On va voir si en quelques minutes, je peux vous aider à régler votre dépendance affective aujourd'hui. Imagine-toi quand tu étais enfant, et juste à côté, tes parents. Il y a tout un moteur psychologique qui régit votre relation. Et il y a des chances que ce moteur psychologique, ce soit celui de la dépendance affective.

La dépendance affective vient toujours d'un schéma d'enfance. Il y a une douleur qui me fait tellement mal que je veux agir pour ne pas perdre le lien.

D'où vient la dépendance affective

Dans certaines situations, tu as eu l'impression que l'amour ou que l'affection était conditionnelle, le sentiment que dans certains cas de figure, tes parents n'étaient pas là pour toi quand tu en avais besoin. La théorie que je préfère dans ce domaine-là explique que quelque part entre tes 4 ans et tes 8 ans, il y a une situation qui t'a fait du mal, qui t'a fait souffrir, et tu as tout fait pour arrêter de souffrir plutôt que d'aller plus loin, de laisser cette souffrance te traverser et de voir qu'après il ne se passait rien de mal. J'ai peur que mes parents m'abandonnent, je réagis, j'ai tellement peur que je surréagis, mes parents reviennent. Mais je n'ai jamais traversé ceci en me disant que ce n'était pas très grave, parce que même si j'ai peur, mes parents finiront par être là tôt ou tard.

Quelques années plus tard, tu grandis et tu es enfin en couple. Tu es probablement en couple avec quelqu'un qui a exactement le même moteur de fonctionnement. Mes parents étaient un peu distants, ne créaient pas un bon lien émotionnel : je vais me trouver un ou une partenaire qui sera un peu distant et qui me fera peur aussi sur le lien. Le couple classique étant attachement anxieux avec une personne qui est dite évitante, donc une personne qui va venir te titiller en permanence sur ce lien émotionnel. À ce moment-là, bravo, tu es adulte, tu as reproduit avec ton partenaire le même moteur que tu avais avec tes parents.

Mais ce n'est pas tout, parce que tu commences à te créer un environnement entier de gens avec qui tu as exactement le même type de moteur, comme par exemple tes amis. Certains de tes amis sont très sains, aucun souci, mais il y en a d'autres qui te titillent sur ce lien que tu as avec eux. Et si ce n'est pas les gens qui te mettent dedans, c'est ton caractère qui va induire ça chez eux. Tu peux être en couple avec une personne qui a un attachement équilibré, mais tu seras toujours stressé quand tu ne reçois pas de SMS. Je ne reçois pas de SMS, donc je suis abandonné. Donc je revis exactement la même chose qu'avec mes parents.

Le cercle vicieux qui peut durer une vie entière

Il y a des schémas circulaires, comme le suivant : tu as un problème de vie, tu as une dispute avec ton partenaire, tu vas tenter de négocier doucement, sachant que tu as énormément peur de perdre l'autre. Bien évidemment, tu vas finir par taire tes besoins. Tu ne vas pas dire de quoi tu as besoin. Tu n'oseras pas te fâcher parce que tu auras peur que l'autre parte et t'abandonne. Au bout de cinq ou six mauvaises interactions, tu finis par exploser, par exemple tous les mois ou tous les deux mois. Une fois que tu as explosé, tu t'en veux. Pourquoi est-ce que j'ai fait ça ? Tu as l'impression d'avoir dégradé le lien, tu perds confiance en toi, et puis un prochain problème de vie arrive. Tu es dans cette spirale qui est infinie, et ça peut durer une vie entière.

Considère bien qu'il y a un conditionnement qui est extrêmement ancien, un conditionnement qui est préhistorique, qui est vieux de plus de 200 000 ans. Si jamais tu es exclu d'un groupe, ça veut dire : je vais mourir mangé par un lion. Et aujourd'hui, lorsque quelqu'un te désapprouve, quand quelqu'un ne répond pas à tes SMS, quand quelqu'un te montre moins d'intérêt, tu peux ressentir une douleur physique qui est réelle. Ce n'est pas que psychologique. Mais chez nous, cette douleur est devenue insupportable. On ne peut pas faire avec. Et comme on a peur de l'après, on va mettre en place des stratégies pour se conformer à tout le monde. On va typiquement éviter le conflit, on va rester en sécurité, on ne dira pas notre propre vérité de peur d'être rejeté.

Ce n'est pas de l'amour, c'est de la dépendance affective

Certains confondent et se disent : la dépendance affective, c'est ceux qui aiment trop. Ce n'est pas le cas. Ce n'est pas de l'amour, c'est de la dépendance affective. C'est le besoin d'être rassuré en permanence par le fait de ne pas être quitté, par le fait de ne pas être abandonné.

