On va voir ensemble sept signes d'une faible intelligence émotionnelle. Et je sais qu'il y a deux publics pour ce genre de sujet. Premièrement, ceux qui se posent la question : est-ce que j'ai moi-même une bonne intelligence émotionnelle ? Peut-être 30 % des gens. Et puis il y a l'autre partie, 70 % des gens qui se demandent : est-ce que mon partenaire a réellement de l'intelligence émotionnelle ? On sait qu'on a différents types d'intelligence. On a par exemple le QI, le quotient intellectuel, et puis il y a la partie intelligence émotionnelle. Est-ce qu'on comprend vraiment bien nos émotions ? Parce qu'être en couple avec une personne qui a une faible compréhension de ses émotions, ça peut créer un quotidien qui est compliqué.

On a de la chance, ce sujet est très bien documenté. On parlera notamment de conscience de soi, de régulation émotionnelle, d'empathie, de compétences sociales et même de motivation intérieure.

Une faible conscience de soi

Tout va commencer par ce point qu'on va retrouver dans tous les livres, dans toutes les études à ce sujet. C'est une faible conscience de soi. C'est par exemple un homme qui souvent ne sait pas ce qu'il ressent, ni même pourquoi il réagit comme ça. Aujourd'hui à l'école, les enfants ont des petits carnets avec des petites cartes dedans sur lesquelles ils peuvent nommer leurs émotions. Ça, c'est de la peur, ça, c'est de l'inquiétude, ça, c'est du stress, ça, c'est de l'humiliation, ça, c'est de la jalousie. On leur apprend à nommer. Et selon où tu en es toi aujourd'hui, peut-être que ça te paraît évident de faire la différence entre de l'inquiétude, de la jalousie, du stress ou autre, mais pour d'autres, ça ne l'est pas du tout. C'est une espèce de magma. Je ne me sens pas bien, ça ne va pas, je suis en colère, mais cette personne ne peut pas spécifiquement nommer l'émotion qu'elle a aujourd'hui, ni même comprendre qu'est-ce qui l'a déclenchée. Et très souvent, la chose que cette personne pourrait dire, c'est « je me sens attaqué ». C'est ce qui déclenche cette colère.

Le besoin d'avoir toujours raison et l'incapacité à recevoir une critique

Le second point, c'est le besoin d'avoir toujours raison. Ça, c'est très simple à remarquer dans une conversation. Ça va souvent avec l'autre point qui est inséparable, c'est l'incapacité de recevoir la moindre critique. Si jamais cette personne est contredite, elle va vivre ça comme une agression sur sa propre identité. Comprends bien la chose suivante. Une personne qui a un ego fragile, la version très imagée de ça, ce serait : son ego est déjà au ras du sol. Ça ne peut pas être plus bas. Si jamais on la contredit, ça veut dire que sa valeur serait encore inférieure à ça. On irait sous terre, ce qui serait impossible. Donc une conversation avec ces personnes-là devient pénible. C'est une bataille. Il ne s'agit plus d'être en mode coopératif dans un couple, dans une amitié ou au travail. On est dans « qui va gagner », et c'est lui qui a besoin de gagner. Et le plus étonnant là-dedans, c'est que ces personnes peuvent même savoir qu'elles ont tort et pour autant avoir besoin que les autres disent qu'elles ont raison.

Tu expliques ta vie, tu dis que ça s'est mal passé dans une certaine situation, tu as été triste ce matin, il s'est passé quelque chose dans ton couple. Ils vont t'expliquer ta propre vie. Au travail, ça peut être aussi qu'ils vont venir rejeter une idée qu'ils n'ont pas eue eux-mêmes. Si ça ne vient pas d'eux, alors dans ce cas-là, c'est nul.

Bosser avec une personne qui est incapable d'avoir un retour même constructif, c'est compliqué. Être en couple avec une personne qui est incapable de recevoir un retour, ça peut te bouffer une vie entière. Toute critique est vue comme un rejet de sa part, comme le fait de baisser sa valeur, comme une attaque, voire même comme une humiliation. Tu dis « tu as oublié notre anniversaire », il va dire « tu dramatises ». En fait, tu sais bien que non, tu l'as lu dans son regard qu'il l'avait complètement zappé, sauf qu'il n'arrive pas à se remettre en question. Une même situation peut être vue de deux manières différentes.

