Une relation intime avec une personne évitante suit toujours les 12 mêmes étapes. Il y a toujours le même ordre : tu as au début un rapport qui est incroyable, et puis tout à coup ça devient froid, et puis ensuite il ne voudra plus du tout. Est-ce que tu as déjà vécu ça ? Quelqu'un qui en a autant voulu avec toi, puis de moins en moins, puis plus du tout. Tu étais juste dans l'une de ces étapes. Et alors que ta relation a démarré par du feu très probablement, ou par de la glace, la suite est exactement la même pour tous.
Au début, tu es la personne parfaite
Au début, c'est la personne qui est parfaite. Tu remarques même une forme d'intensité incroyable dans la connexion. Les gens décrivent ça en disant : on avait une alchimie dingue, folle, je n'ai jamais connu ça avant. Et considère bien une chose : le fait que ce soit aussi intense au début va participer à ce gigantesque malaise que tu vivras vers la fin de la relation.
Pour quelqu'un qui est évitant, quelqu'un pour qui l'amour, l'engagement, la connexion font peur, au début, tu es aussi la personne parfaite pour lui. Il n'y a pas d'attente, il n'y a pas d'engagement, et c'est pour ça que ça fonctionne aussi bien. Il n'y a pas d'enjeu, tout son système nerveux est détendu. Il est enfin amoureux, il ressent enfin des choses. Sauf que ce n'est pas que ça s'arrange avec toi, c'est juste qu'il n'y a pas d'attente, pas d'engagement. Ça, c'est le scénario le plus courant, on l'estime dans la littérature à peu près à 9 sur 10.
Dans ce début de relation, tu remarqueras que l'intimité est quasiment son seul langage. Les conversations profondes, tu n'en as pas des masses. Tu vas peut-être me dire : Antoine, il était capable de se confier. Mais pose-toi bien la question du contexte. Est-ce qu'il était sobre ou pas ? Parce que l'évitant peut aussi parler pendant des heures au moment où il est alcoolisé. Lorsque ça arrive, le verrou interne saute, et là tu as réellement accès à son intimité, à ses pensées les plus profondes. Sauf qu'il ne se confie que lorsqu'il a bu. Et le lendemain matin, le verrou se remet et tu ne vois plus du tout la même personne que la veille au soir. Remarque aussi que c'est souvent lui ou elle qui a l'initiative de l'acte intime. Ça, c'est la phase numéro une. Tu as enfin rencontré l'amour de ta vie. Tu t'enflammes tout autant que l'autre s'enflamme en face de toi.
Le glissement brutal : plus on s'engage, moins il y a d'intimité
Et puis tu vas arriver sur la phase suivante, qui est un glissement brutal. À ce moment-là, la relation devient réelle. Ça se passe super bien, tu as envie que ça avance. Tu vas parler de présenter ta famille, tes copains, de partir en vacances cet été, d'emménager ensemble. Pour toi, ça te paraît probablement banal de mettre une brosse à dents dans sa salle de bain ou de parler des prochaines vacances. Pour lui, pas du tout. Tu es en train de changer doucement de catégorie. Tu deviens la personne qui s'engage. Imagine-toi arrivé au bord d'une falaise : tu peux faire quelques pas pour t'approcher et regarder en bas, mais plus tu vas avancer, plus tu vas être stressé.
Et c'est là que tu entendras ton premier « pas ce soir ». Il va te dire, en se justifiant, qu'il est fatigué, qu'il est stressé, qu'il a eu une drôle de journée. Et si jamais tu prends tous ses prétextes un par un, ça tient la route. Pris un à un, c'est normal, et dans chaque couple on a ça. Sauf que si tu regardes d'un peu plus haut, c'est le schéma qui compte : ça devient une excuse récurrente. Vous aviez beaucoup plus d'intimité avant, il y en a beaucoup moins aujourd'hui. Plus on s'engage, moins il y a d'intimité. Et même quand ça se passe, tu as l'impression qu'il y a quelque chose de différent dans sa façon de te regarder, dans les mots qu'il dit ou dans les câlins qu'il y a après. Tu sens l'autre se détacher. Tu es comme spectateur, impuissant de changer quoi que ce soit. Si tu reconnais cette sensation, c'est le signal principal.
Les études parlent même de ça. Parfois, il peut même dire oui alors qu'il n'a pas envie. Les évitants rapportent avoir des rapports non désirés mais consentis, par sentiment d'obligation. Pour ne pas te décevoir, pour rester un peu dans le déni, ils vont se forcer un peu. On découvre dans une autre étude qu'ils ont aussi tendance à moins apprécier les relations intimes que ceux qui ne sont pas évitants, et qu'ils ont tendance à plus rechercher des relations courtes que les autres.