La dépendance affective, c'est une perte de contrôle de soi-même. Si jamais je ne reçois pas ce SMS à telle heure, alors je perds le contrôle. J'ai peur. Peur d'être abandonné. Si jamais l'autre a un ton différent, quelqu'un de normal se dirait : peut-être qu'il a juste mal au ventre. Toi, tu vas te dire : s'il parle de manière différente aujourd'hui, c'est parce que je n'ai pas été suffisamment bon, qu'il m'en veut et qu'il va m'abandonner. Ton système nerveux attend une confirmation, une validation que tu comptes. Ça signifie que ton humeur n'est pas autonome. On dit que tu as une humeur qui est réactive : si je reçois un message de l'autre, je suis apaisé ; si j'ai un silence, ça vient activer mon stress.

Les six marqueurs clairs, c'est l'hypervigilance (tu vas surveiller le lien affectif que tu as avec l'autre), la suradaptation permanente, le besoin d'être rassuré de manière générale du matin au soir, la peur du conflit (tu préféreras toujours te taire, tout accepter, plutôt que de devoir créer éventuellement un conflit), la compulsion relationnelle (relancer les copains en permanence, vérifier, relancer encore une fois) et la dissociation de soi-même : tu ne sais plus vraiment ce que tu veux ni qui tu es, tu sais surtout ce qu'il faut faire pour tenir les autres proches de toi. Le risque du dépendant affectif, ce n'est même pas spécialement la rupture amoureuse. Un dépendant affectif, il reste. C'est peut-être même ça le pire problème, c'est qu'il va rester trop. La relation qui aurait dû durer un an, il l'a fait durer pendant 10 ans.

Pourquoi c'est compliqué d'en sortir

Premièrement, parce que tu as créé un univers entier qui fonctionne de la même manière. Ton environnement, ton référentiel entier, tes amis marchent comme ça. Ta femme, ton mari, tes enfants, tes parents, ton patron, tes collègues, tout ton univers fonctionne autour de ce même moteur. Comment est-ce que tu pourrais sortir facilement d'un fonctionnement, sachant que tu as pris chaque pion de l'échiquier sur ce principe même de la dépendance affective ?

Deuxième vérité, un peu plus dure à entendre, c'est qu'en réalité on est naze. On est complètement nul dans le fait d'imposer une décision. Pourquoi ? Parce que depuis qu'on a entre 3 et 8 ans, on n'a jamais essayé, on n'a jamais tenté de s'imposer, de dire ce qu'on souhaitait, ce qu'on ressentait, ce qu'on voulait. On ne sait pas mettre de nuances dans nos phrases, on ne sait pas le faire gentiment. Et surtout, on ne sait pas ce qui se passe après, une fois qu'on aurait passé cette zone de douleur à avoir peur que l'autre nous quitte. Ça signifie donc que tu peux être chef d'entreprise, avoir 55 ans, pouvoir gérer 1000 personnes ; dans le domaine de s'imposer, de dire ce que tu ressens, de mettre des limites, tu n'as pas progressé, non pas parce que tu n'es pas doué, mais parce que tu ne t'es jamais entraîné à ça.

Et la troisième raison pour laquelle c'est compliqué de s'en sortir, c'est parce qu'on n'a jamais appris à gérer cette douleur. Jamais. On n'a jamais essayé. C'est pour ça que je suis parti tout seul vivre dans un Airbnb pendant un mois pour me confronter à moi-même, pour vivre cette douleur. Si on a peur de ce qu'on ne connaît pas, dans ce cas-là, allons découvrir cette peur. Allons-y jusqu'au bout pour voir ce qui se passe après. On est plutôt tranquille tout seul. Donc même si je perdais tout le monde sur terre, ça irait quand même.

Ce que ça m'a coûté de m'en sortir

J'aimerais juste vous dire ce que ça m'a coûté. J'en ai perdu mon couple. Forcément, quand tu es avec quelqu'un qui est évitant et que tout d'un coup tu n'es plus attachement anxieux, que tu arrives enfin à t'affirmer, ça ne l'arrange pas quand tu commences à dire des vérités. L'autre part. Ça m'aura coûté aussi, pas tous mes amis, mais peut-être un ami sur trois, voire un ami sur deux. Ça vient changer aussi ton modèle parental. Je n'ai plus peur que ma famille entière me rejette. Je m'affirme. Et si au début c'est un peu rock and roll, ça finit par s'arranger, et les gens finissent par t'apprécier parce qu'ils voient enfin ton vrai visage.

Ça signifie qu'il va falloir que tu fasses du vide. Il y a des choses qui vont disparaître là-dedans. Il y a des gens qui ne seront plus là. Mais en réalité, il y aura de la place pour que d'autres gens reviennent dans ta vie, pour que d'autres gens te rejoignent. On va faire entrer dans ta vie des gens qui ne savent pas que tu étais dépendant affectif avant, qui vont te voir sous un nouveau visage et qui vont t'accepter exactement comme tu es aujourd'hui.