Si c'est toi qui veux évoluer, la phrase à se répéter, c'est « je peux avoir tort, j'ai le droit d'avoir tort ». Tu peux aussi apprendre à dire « tu as raison, je n'y avais pas pensé ». Avoir tort et le reconnaître est en réalité un signe d'intelligence et non pas un signe de faiblesse. Maintenant, si c'est ton Jean-Michel à la maison qui a du mal, garde bien en tête que cette personne souvent ne manque pas d'intelligence, mais elle manque de sécurité intérieure. Tant que cette personne se sentira attaquée, alors cette personne restera fermée. Donc ce qu'il ne faut surtout jamais faire, c'est lui prouver qu'il a tort. Parce que là, tu rentres dans un combat, l'autre est en défensif, en mode combattant, et tu vas venir dans le même mode que lui. Ça ne fonctionne pas. Ce qui marche réellement, je te mets deux techniques qui sont à mon sens les plus efficaces. C'est de montrer qu'il y a un deuxième angle. Je comprends pourquoi tu vois ça comme ça. Puis tu vas ajouter ton propre point de vue. Moi, j'ai vécu d'autres expériences dans ma vie, j'ai une autre vision, et voici comment je le ressens. Est-ce que tu acceptes que je te donne mon point de vue ? Et la deuxième technique qui marche bien, c'est le micro retour. C'est dire une petite phrase pour montrer ce que tu as pensé. Tu parles de la soirée d'hier soir, tu peux mettre trois compliments. Bravo d'avoir trouvé ce restaurant, l'ambiance était géniale, je me suis régalée. Et si je peux juste te dire une phrase qui m'a blessée, c'est que lorsque tu as dit cette phrase-là, ça m'a fait de la peine. Sois dans un ratio de trois compliments pour une critique.

Une forte réactivité émotionnelle et l'incapacité à s'excuser

Troisième point qui montre que cette personne a une faible intelligence émotionnelle, c'est une forte réactivité émotionnelle. Les émotions, c'est ce qui va conduire sa personnalité. C'est ça qui est au volant de la voiture. Cette personne, par exemple, réagit directement, elle est un peu à fleur de peau. Il se passe quelque chose, il y a une mauvaise phrase, elle n'arrive pas à nommer ses émotions, elle n'arrive pas non plus à les gérer. Et qu'on se mette d'accord, on a tous des émotions sur terre. Mais certains savent que lorsqu'on a une émotion qui est forte, il faut prendre un petit peu de temps pour soi, quelques secondes, voire quelques minutes, pour redescendre puis pour en parler. Une personne qui a une mauvaise intelligence émotionnelle ne sait pas ça, elle va exploser directement. Donc cette personne peut venir claquer la porte, s'énerver, envoyer un long message. Comment faire évoluer ça ? On fait une pause, on respire, on nomme l'émotion, on prend le temps qu'elle passe doucement, on régule. Puis après ça, on va agir.

Le quatrième signal, c'est la difficulté à s'excuser et la tendance à renverser la faute. L'incapacité à s'excuser sincèrement, c'est par exemple une personne qui va te dire « je suis désolé », mais elle ne l'est pas vraiment. Ce n'est pas pour réparer, c'est juste pour te faire plaisir. Ou encore une autre formulation, qui est au passage un petit peu perverse narcissique, c'est « je suis désolé que tu l'aies mal pris », ou encore « tu es trop sensible ». Par exemple, tu es dans une soirée avec des amis, cette personne te fait une blague qui est mauvaise, elle devrait s'excuser et elle te dit à la place de ça : « C'était juste une blague, tu es trop sensible. » Et ça s'enchaîne souvent par le fait d'inverser la situation. On minimise, puis c'est toi qu'on va venir blâmer. Ce sont eux les victimes et c'est toi le problème. Rappelle-toi de cet ego qui est au ras du sol. C'est la peur profonde d'être le mauvais. Un modèle d'excuse sain, c'est de dire : « Je suis désolé pour ce que j'ai fait. Ça t'a blessée quand j'ai dit cette phrase-là. La prochaine fois, je ferai différemment. » Tu peux lui faire une forme de pédagogie de l'intelligence émotionnelle. Quand tu as dit ça hier soir, ça m'a fait de la peine. J'ai besoin que tu reconnaisses ce que ça m'a fait. On est en train d'éduquer l'autre, on n'est pas en conflit.

Limites, conversations centrées sur soi et évitement émotionnel

Cinquième point, le problème avec les limites. En soirée, par exemple, ils vont raconter des histoires qui sont embarrassantes. Ils ne vont même pas repérer ton malaise. Ils minimisent, ils inversent, c'est ta faute. Sixième point, ce sont des personnes qui vont centrer toutes les conversations sur elles-mêmes, qui vont toujours ramener ça à elles. Tu leur racontes ton voyage en Australie, tu peux être sûr d'une chose : au bout de trois phrases, ils coupent la discussion et ils vont parler de leur voyage en Suède. Tu confies un deuil, ils vont te parler d'un problème qu'ils ont sur l'ordinateur. L'intention est bonne, c'est de se connecter, c'est de dire « moi aussi, j'ai ressenti quelque chose ou j'ai vécu quelque chose qui ressemble à ce que toi tu as vécu ». Mais la stratégie est mauvaise. C'est un manque d'empathie totale. Comment faire évoluer la personne avec qui tu es ? Lui montrer qu'elle peut écouter complètement pendant quelques minutes sans avoir besoin de ramener sa fraise avec ses histoires.

