Tu peux avoir l'impression que l'autre te contrôle gentiment, ou encore que l'autre te dresse comme on pourrait dresser un animal, un chien, pour qu'il se comporte exactement de la manière qu'on le souhaite. Ou que cette personne te conditionne : il faut penser comme l'autre, sinon il y aura une punition derrière. On va voir ensemble aujourd'hui 10 signaux que ce n'est peut-être pas de l'amour, mais peut-être plutôt du contrôle. On va commencer généraliste et puis on va rentrer dans le détail au fil des points. Compte sur tes doigts le nombre de points que tu as aujourd'hui.

Signaux 1 et 2 : moins de libertés, et le rôle du sauveur

Tu dois réfléchir à chaque mot, à chaque geste, à chaque phrase, à chaque idée. L'autre n'est pas là avec un couteau ni avec un fouet, mais dans les choses qu'il t'autorise et surtout dans celles qu'il ne t'autorise plus à faire, aujourd'hui tu sens que tu peux faire moins de choses qu'avant.

Deuxième point, c'est le rôle du sauveur ou de la sauveuse. Cette personne t'a confié très vite ses blessures, ses fragilités, et par miroir, tu t'es senti un peu comme obligé de confier également tes blessures et tes fragilités. Tu t'es même senti honoré. Généralement, on confie nos problèmes, nos failles, nos traumas d'enfance uniquement à nos proches, uniquement à ceux en qui on a confiance. On n'ira pas par exemple raconter ses problèmes d'enfance à son boss. Par contre, à quelqu'un qu'on aime bien, on va aller lui confier. Et là, c'est exactement ce qui s'est passé. Cette personne t'a confié des choses très intimes. Peut-être même qu'elle t'a dit : « Avec toi, c'est différent, je me sens en confiance. Toi, par exemple, tu ne me feras jamais souffrir comme mon ex. Toi, tu es différent, toi, tu es une bonne personne. » Et tu t'es senti flatté de ça. Tu as vu ça comme un compliment énorme.

Et puis cette flatterie, ce compliment s'est transformé quasiment en un métier. C'est à toi aujourd'hui de soutenir cette personne entièrement parce qu'elle a souffert dans sa jeunesse. Et si jamais tu ne le fais pas, dans ce cas-là, tu auras une punition. Ça devient une obligation. Et si tu ne sauves pas cette personne, alors tu n'en fais pas suffisamment, alors tu n'es pas à la hauteur. En psychologie, on parle d'un mot qui s'appelle la responsabilité émotionnelle déplacée. Cette personne est censée gérer son propre état interne. Maintenant, c'est déplacé à toi. Tu dois gérer les émotions de ton partenaire. On est tous responsables de nos propres émotions. Aujourd'hui, dans ce couple-là, c'est probablement différent. Tu es responsable de ses émotions à 100 %.

Signal 3 : tes peurs sont cartographiées puis utilisées contre toi

Comme cette personne s'est livrée à toi, il t'a livré des failles, des soucis, des traumas d'enfance. Il t'a confié ses craintes, et bien évidemment, par miroir, tu vas également lui confier tes peurs les plus intimes. Tu es même encouragé à ça. Il te parle 10 minutes de son enfance, tu vas parler également 10 minutes de ton enfance. Sauf que ce que tu ne sais pas, c'est qu'il est en train de cartographier précisément tes peurs. Ce sera utilisé contre toi par la suite. Tu as peur d'être abandonné, cette personne va t'abandonner. Tu as du mal avec la violence verbale, cette personne sera violente verbalement. Quoi que tu aies confié, ce sera utilisé contre toi. Comme dans ces séries américaines : tout ce que vous pourrez dire sera retenu contre vous. C'est exactement ça. Tu as confié que tu avais un problème avec ta mère ? Tu peux être sûr qu'en quelques semaines, cette personne te dira « ta mère avait bien raison », en sachant précisément que c'est l'un de tes points de faiblesse. Et qu'on se mette d'accord, tout être humain sur terre a des points de faiblesse. Et tout à coup, tu passes de partenaire de vie à un accusé. Quoi qu'il se passe, c'est de ta faute. Et là, on parlera de renversement de culpabilité.

Signal 4 : le système récompense-retrait

Quatrième point : c'est le système qui s'appelle récompense-retrait, qu'on peut aussi trouver sous le nom de chaud-froid. Au début, tu es valorisé, c'est chaud. Au début, tu as plus de chaud que de froid, et puis l'amour devient conditionnel. Tu découvres que lorsque tu agis comme il faut, dans ce cas-là, tout va bien. Tu as peut-être même une récompense dans l'intimité. Mais quand tu ne te comportes pas exactement de la manière dont l'autre te dresse, dans ce cas-là, tu as une punition, ça devient froid. Par exemple, l'autre va te bouder, sera froid soudainement, partira, prendra de la distance affective, ne te considérera plus à la maison. Et puis tu vas attendre cette nouvelle période de chaud qui peut arriver dans quelques heures ou dans quelques jours. Et finalement, tu passes ton temps à analyser, parce que tu es quelqu'un d'intelligent, ce qui se passe en face de toi, et à te dire : si je modifie juste un petit peu mon comportement, ça pourrait toujours être chaud et se passer bien, comme ça se passait au début de la relation amoureuse. Et tu en viens chaque jour à modifier un peu tes phrases, tes comportements et ce que tu penses, de manière à ce que l'autre ne s'énerve pas. Mais quoi que tu cherches, quoi que tu fasses, quoi que tu modifies, ça ne suffit jamais.