La dépendance affective, ce n'est pas un manque de volonté, il ne faut pas t'en vouloir. Ce n'est pas non plus une faiblesse. C'est juste quelque chose que tu n'as jamais appris parce que tu as peur que cette douleur soit trop intense. Et cette dépendance affective, ce n'est pas ce qui te définit. Ce n'est pas dans ton ADN. Tu n'es pas né génétiquement dépendant affectif. C'est juste un mécanisme que tu as acquis quelque part entre 3-4 ans et 7-8 ans.

Quatre exercices pour reprendre le contrôle

La reprise de contrôle, ce n'est pas prendre sur soi et ce n'est pas non plus ne pas ressentir. Parce que j'ai une drôle de nouvelle pour vous : que vous soyez dépendant affectif ou pas, on ressent tous le rejet et la peur du rejet. C'est un sentiment qui est humain et normal. La seule différence, c'est qu'un humain qui est dit attachement équilibré va ressentir cette peur et ne rien faire, la laisser passer, et au bout d'une heure ou deux, c'est passé, c'est terminé. Chez le dépendant affectif, la peur arrive, l'anxiété arrive, et il agit.

Le premier exercice s'intitule nommer la monnaie. Quand tu fais quelque chose contre ton gré, quand tu payes en argent, en temps, en fatigue, demande-toi quelle est la chose que tu essayes d'acheter. Est-ce que c'est de l'apaisement ? Est-ce que c'est fuir une dispute ? Est-ce que c'est la confirmation que l'autre t'aime ?

Exercice 2, que moi j'ai poussé à l'extrême en étant sur 31 jours dans un Airbnb. Je ne t'en demande pas autant : essaye 48 heures sans aucune stratégie. Tu n'envoies pas de messages pour savoir si l'autre t'aime. Tu ne fais pas un silence punitif pour savoir si l'autre va revenir. Tu ne fais pas un retrait calculé. Tu n'interprètes pas. Tu notes juste dans ta tête ton niveau de manque et le déclencheur. Et tu laisses passer 48 heures. Ensuite, tu fais un bilan froid. Ce n'est pas de la dépendance affective, c'est une observation factuelle de ce qui s'est passé.

Exercice 3 : j'observe les phrases qui sont dites en face de moi. Est-ce que cette personne est en train de m'endormir en me promettant certaines choses, ou est-ce qu'il y a quelque chose de factuel là-dedans ? Est-ce que l'autre ferait vraiment des efforts, ou est-ce que c'est moi qui me suradapte à quelque chose qui ne fonctionne pas ?

Et le quatrième et dernier exercice, c'est d'arriver à mettre une limite chaque jour. Dire non au moins une fois dans ta journée. Entraîne-toi à la boulangerie, quand on te propose quelque chose, à dire : non, je ne veux pas celui-ci. Ça paraît bête, mais tu es en train de t'entraîner doucement. C'est l'enfant de 4 à 8 ans qui s'entraîne à refuser et qui voit que tout se passe bien. Parce qu'à un moment donné, il va y avoir une décision importante, un vrai non à dire qui aura du sens. Et là, tu sauras le dire parce que tu te seras entraîné pendant des jours et des jours auparavant.

Tu veux sortir de ce moteur sans y laisser des années d'essais-erreurs ? Je t'accompagne pas à pas en coaching.

Questions fréquentes

D'où vient la dépendance affective ?

La dépendance affective vient toujours d'un schéma d'enfance. Quelque part entre tes 4 ans et tes 8 ans, il y a une situation qui t'a fait souffrir, et tu as tout fait pour arrêter de souffrir plutôt que de laisser cette souffrance te traverser. Tu as eu l'impression que l'amour ou que l'affection était conditionnelle.

La dépendance affective, est-ce que c'est aimer trop ?

Non. Ce n'est pas de l'amour, c'est de la dépendance affective : le besoin d'être rassuré en permanence par le fait de ne pas être quitté, de ne pas être abandonné. C'est une perte de contrôle de soi-même.

Pourquoi est-ce si difficile d'en sortir ?

Pour trois raisons : tu as créé un univers entier qui fonctionne autour de ce même moteur ; tu ne t'es jamais entraîné à t'imposer depuis que tu as entre 3 et 8 ans ; et tu n'as jamais appris à gérer cette douleur du rejet jusqu'au bout.

Par quel exercice commencer ?

Mettre une limite chaque jour : dire non au moins une fois dans ta journée. Ça paraît bête, mais tu t'entraînes doucement, comme l'enfant de 4 à 8 ans qui s'entraîne à refuser et qui voit que tout se passe bien.

Tu te retrouves dans ces dynamiques ?

J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.

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