Pourquoi on se met en couple à 50 ans ? Si tu as 20 ans aujourd'hui, pour toi la question n'a pas de sens. L'amour, le couple, c'est une évidence. Peut-être parce que tu as des besoins physiologiques gigantesques et qu'il faut y aller. Peut-être parce que tu as envie d'avoir une famille, peut-être parce que tu as envie d'acheter une maison. À 20 ans, tu n'as pas la question du pourquoi. À 50 ans, tu l'as.
Certains de mes amis m'ont dit : « Antoine, repose-toi. Tu as déjà des enfants, tu as déjà construit, tu as une société. Amuse-toi. » Il y a des chances qu'entre 45 et 60 ans, tes amis t'aient dit la même chose devant un verre de margarita : « Mais profite, ma Béatrice, amuse-toi. Qu'est-ce que tu te compliques la vie ? C'est bon, ta vie elle est faite. » Et une partie d'eux n'a pas tort au final : on a déjà été marié, peut-être même plusieurs fois. Tu as déjà eu la maison, le chien, les gamins.
On se pose souvent la question de qui, mais jamais du pourquoi
On se pose souvent la question de qui, mais en fait jamais du pourquoi. Et tu es peut-être ici à vouloir comprendre, peut-être aussi parce que tu aimerais vibrer, tu aimerais être amoureux, amoureuse comme tu ne l'as jamais été de toute ta vie. Si tu ne te poses pas la question du pourquoi, il y a de fortes chances que tu ne rencontres pas cet amour qui te fasse vibrer comme un dingue. Cette question n'a pas une réponse unique, elle en a sept. Certaines te concernent, d'autres pas du tout. On va les passer une par une au crible.
Commençons par ces vidéos qui m'exaspèrent : on te conseille de rencontrer une personne saine, gentille, aimante, qui facilite ton quotidien, qui soit toujours là, et finalement ce qu'on décrit, c'est un golden retriever ou un prestataire, ce n'est pas un être humain. Toi, tu dis : mes plus belles histoires, ce n'était pas forcément les plus saines, ni celles qui m'ont le plus rendu de services. Et tu n'as peut-être même pas à faire cette dichotomie, entre le Jean-Pierre sain, gentil, toujours à la maison mais qui ne t'excite pas, et Marco barman au Club Med, clairement toxique mais qui te fait rire. Il n'y a pas que deux cases.
Hypothèse 1 : parce que le couple est utile
Historiquement, il faut le reconnaître, il y a quelque chose de vrai. Quand ta grand-mère te donne ce conseil, il y a même quelque chose de sage. Quand ton psychologue te dit « trouve-toi quelqu'un de sain, de calme, d'apaisé, c'est ça le vrai amour », il y a quelque chose de normal là-dedans. Mais ce n'est peut-être pas là-dedans que tu vas vibrer. Il y a quelque chose qui est de l'ordre de l'utilité. Le mariage était utile. Rappelle-toi des temps les plus anciens : on crevait de froid dans un champ. Il fallait se regrouper à deux, ne serait-ce que pour se tenir chaud l'hiver, pour pouvoir s'occuper de la maison, des champs, des enfants, des animaux. C'était obligatoire.
Sauf que certains d'entre vous n'ont pas besoin de services en réalité. Tu as peut-être déjà un travail qui te suffit pour payer ton logement, de quoi partir en vacances. Tu n'as peut-être pas besoin d'un homme qui vient payer des choses pour toi, ni d'une femme qui te rende 300 000 services. Tu as peut-être de la famille qui est là pour t'aider, des amis. Donc dans cette hypothèse 1, ça peut n'être qu'une partie de l'équation. Je te laisse prendre une feuille pour noter à quel pourcentage tu es dedans. On l'a tous au moins un peu, voire beaucoup pour certains.
Hypothèse 2 : parce que ton corps le réclame
L'hypothèse 2 est beaucoup plus simple que la 1. C'est parce que ton corps le réclame, parce que tu as des hormones. Oui, pour les jeunes qui ont 19 ans aujourd'hui : un vieux, une vieille de 50 ans a encore de la libido. Et au-delà de ça, il y a l'ocytocine. Dans une étude, il y a une menace de choc électrique : le partenaire prend la main, et à partir de ce moment-là, le partenaire qui était stressé, ça s'apaise de manière indéniable. C'est le moment où tu prends l'autre dans les bras, quand tu le retrouves dans la rue, quand vous vous collez l'un contre l'autre dans le lit.
