Fou amoureux de toi au début, complètement absent après. Si tu sors avec un TDAH, c'est exactement ce que tu as ressenti. Je te propose un petit exercice : compte sur tes doigts combien de choses tu as observées dans ta vie de couple.

Il peut parfois répondre à un SMS en 30 secondes, voire même en une seconde. Par contre, tu n'auras pas de réponse s'il y a plus qu'un sujet dans un mail. S'il y a un truc urgent à faire, tu peux être sûr que ça va rester trois semaines en attente. Tout devient, au fil du couple, des « on verra, on en reparlera ». Il peut te dire « oui, oui, je m'en occupe », et tu sais au fond de toi une chose, c'est qu'il ne s'en occupera jamais. Il peut aussi se concentrer tellement qu'il passera quatre heures sur un panier Amazon. Tu racontes ta journée, il hoche la tête comme s'il te comprenait, et tout d'un coup : « au fait, tu parles de qui, là ? » Il n'a rien suivi.

Il peut le faire, mais il choisit de ne pas le faire pour moi

À qui je parle aujourd'hui ? Je parle à toi qui l'aimes probablement, qui vois bien qu'il y a quelque chose qui ne va pas, qui n'est pas normal. Il ne ressemble pas aux autres hommes pendant cette soirée, il est un tout petit peu différent. Tu l'aimes. C'est toi qui tiens l'agenda, les anniversaires, les comptes. C'est toi qui as rempli les papiers de la mutuelle. Et tu hésites entre « je dois l'accepter comme ça » et « il faut que je fasse quelque chose parce qu'au bout d'un moment je n'en peux plus ». Tu es coincé entre deux culpabilités : celle de lui en vouloir, et celle de t'écraser, de ne rien dire et de juste subir. Un psychiatre a montré que 96 % des personnes en couple avec une personne TDAH disent que ça pèse sur leur relation, et 92 % disent qu'elles ont l'impression de compenser en permanence pour leur partenaire.

Un jour, tu as une discussion le soir parce qu'il t'est arrivé quelque chose dans ta journée, parce que tu es triste, parce que tu es fatigué. Tu as besoin d'avoir quelqu'un de fiable, une oreille en face de toi. Tu vas lui confier des choses, et l'autre arrive à t'écouter pendant un temps, et tout d'un coup il décroche. Il te demande de quoi tu parles, qui est cette personne. Il a complètement oublié le contexte et tu as l'impression de ne pas être entendu. Et le plus frustrant là-dedans, c'est qu'il peut recevoir un SMS d'un copain sur une perceuse en même temps que tu lui confies ta peine, et répondre immédiatement en 30 secondes avec une explication détaillée. Mais toi, ce que tu lui as confié, il est passé à côté. Et la conclusion qui s'impose toute seule, c'est : il peut le faire, parce que je vois que dans certaines situations il est extrêmement bon dedans, mais il choisit de ne pas le faire pour moi.

Un trouble de la performance, pas de la connaissance

Le concept, et note bien ça, c'est que c'est un trouble de la performance, pas de la connaissance. S'il y avait un examen du bac pour cette personne, pour te connaître, pour dire exactement ce que tu aimes, ce que tu détestes, qui tu es, il aurait 20 sur 20. Il le sait, il a l'information en lui. Le souci, c'est le pont entre « je sais que je dois le faire » et le passage à l'action. Ce qui est perturbant, c'est que tu l'as déjà vu devant Amazon à comparer des barbecues pendant quatre heures, et tu te dis : là, il a cette capacité d'attention, il l'a en lui, mais il choisit exprès de ne pas me la donner.

C'est là qu'il faut faire une distinction très importante. Cette personne, homme ou femme, est un golden retriever devant une balle de tennis. Tout ce qui passe devant lui à un moment donné aura plus d'attention que les choses sur le long terme. Il y a un terme pour ça, ça s'appelle la cécité temporelle. Tout ce qui est là maintenant est parfaitement net : une notification, un truc sur Amazon. Mais tout ce qui se passe dans trois semaines, un voyage où il faut refaire le passeport, un papier de mutuelle à renvoyer, là-dessus il ne verra rien. Ce n'est pas qu'il s'en fiche, c'est qu'il ne voit pas.