Le septième point, qu'on retrouve très souvent chez les femmes traumatisées ou chez la plupart des hommes, c'est l'évitement émotionnel, la peur de se montrer vulnérable. Ce sont des personnes qui vont éviter les discussions importantes, qui ne vont jamais sortir leurs émotions, qui te racontent peu leur passé, qui ne te racontent jamais les moments où elles ont été vulnérables. Et ce sont des personnes finalement avec lesquelles on a du mal à se connecter, parce qu'il n'y a jamais de vulnérabilité. L'amitié, entre autres choses, c'est aussi de confier ses problèmes, ce qu'on a vécu. Pour l'extérieur, on se montre fort, et à nos amis, à nos proches ou dans notre couple, c'est là qu'on peut se permettre de montrer nos failles, nos fragilités. Et une personne qui ne montre jamais sa vulnérabilité n'arrive pas réellement à se connecter avec les autres. Alors qu'en réalité, il faut une forme de force pour montrer sa vulnérabilité. Il faut une dose de confiance en soi pour se montrer fragile. Allez, huitième point en bonus, c'est la difficulté à reconnaître les émotions chez les autres. Non seulement ils n'arrivent pas à reconnaître les émotions chez eux ni à les nommer, mais ils n'arrivent pas non plus à les nommer chez les autres. Ils pensent qu'eux, ils iraient très bien dans ce genre de situation. Ils n'arrivent pas à comprendre que toi, tu puisses le vivre différemment. On est toujours sur cette notion des deux angles, des points de vue différents sur un même événement.

L'intelligence émotionnelle s'apprend comme un muscle

Pour conclure, et c'est ça qu'il faut garder en tête aujourd'hui, ce n'est pas un trait de personnalité qui est figé, c'est quelque chose qui s'apprend. Ça peut se développer comme un muscle, comme si tu allais à la salle de sport. Et le schéma pour avancer dans cette intelligence va toujours de la même manière. D'abord, c'est apprendre et se documenter sur la conscience de soi. Tu peux aller sur internet, par exemple, trouver des dictionnaires qui expliquent les différents types d'émotions, et les apprendre pour apprendre à les nommer chez toi ou chez les autres. Une fois qu'on a pris conscience de soi, qu'on a un bon dictionnaire interne pour les nommer, ça va consister à réguler ses émotions. Là, je ressens de la colère, je ressens de la tristesse, je ressens de la jalousie, et je régule, j'attends que ça passe. Puis après ça, ce sera montrer de l'empathie vis-à-vis des autres. Puis c'est entrer dans des relations au sens large, amoureuses, amicales, professionnelles.

Deux partenaires qui ont une bonne intelligence émotionnelle vivent une toute autre vie qu'un couple où l'un des deux n'a pas ça. C'est une suite de frictions dans le couple, une suite de disputes, de problèmes, et ça peut te bouffer la vie juste parce que l'autre en face n'a pas compris ça.

Tu veux développer ton intelligence émotionnelle ou apprendre à vivre avec un partenaire qui en manque ? On peut avancer ensemble en coaching.

Questions fréquentes

L'intelligence émotionnelle est-elle figée ?

Non, ce n'est pas un trait de personnalité qui est figé, c'est quelque chose qui s'apprend. Ça peut se développer comme un muscle. C'est quelque chose qui s'apprend plutôt rapidement, même s'il y a certains comportements à rééduquer.

Quelle différence avec un pervers narcissique ?

On retrouve certaines caractéristiques communes, comme l'incapacité à se remettre en question. Mais le pervers narcissique, ce n'est pas qu'il manque d'ego, c'est qu'il se prend pour Dieu, une personne parfaite. Il ne peut pas avoir tort. Alors qu'une personne qui a une mauvaise intelligence émotionnelle est souvent une personne qui manque d'estime d'elle-même et qui n'arrivera pas à accepter de se remettre en question.

Quels sont les signes que mon partenaire peut évoluer ?

Le signal qu'il peut évoluer, premièrement, c'est qu'il va te dire « je réfléchis, je vois ce que tu veux dire ». Il peut aussi bouder, ne rien dire, et puis le lendemain arriver en s'excusant. Ça, c'est le signe que son intelligence émotionnelle est en construction. Le signe qu'il revient plus tard pour en parler, même s'il bloque au début, même si ça prend quelques semaines ou quelques mois, c'est bon signe.

Et les signes qu'il ne changera probablement jamais ?

Il se vexe toujours. Dans tous les cas, il va nier ton ressenti. Il va toujours s'énerver et il refuse d'entendre l'impact sur toi. Systématiquement, il bloque la discussion, il te fait culpabiliser et il inverse la faute. Et au bout de plusieurs semaines ou de plusieurs mois, on est encore là-dedans.

Tu te retrouves dans ces dynamiques ?

J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.

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