Alors si tu es asperger comme moi, tu n'as peut-être pas ce besoin de contact gigantesque. Quelqu'un qui me pose la main plus de 3 secondes sur le bras, ce serait l'inverse du choc électrique : je préférerais le choc électrique. C'est quelque chose qui varie d'une personne à l'autre, et ta libido évolue avec l'âge. Et puis qu'on se mette d'accord : pour réguler de l'ocytocine, tu peux aussi prendre tes potes dans les bras. Peut-être que ça ne marchera pas autant, mais ça fera de l'effet. Donc pour cette hypothèse 2 : si tu es déjà accompagné, si tu as des copains, ton besoin est peut-être plus faible. Ou peut-être que toi, c'est un besoin gigantesque : si tu ne t'endors pas dans les bras de quelqu'un la nuit, tu deviens fou, il te faut ça.
Hypothèse 3 : parce que tu rejoues tes scénarios d'enfance
Si tu vas voir ton psy et que tu lui demandes pourquoi je suis en couple, il ne te parlera ni de l'hypothèse 1 ni de l'hypothèse 2. Ton psy va te dire : « Vous êtes en train, madame, de rejouer vos scénarios d'enfance. Vous avez trouvé quelqu'un qui ressemble à vos figures d'enfance. » Le nez du père, les oreilles de la grand-mère, le caractère de tes parents. Tu vas chercher aujourd'hui, par miroir ou par miroir inversé, chacune de ces caractéristiques, et tu vas rejouer la scène pour la finir autrement. Tu as forcément un système d'attachement, anxieux, évitant, équilibré ou désorganisé, et tu vas chercher des partenaires qui viennent s'emboîter dans le profil.
Sauf que nous n'avons plus 20 ans aujourd'hui. Nous n'avons même plus 30 ans probablement. Et il y a une étude phénoménale qui montre que vers 40, 50 ans, il y a un déclin des problèmes d'attachement. Si tu étais évitant, tu le seras moins à 50 ans. Si tu étais anxieux, tu le seras moins. Tu t'étais détesté toute ta vie, tu finis par te dire à 50 ans : finalement je suis un chic type, j'aime bien passer du temps avec moi tout seul, je n'ai pas besoin que l'autre vienne combler mes propres névroses internes. Ce n'est pas réduit à zéro bien évidemment, mais la courbe des problèmes est en décroissance. Et ça, c'est l'avantage de vieillir.
Hypothèse 4 : parce que l'autre est le seul miroir dont tu disposes
L'être humain n'a pas accès à son intériorité. Tu comprends ce qu'il y a dedans grâce à l'extérieur. Tes propres limites sont découvertes grâce à l'autre. Je vais te lire une phrase magnifique qu'on m'a envoyée : « Lui que je ne veux pas être ou que je désire être pour partie. Lui, qu'est-ce qu'il a révélé de mon désir et que je ne voulais pas connaître ? Lui, pourquoi est-il capable de me faire aller si loin vers ce que je croyais étranger à moi-même et que je dissimulais sous l'hypocrite voie de la morale ou de la réprobation factice ? »
La seule façon pour un être humain d'avoir son propre reflet, c'est l'autre. Tes amis peuvent te renvoyer une partie de toi, mais c'est une version bienveillante. C'est un peu comme si tu parles à une intelligence artificielle : elle te renvoie la version gentille, sans te contredire, de ce que tu es. Le couple sera un lieu différent. C'est un lieu où on vient creuser en toi, sur tes failles, sur tes fragilités, sur tes envies. La plupart des crises de couple sont des révélations sur toi. C'est ce qui fait que tu sors grandi de chaque relation, de chaque rupture.
Un ami m'a dit : « Je devais aller dans ces relations toxiques pour comprendre ce qu'il y avait en moi, pour savoir qui j'étais. Et au fur et à mesure que je grandis, que je résous et que je peux enfin avoir la vision sur l'intérieur de moi-même, alors je vais vers des relations moins toxiques, et j'arrive vers des gens bienveillants qui me méritent. »
Hypothèses 5 et 6 : t'agrandir, et fabriquer du sens
Hypothèse numéro 5 : pour t'agrandir. L'expansion, ça peut être le fait de créer à deux un projet, de l'art, un voyage, une œuvre, peut-être même d'avoir une maison ensemble, une famille recomposée, qu'importe. Être à deux, ce n'est pas 1 + 1 = 2, c'est 1 + 1 = 3. Il y a beaucoup plus de choses à deux que ce qu'on aurait tout seul.
L'hypothèse numéro 6, c'est pour fabriquer du sens. Imaginons que tu ailles au cinéma ce soir voir un film de 2 h 50. C'est long. Imagine maintenant que je te dise : choisis-moi un film qui va durer 30 ans. Tu vas être assis dans cette salle 30 ans. Tu réfléchirais quelque temps avant de savoir quelle porte tu vas ouvrir. En amour, non. En amour, on y va. On se dit : tiens, ce mec me fait rire. Waouh, ce barman a l'air dangereux, je vais y aller. Et tu feras ensuite 30 ans avec cette personne.