Et pourquoi la perceuse a une réponse en 30 secondes et toi pas, c'est la chose qu'il faut impérativement comprendre. Le cerveau TDAH ne classe pas les tâches par importance, il les classe par stimulation. Il fonce vers ce qui stimule. Toi, tu as interprété ça comme « tout le monde passe devant moi, il n'en a rien à faire ». En réalité, son cerveau a dit : « ça c'est facile, ça va m'apporter de la dopamine, donc je vais faire le facile avant le compliqué. » Et comprends bien quelque chose : il n'est pas addict à la dopamine, il a une dette de dopamine. Il en a moins par défaut. Il ne cherche pas un shoot pour s'évader, pour planer : il court après ça pour rétablir un équilibre interne qui ne lui en fournit pas assez.

Ce n'est pas du love bombing, c'est de l'hyperfocalisation

Tu as peut-être posé cette question à une intelligence artificielle, la nuit : « mon mari se fiche de moi, il n'a pas ramené mon gâteau, il a oublié de renouveler les passeports, on n'a pas pu partir en vacances, il ne m'écoute pas. » Ce à quoi l'algorithme va te répondre : c'est un pervers narcissique, c'est de la manipulation, tu es sous emprise. Et la chose la plus glaçante : tu as eu du love bombing. Parce que ça colle avec ce que tu as vécu au début. Cette personne qui était capable de faire 1h20 de route juste pour t'embrasser, qui connaissait tout de ta vie par cœur, qui a mis tellement d'énergie et d'efforts là-dedans, et tout d'un coup plus rien.

Il y a une distinction extrêmement importante à faire : un TDAH est différent d'une perversion narcissique. Le love bombing, typiquement, n'est pas un symptôme du TDAH. Quand une personne fait ce qui s'appelle un abus émotionnel, elle vient faire exprès de t'en donner beaucoup, de manière consciente, pour que tu tombes extrêmement amoureux, pour ensuite te le retirer et créer une dépendance. Là, on n'est pas du tout dedans. Tu as eu une hyperfocalisation amoureuse sur toi, involontaire, complètement liée à son TDAH. Tu étais l'objet brillant, lumineux, nouveau, qui a déclenché toute sa dopamine. Ensuite, ta relation est devenue une relation : stable, rassurant, prévisible. C'est-à-dire exactement ce qu'on rêve d'avoir dans un couple, sauf que ce n'est pas ce dont rêve un cerveau qui a besoin de dopamine pour compenser celle qui lui manque.

Tu es devenu ce chef de projet qui doit penser à tout

Pour toi qui es partenaire du TDAH, tu deviens l'agenda. C'est toi qui penses au cadeau de Noël, c'est toi qui fais le vaccin du chien, c'est toi qui t'occupes de la mutuelle. Et un jour, tu vas dans la belle-famille et ils te disent : « waouh, tu as quand même de la chance d'être avec mon fils ou ma fille. » Et toi, tu soupires, parce que tu te sens seul, encore plus seul que jamais. C'est vrai qu'il est gentil, mais être gentil ne remplit pas les papiers de la mutuelle. Ce que tu ressens a un nom, ça s'appelle la charge mentale. Et la charge mentale, ce n'est pas de devoir faire les choses à la place de l'autre, ou pas que : c'est devoir penser à les faire. C'est que ton cerveau doit être rempli pour deux personnes, et en plus tu dois surveiller comme un chef de projet si l'autre les a bien faites.

Et là, tu arrives dans un immense cercle vicieux. Cette personne va oublier, donc tu vas lui rappeler. À chaque fois que tu lui rappelles, il n'aime pas ça : il se sent surveillé, épié, infantilisé. Personne n'a envie qu'on lui parle comme à un enfant de 8 ans. Et plus il se sent infantilisé, plus il décroche. Et plus il décroche, plus tu vas contrôler, et la boucle revient sur elle-même en s'empirant un peu plus à chaque fois. Quelque part dans ce cercle, le désir va s'oublier. Un jour arrive où tu n'as même plus la force d'être en colère : tu abandonnes. L'autre te dit que tu es contrôlante, rigide, que tu en demandes trop. La réalité, c'est que tu surfonctionnes au quotidien par rapport à quelqu'un qui sous-fonctionne. Et surfonctionner ou sous-fonctionner, c'est juste des rôles. La bonne nouvelle, c'est qu'un rôle, comme au cinéma, ça peut se réécrire.

Si ton couple s'épuise dans ce cercle et que tu as envie que ça fonctionne, ne reste pas seul là-dedans : mon coaching est là pour t'aider à poser un nouveau système à deux.