Tu cherches une solution et tu t'accuses
Pour toi qui as dit à Brenda, ta meilleure pote, à Julia, à Marc récemment, que c'était l'amour de ta vie, tu assistes à ce qui chute devant toi. Ce que tu vas faire, c'est que tu vas vite chercher une solution. Tu veux revenir à l'étape d'avant, celle où tout se passait bien. Tu vas, comme 100 % des gens qui sont avec des évitants, arriver à t'auto-accuser. Peut-être que tu vas dire : j'ai changé physiquement, j'ai pris 3 kg, il faut que je change ma couleur de cheveux, je ne lui plais plus. Et plus tu vas faire d'efforts, plus tu auras d'attentes, plus pour lui c'est le signe que tu l'aimes et que ça va créer cette fameuse connexion émotionnelle. Rappelle-toi de l'image de la falaise : ça se rapproche encore plus vite.
Un mot sur le cas particulier, peut-être 1 sur 10 : ceux qui ne s'embrasent jamais. Il y a ceux qui disent : moi, c'était l'inverse, dès le premier jour au lit, c'était plutôt froid. Il s'avère qu'un évitant a deux stratégies. La première, c'est celle qu'on vient de voir. Et la deuxième, c'est d'éviter les rapports intimes ou de les retarder dès le début. Parce que pour eux, même un seul acte intime est déjà, comme son nom l'indique, un acte d'intimité émotionnelle.
La chute : cortisol contre ocytocine
Il va arriver ce qui s'appelle la chute. Celle-ci, c'est celle que personne ne comprend. L'intimité, c'est souvent lié à trois choses : tu as des attentes, tu as de la réciprocité et tu as du laisser-aller, ce qu'on pourrait appeler la vulnérabilité. Chez toi, ça va déclencher de la dopamine et de l'ocytocine, l'hormone de l'attachement et l'hormone du bonheur. Chez l'évitant, ça va déclencher autre chose : une décharge de cortisol, l'hormone du stress. Et le cortisol court-circuite l'excitation.
Le matin, c'est le moment où ton corps est le plus détendu. Il y a zéro cortisol dans le corps d'un homme au réveil. Maintenant, mets un homme sous pression, ou une femme, dans son travail, face à des mauvaises nouvelles : là, tu auras l'hormone du stress. Quand tu stresses, il n'y a pas d'excitation. Et c'est ce qui fait que chez certains hommes, tout d'un coup, tu auras une panne au lit. Parce que l'idée de se connecter émotionnellement à toi au lit les fait stresser. Chez certaines femmes, il n'y a juste plus envie. De manière globale, le couple se passe bien, même si ça ressemble au bout d'un moment un peu à de la colocation plus qu'à un couple. Tu te dis que c'est juste temporaire.
Le lit froid et l'addiction du casino
À ce moment-là, pour toi, c'est une addiction digne de celle d'un casino. Une personne avec qui c'était très chaud, puis froid, puis ça revient, puis c'est froid : on parle de renforcement intermittent. C'est exactement ce qui fait qu'on reste addict à des jeux de hasard. Et au moment où ça refonctionne, tu l'as tellement attendu, tu as tellement espéré que ça marche, tu te dis : ça y est, ça repart. Mais ce sommet d'excitation n'est haut que de manière relative, par rapport au bas qu'il y a eu juste avant.
L'étape que vous avez tous connue à 100 %, c'est le lit froid. Là, ça devient très long. Ça devient des jours et des jours, parfois des semaines. Et tu as même l'impression que le seul moment où vous le faites, c'est lorsque l'autre se force. Tu te sens un peu comme un colocataire dans ce couple, tu espères que ça va revenir comme avant. Et lui, dans sa tête, ne semble pas considérer que le problème puisse venir de lui. Le problème, c'est toi. Parce que s'il devait regarder à l'intérieur, il devrait comprendre qu'il y a un verrou. Ce même verrou qui fait qu'il cache l'intérieur.
Deux études complémentaires à ce sujet. Les évitants sont associés de façon constante à une préférence pour les plaisirs solitaires. Forcément, quand on le fait tout seul, il y a moins d'intimité, on doit moins se confronter à l'amour de l'autre et on peut être safe. Ils évitent le problème, ils le contournent, ils n'ont pas à s'engager, ils peuvent éviter l'intimité et se satisfaire.
Si tu te reconnais dans ces étapes et que tu veux comprendre où tu en es dans ta relation, tu peux réserver une séance de coaching avec moi.