Ce mécanisme s'appelle le renforcement intermittent. C'est très bien documenté en psychologie, et on voit aussi que ça crée une dépendance qui est très forte. Il est très compliqué de sortir d'une stratégie de renforcement intermittent parce que ça rend addict. C'est la même chose qui est utilisée sur les réseaux sociaux comme TikTok et Instagram. C'est aussi la même chose qui est utilisée dans les casinos. Parfois tu perds, et même souvent tu vas perdre, et tu attends de gagner de temps en temps. Sur les réseaux sociaux, souvent tu t'ennuies et tu attends la prochaine vidéo qui va te procurer ce pic de dopamine qui va t'intéresser. Et plus ça avance dans le temps, moins ça t'intéresse, plus il faut que tu scrolles en attendant cette récompense.

Signaux 5 et 6 : jamais assez, et toujours échec et mat

Cinquième point : parfois tu souffres et l'autre ne prend pas soin de toi. Ton rôle, c'est d'écouter, rassurer et sauver en permanence, et si tu ne le fais pas bien, tu auras toujours une punition. Sixième point : ça s'appelle une double contrainte. Quelle que soit la chose que tu fais, quelle que soit ta réaction, ce sera toujours mauvais. Par exemple, si jamais tu prends de la distance, il va te dire que tu es trop froid. Si jamais tu parles, il va dire que tu dramatises. Si jamais tu te tais, il va dire que tu fermes la communication. Donc en gros, quelle que soit la chose que tu fais, tu es toujours échec et mat. Par exemple, il va te dire : « Dis-moi ce que tu ressens, il faut qu'on communique encore plus. » Mais quand tu vas parler, il va te dire que tu es en train de dramatiser. Si cette personne te dit « je suis énervé, reparlons-en plus tard », tu seras accusé de fuir le problème. Et éventuellement, cette personne peut te faire la même chose le lendemain, sauf que les règles auront changé. Pour lui, pour elle, ça va, c'est acceptable. La double contrainte, déjà, ça rend fou, et en plus ça vient taper dans tes piliers de sécurité interne. Tu perds confiance en toi, tu n'oses plus être qui tu es. Tu ne sais même pas quoi dire ou quoi faire, parce que quoi que tu fasses, ce sera mauvais.

Signaux 7 et 8 : le doute et la comparaison

Septième point : la réalité devient floue. Ton ressenti, tes émotions, tes pensées, ton intuition sont invalidés. Huitième point : tu seras comparé. Il y aura d'autres personnes. Tu vas être comparé à d'autres hommes, d'autres femmes. Ça peut être son père, sa mère. « Mon père, au moins, lui, c'est un homme, il sait se comporter. » Son ex, c'est marrant, parce que l'ex qui était montré comme un monstre devient tout d'un coup une personne géniale. « Mon ex, au moins, savait faire ça. » Et toi, tu te dis dans ta tête : mais retournes-y finalement, si ton ex était mieux que moi. On peut parfois comparer pour aller mieux, pour être plus fort. Par exemple, dans ton travail, tu peux dire : je vais prendre les bonnes pratiques de mon voisin qui a bien fait sa présentation pour m'améliorer. Là, ce sont des comparaisons qui, sous couvert de te donner du positif, de t'aider, sont en fait destructrices. « Je te dis ça pour ton bien. Mais un homme, en général, doit se comporter comme ça. Une femme, en général, doit savoir ce genre de choses. » Et c'est ce qui fait que ce que tu fais est toujours presque bien, mais jamais réellement suffisant. Donc il faut que tu en fasses plus. C'est ça, le message sous-jacent derrière. Tu n'es jamais réellement pleinement validé, et ça s'appelle de la triangulation. Et ça rend fou également.

Signaux 9 et 10 : l'isolement et les crises fabriquées

Bien évidemment, dans ce genre de couple, il y a aussi de l'isolement progressif, parce que pour te dompter de manière simple, on va écarter tous ceux qui seront de ton côté. Et cette personne manipulatrice va garder tous ceux qui sont de son côté à elle. Bien évidemment, c'est beaucoup plus simple. Il y a aussi des crises qui seront fabriquées. Tout semble calme, mais pour autant, tu sais que ça peut tomber n'importe comment. On est aussi dans du renforcement intermittent, c'est-à-dire que la récompense peut surgir n'importe quand, mais la punition peut aussi arriver n'importe quand.

Tu as compté tes doigts et le résultat t'inquiète ? Parlons-en ensemble dans un coaching individuel.

Questions fréquentes

C'est quoi, la responsabilité émotionnelle déplacée ?

Cette personne est censée gérer son propre état interne. Maintenant, c'est déplacé à toi : tu dois gérer les émotions de ton partenaire. On est tous responsables de nos propres émotions, mais dans ce couple-là, tu es responsable de ses émotions à 100 %.

Pourquoi le chaud-froid rend-il accro ?

Ce mécanisme s'appelle le renforcement intermittent. C'est très bien documenté en psychologie et ça crée une dépendance très forte. C'est la même chose qui est utilisée sur les réseaux sociaux comme TikTok et Instagram, et aussi dans les casinos.

Comment reconnaître une double contrainte ?

Quelle que soit la chose que tu fais, quelle que soit ta réaction, ce sera toujours mauvais. Si tu prends de la distance, tu es trop froid. Si tu parles, tu dramatises. Si tu te tais, tu fermes la communication. Tu es toujours échec et mat.

Pourquoi mon partenaire me compare-t-il sans arrêt ?

Ce sont des comparaisons qui, sous couvert de te donner du positif, sont en fait destructrices. Ce que tu fais est toujours presque bien, mais jamais réellement suffisant, donc il faut que tu en fasses plus. Tu n'es jamais réellement pleinement validé, et ça s'appelle de la triangulation.

Tu te retrouves dans ces dynamiques ?

J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.

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