qu'il faut monter, tu te dis que tu n'es pas encore prêt. Sauf que les années passent, et le ring reste vide.

Pourquoi arrêter de vouloir réparer son partenaire ?

Parce que ce n'était pas ton job. On ne recycle pas un être humain qui n'a aucune envie d'être recyclé, ça n'existe pas. Au bout de 2 ans, il n'y a pas de surprise : le déchet est toujours un déchet, et toi, tu es vidé, tu es épuisé.

Est-ce prétentieux de chercher quelqu'un de son niveau ?

Non, ce n'est pas prétentieux, ce n'est pas orgueilleux de dire ça. C'est juste être réaliste. Trouve des gens qui ont fait le même chemin que toi. On ne pêche pas un thon dans une mare aux canards.

Tu te retrouves dans ces dynamiques ?

J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.

Découvrir le coaching →