Après la rupture : le retour de l'ex fantôme
La fin va diverger. Il y a deux possibilités. Soit ils vont recommencer exactement la même chose avec une prochaine personne. Après t'avoir accusé que c'est toi le problème, ils vont recommencer exactement le même schéma avec quelqu'un d'autre. Et là, tu as cette surprise de voir que dans leur vie, tout se passe bien. Au moment où ils quittent la relation, tout leur corps s'apaise à nouveau. Son système se détend enfin après des mois de stress. Donc il va recommencer le même type de relation, sans aucune remise en question, sans avoir rien appris. Et la preuve pour eux, c'est que dans l'intimité avec quelqu'un d'autre, ça se passe bien. Donc c'était forcément toi, le problème. Sauf que si ça se passe bien avec la nouvelle personne, c'est juste qu'il n'y a pas cette intimité émotionnelle. Ils ne sont pas très connectés pour le moment, donc leur corps est détendu.
Est-ce que ces personnes reviennent ? Je préfère te donner un exemple. Admettons que John et Mélissa se soient séparés en janvier. John, qui est évitant, part super heureux. Mélissa, elle, est détruite. Peu de temps après, John rencontre une autre femme, Chloé. Malheureusement, il va revivre exactement le même scénario : très fort au début, et puis la chute. Il finit par quitter également Chloé. Et puis un soir, en octobre, il entend une chanson liée à Mélissa. Tout d'un coup, il a comme une espèce de chagrin et il y a tout qui remonte. Parce que pour rappel, John n'a jamais rien résolu là-dedans. Il se contente de tout mettre sous le tapis, et sous le tapis, il commence à y avoir un paquet. Il va lui envoyer un petit message. Mélissa va s'emballer : ça y est, mon John revient. La réalité, ce n'est pas qu'il réalise et qu'il regrette. C'est juste qu'il se détache de sa relation d'après, et comme il n'a rien traité, des fois ça ressort. Toi tu vas t'enflammer, tu vas y retourner. En fait, il n'y a rien derrière.
Ce qui est prouvé, c'est que les évitants idéalisent un ex. On appelle même ça parfois dans les revues psychologiques l'ex fantôme. La réalité, c'est que certains reviennent, d'autres ne reviennent pas. Comprends bien que s'il revient, ça ne dit rien sur toi, sur ton potentiel d'attraction. Ce n'est pas un « je réalise que je t'aime » lorsqu'il revient, c'est plutôt un « mon système n'arrive plus à se réguler, je dois revenir vers toi ».
Une seconde chance, à trois conditions
Est-ce que ça peut quand même devenir une seconde chance ? Bien évidemment que oui, mais à trois conditions. Un, il faut qu'il reconnaisse que le souci est en lui et non pas dans le couple. C'est ultra dur. Deuxièmement, il faut y aller doucement, pour toi et pour l'évitant. Et troisièmement, il faut aussi que tu mettes des limites pour toi, pour te protéger. Il y a des choses que tu peux vivre, d'autres choses que tu ne veux plus vivre. Et il y a, j'insiste dessus, une grosse différence entre comprendre et excuser. Tu peux tout à fait tout comprendre sans pour autant tout pardonner de manière aveugle. Et si toutes ces conditions sont réunies, alors il peut enfin apprendre, quel que soit son âge, qu'il ait 20 ans, 50 ans ou 80 ans, que l'intimité n'est pas une menace. Il comprendra que même si on est très amoureux, on peut quand même partir.
Questions fréquentes
Pourquoi était-ce si intense au début avec mon partenaire évitant ?
Au début, il n'y a pas d'attente, il n'y a pas d'engagement, et c'est pour ça que ça fonctionne aussi bien. Il n'y a pas d'enjeu, tout son système nerveux est détendu. C'est le scénario le plus courant, estimé dans la littérature à peu près à 9 sur 10.
Pourquoi n'a-t-il plus envie alors que le couple se passe bien ?
L'intimité, c'est lié aux attentes, à la réciprocité et au laisser-aller. Chez toi, ça déclenche dopamine et ocytocine. Chez l'évitant, ça déclenche une décharge de cortisol, l'hormone du stress, et le cortisol court-circuite l'excitation. L'idée de se connecter émotionnellement à toi au lit le fait stresser.
Mon ex évitant m'a recontacté : est-ce qu'il regrette ?
Ce n'est pas un « je réalise que je t'aime » lorsqu'il revient, c'est plutôt un « mon système n'arrive plus à se réguler, je dois revenir vers toi ». Il se détache de sa relation d'après, et comme il n'a rien traité, des fois ça ressort et tu reçois un petit message. S'il revient, ça ne dit rien sur toi ni sur votre relation.
Est-ce qu'un évitant peut changer dans l'intimité ?
Oui, mais à trois conditions : il doit reconnaître que le souci est en lui et non pas dans le couple, il faut y aller doucement, et il faut que tu mettes des limites pour te protéger. Si ces conditions sont réunies, il peut enfin apprendre, quel que soit son âge, que l'intimité n'est pas une menace.
Tu te retrouves dans ces dynamiques ?
J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.
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