Un ami me dit gentiment : « Antoine, toi tu ne fais qu'expliquer des problèmes de couple, alors que toutes les autres personnes citées donnent un sens à ta vie. » Un peu comme un ingénieur ne ferait que regarder les molécules, alors que si on ouvre les yeux, on a la beauté de la vie. Donc oui, la psychologie dans un couple, mais au-delà, il y a le sens, il y a l'histoire. Lorsqu'on te dit : est-ce qu'il répond vite à tes SMS, dans ce cas il est sain ? J'ai envie de te dire que c'est peut-être accessoire par rapport à tout ce qu'il va déclencher comme sens. Mais le sens peut aussi se fabriquer différemment : une mission, un métier, l'écriture d'un livre, un voyage.
Hypothèse 7 : parce qu'on t'a dit de le faire
Hypothèse numéro 7, je vais la balayer rapidement, mais j'aimerais quand même qu'elle soit dans nos têtes. Parce qu'on t'a dit de le faire. Parce que tous les films de Disney, parce que toutes les comédies romantiques parlent de ça, parce que tes parents étaient dedans, tu dois le faire. Tu te dis : je suis obligé, je n'ai pas le choix. La réalité, c'est que tu as le choix. Tu peux même te demander : est-ce que je suis en couple juste parce que c'est un message répété des dizaines de milliers de fois, ou est-ce que j'ai vraiment envie de ça dans ma vie ? À noter que cette injonction est probablement moins présente à 50 ans qu'à 20.
L'hypothèse 8, celle que tu ne trouveras dans aucun livre
Dans les sept hypothèses qu'on a vues, certaines ne te parlent pas, d'autres sont minimes, d'autres sont gigantesques. Et elles sont différentes entre toi et ton meilleur ami. Vous pensez être pareils : si on faisait un graphique en barres, vous n'auriez pas le même graphique.
Et l'hypothèse 8, celle que tu ne trouveras jamais dans aucun livre, c'est que parfois tu voulais rester seul et tu rencontres quelqu'un. Tu te dis : ok, je veux rester célibataire, et tu rencontres cette personne, et c'est comme une évidence. Un peu comme quand tu prends un ascenseur : tu vois quelqu'un et tu te dis, lui, c'est sûr qu'on serait potes. De la même manière, tu vas dans une soirée, on te présente quelqu'un et tu te dis : mais c'est une évidence, c'est cette personne-là. Et cette personne ne te donne pas envie du couple, du concept du couple. Ce qu'elle te donne envie, c'est d'être avec elle.
Tu n'as pas rencontré tous les amours de ta vie. Tu en as rencontré une partie. Tous les autres, ils arrivent, ils sont dans la suite.
Si tu veux vraiment vibrer, avoir du sens, et te retrouver encore plus amoureux aujourd'hui que ce que tu l'as été à 20 ans, c'est exactement ce qu'on travaille en coaching. Des clients me disent ça à 40, à 50 ans, j'ai même une cliente qui a 87 ans.
Questions fréquentes
Pourquoi se remettre en couple à 50 ans ?
Il n'y a pas une réponse unique, il y en a sept : parce que c'est utile, parce que ton corps le réclame, parce que tu rejoues tes scénarios d'enfance, pour te découvrir, pour t'agrandir, pour fabriquer du sens, ou simplement parce qu'on t'a dit de le faire. Certaines te concernent, d'autres pas du tout. Si tu ne te poses pas la question du pourquoi, il y a de fortes chances que tu ne rencontres pas cet amour qui te fasse vibrer comme un dingue.
Faut-il choisir quelqu'un de sain ou quelqu'un qui fait vibrer ?
Tu n'as peut-être même pas à faire cette dichotomie. Entre le Jean-Pierre sain, gentil, toujours à la maison mais qui ne t'excite pas, et Marco barman au Club Med, clairement toxique mais qui te fait rire, il n'y a pas que deux cases. Quand on te conseille une personne saine, gentille, aimante, qui facilite ton quotidien, on décrit un golden retriever ou un prestataire, pas un être humain.
Les problèmes d'attachement diminuent-ils avec l'âge ?
Il y a une étude phénoménale qui montre que vers 40, 50 ans, il y a un déclin des problèmes d'attachement. Si tu étais évitant, tu le seras moins. Si tu étais anxieux, tu le seras moins. Ce n'est pas réduit à zéro, mais la courbe des problèmes est en décroissance. C'est l'avantage de vieillir.
Peut-on rester célibataire à 50 ans et être heureux ?
Oui. Tu n'es pas obligé d'être dans un couple comme on te le rabâche depuis que tu es tout petit. Tu peux tout à fait envisager, de manière extrêmement saine, d'être une personne célibataire, qui a des relations temporaires, ou même qui n'a personne et qui est extrêmement heureuse. Cette injonction au couple est d'ailleurs probablement moins présente à 50 ans qu'à 20.
Tu te retrouves dans ces dynamiques ?
J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.
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