Tu ne peux pas en vouloir à un myope d'être myope

Peut-être que tu te dis : donc je n'ai pas le droit de me plaindre, ce n'est pas de sa faute. Je te propose deux vérités qui sont vraies simultanément. De une, il ne le fait pas exprès. Et de deux, tu as le droit d'être épuisé. Alors on fait quoi concrètement pour que ça change ? Tout d'abord, on va changer le discours. Ton discours d'avant, c'était peut-être : « tu ne penses jamais à moi, fais plus d'efforts. » Ce qu'il va entendre, c'est qu'il n'est pas bon, pas suffisant, qu'il est défectueux. Il va se défendre, se fermer, t'en vouloir, partir dans sa tête tout seul. À la place, je te propose de juste lui décrire ce que toi tu ressens : « quand tu me dis que tu as réservé le restaurant et que tu ne l'as pas fait, je suis déçu, et dans ma tête je me dis que je ne compte pas pour toi. » Tu n'es pas en train de l'accuser, tu es en train de lui montrer les conséquences de son cerveau sur ta propre vie.

Ensuite, construisons un système où je suis sûr que ce gâteau d'anniversaire va arriver. Les alarmes, les calendriers, ça ne fait pas rêver, mais aujourd'hui c'est nécessaire. Tu ne peux pas en vouloir à un myope d'être myope, par contre tu peux lui mettre des lunettes. Tu ne peux pas en vouloir à un TDAH d'être TDAH, par contre vous pouvez construire à deux un système qui fera que votre quotidien ne sera pas bousillé par son cerveau. Le point suivant, c'est de créer tes demandes de manière à être compatible avec le TDAH. Quand tu envoies un SMS, tu mets une seule chose dedans. Tu lui dis à quelle date tu voudrais que ce soit fait, et ensuite tu lui délègues totalement la tâche. À chacun sa tâche, et à partir d'aujourd'hui je ne m'en occupe plus.

Et il y a une question que je trouve magique, qui désamorce tout. Cette question, ce n'est pas « pourquoi est-ce que tu as oublié ça ». Cette question, c'est : « qu'est-ce que tu essayes d'éviter quand tu fais ça ? » Ça peut être éviter de te décevoir, éviter de te mettre en colère, éviter de te perdre. Et là, tu arrives sur son moteur psychologique : ce qu'il essaie de faire au quotidien pour ne pas te décevoir.

Questions fréquentes

La colère d'un TDAH est-elle différente ?

Imagine une Ferrari qui peut aller de 0 à 100 en 1,7 seconde : la colère TDAH, c'est ça. Ça monte trop vite, trop tôt, trop fort, et ça retombe de la même manière juste après. Là où une personne typique va avoir une colère qui monte en quelques heures, parfois même en quelques jours, et qui met aussi du temps à redescendre. L'autre ne comprend pas pourquoi tu t'es autant enflammé, mais le TDAH ne comprend pas non plus la colère typique : pourquoi est-il encore en colère trois jours après ?

S'il oublie mon anniversaire, est-ce que je ne compte pas ?

Il y a deux blessures. Tout d'abord le gâteau d'anniversaire qui n'est pas là. C'était important, il t'avait dit « je m'en charge », sauf que le jour J, quand on souffle les bougies, il n'y a pas de gâteau en dessous. Que ce soit TDAH ou pas, ta déception est forcément là, et c'est normal. La blessure numéro 2, c'est l'interprétation : s'il n'y a pas de gâteau, c'est donc que je ne compte pas. Ce qui est une erreur de traduction. Son cerveau n'a pas été créé pour faire ce genre de choses de cette manière-là.

Pourquoi mon conjoint ne me promet-il plus rien ?

On appelle ça les adaptations dysfonctionnelles. Cette personne t'a déjà promis plein de choses et n'a pas réussi à tenir ses promesses. Qu'est-ce qu'elle fera au bout d'un moment ? Elle va arrêter de promettre. Quand tu lui parles d'un week-end, il te dit « oui, oui, on verra ». Il sait que s'il promet, il va te décevoir, il n'y arrivera pas. Du coup il reste flou, il s'adapte mal, et ça vient encore plus bousiller le couple.

Peut-on être en couple avec un TDAH ?

Un TDAH qui comprend qu'il est TDAH et qui va agir en fonction pour compenser, pour ne pas faire souffrir les autres, ça fait quelqu'un qui est capable d'être en couple. Alors que quelqu'un qui est dans le déni et qui te dit « moi je suis comme ça et c'est tout », cette personne ne peut pas être en couple, elle doit rester seule. Le diagnostic, le fait de découvrir, d'accepter qu'on l'a, le fait de mettre en place des procédures pour venir compenser, c'est ça qui change tout.

Tu te retrouves dans ces dynamiques ?

J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.

Découvrir le coaching →