Si on veut être parfaitement honnête, il y avait des signaux que tu aurais pu repérer. Des signaux qu'on appelle des signaux faibles. Un peu comme dans un sous-marin : tu as ton casque sur les oreilles, tu peux entendre les bateaux ennemis arriver si tu écoutes bien. Par défaut, ces signaux, tu ne les aurais pas vus. C'est peut-être d'ailleurs ce qui s'est passé. Sauf qu'en réalité, tu avais tous les indices que cette personne en face de toi était toxique. Peut-être même qu'elle était perverse narcissique. J'en ai recensé sept pour vous aujourd'hui, et je vais commencer par le premier, qui est peut-être le plus surprenant.

Sa manière de conduire une voiture

Celui-ci, tu ne l'as pas vu arriver. C'est quelque chose qui a en plus des sources psychologiques. En gros, il y a une trentaine d'études qui montrent qu'il y a un lien entre les traits narcissiques et une conduite qui pourrait être agressive, ou encore des rages au volant parfois incompréhensibles, ou le fait d'aller plus vite, ou le fait de faire des infractions. Certaines études vont dire que c'est parce qu'ils ne se sentent pas observés directement lorsqu'ils regardent la route : ils oublient que nous, on les regarde en train de devenir fous. Peut-être aussi qu'ils se pensent impunissables au volant.

Comment il parle des gens absents

Peut-être que tu n'as pas eu le premier signal, mais le deuxième, tu l'as forcément eu. Comment est-ce qu'il parle des gens qui sont absents ? Tu vas remarquer qu'au début, il ne te critique pas toi, pas du tout. En réalité, il va dire par exemple que toutes ses ex étaient tordues. Peut-être même que toutes ses ex étaient perverses narcissiques. Peut-être qu'il va parler de sa famille en disant qu'il y a eu des problèmes, de ses amis, et qu'on se mette d'accord : il n'a pas de potes, il n'a que des relations utiles. Il va les définir comme étant faibles parfois, d'autres fois comme des victimes de la vie. D'autres fois, il va dire qu'ils sont nuls ou qu'ils sont méchants, dans une forme de paranoïa, comme si tout le monde lui en voulait. Il y a une seule personne qui a toujours raison, une seule personne qui est toujours juste, et c'est lui, en face de toi. Et il faut que tu réalises que la manière dont il parle des autres sera bien évidemment la manière dont il parlera de toi d'ici très peu de temps.

L'intolérance aux micro-frustrations

Le troisième signal sur sept, c'est une forme d'intolérance à des micro-frustrations. Des choses que toi, dans l'absolu, tu vis peut-être au quotidien, mais ça ne te fait rien. Pour personne ce ne serait un souci. Sauf que lui, ça va venir déclencher une colère. Alors pas une grosse colère, mais sa réaction sera disproportionnée par rapport à ce qui se passe. Par exemple, vous allez au restaurant et la table précise qu'il souhaite n'est pas disponible. Ou encore, quelqu'un dans une soirée va oublier son prénom. Toi, tu te dirais : bah, ce n'est pas grave, ça arrive, c'est la vie. Pour lui, pas du tout, c'est un affront. Ou encore, on ne lui demande pas ce qu'il fait dans la vie. Si toi ça t'arrivait, tu ne t'en rendrais quasiment même pas compte. Lui, ça va le rendre complètement froid, et probablement qu'il va bouder, ou encore il va t'en parler. Et tu seras tenté, bien évidemment, de lui dire : écoute, il faut relativiser, ce n'est pas si grave a priori. Il y a des gens qui meurent de faim, il y a peut-être une guerre qui va se déclarer quelque part sur la planète. Ce qui est arrivé là, ça va. Dans ce cas-là, tu vas devenir l'ennemi. Tu es cette personne qui ne le comprend pas. Tu es peut-être même du côté des autres, parce que tu deviens contre lui.

Il t'avertit dès le début

Le quatrième signal est très intéressant, peut-être même le plus intéressant de toute cette liste. Cette personne va t'avertir. Il va y avoir certaines phrases qui vont te dire exactement ce que tu vas vivre à ses côtés, et ceci dès le début de la relation. Par exemple, il va te dire : « Je ne suis pas quelqu'un de bien. » Tu vas penser qu'il rigole, qu'évidemment, on a tous des défauts. Non, c'était vrai. Il te prévenait pour la suite. Ou encore, il va te dire « tu vas le regretter », ou « il y a quelque chose qui ne va pas chez moi », ou encore « j'ai traumatisé tous mes ex ». La phrase peut varier, mais le principe reste toujours le même : il te prévient de ce qui va se passer. On pourrait penser que c'est une forme de réalisme, qu'il prend conscience de qui il est derrière son masque. En réalité, non. C'est juste un test. C'est un test pour savoir si tu vas l'accepter. Si par exemple tu prends ça à la rigolade, ça signifiera par la suite que tu lui donnes le feu vert pour qu'il puisse devenir comme ça. Il pourrait te dire : « Je t'avais prévenu dès le début. » Peut-être aussi que c'est comme un psychopathe, comme un monstre qui te dit exactement ce que tu vas vivre, comme ces tueurs en série qui laissent des indices pour qu'on les retrouve. Je vous donne quelques indices pour que vous sachiez qui je suis.

Le monologue, puis la crise du soir et le calme du matin

Le cinquième point, c'est une conversation qui n'en est pas une. Ça va vite tourner au monologue. Au début de la relation, admettons que tu l'aies rencontré sur un site de rencontre ou qu'on te l'ait présenté dans une soirée, tu as l'impression que ça va, un peu chacun son tour de parler. Et puis au fil des phrases, si c'était 50-50 au début, ça va devenir 60-40 pour lui, puis 80-20, 90-10, et à la fin c'est 99 % du temps lui qui parle et 1 % toi. Tu te dis : ça y est, j'ai enfin trouvé un homme qui est loquace, ou cette femme-là semble être à l'aise avec moi, elle peut se confier. Mais tout à coup, tu as comme un drôle de goût dans la bouche. Tu n'arrives pas à en placer une. Parfois, tu essayes d'insister un peu, de dire un peu plus fort que tu aimerais prendre ton tour dans la conversation. C'est le principe d'un dialogue, on est censé être deux à parler. Mais tu n'y arrives pas, parce qu'en réalité, ta vie ne l'intéresse pas. On parle de lui avant tout. C'est une personne qui est narcissique.

Le sixième point, c'est ce qu'on pourrait nommer la crise du soir et le calme le matin. Le soir, par exemple, il peut venir casser, exploser, te critiquer, t'insulter. Et le lendemain, tu vois un autre homme arriver, très gentil, enjoué. Il te prend dans les bras, il t'embrasse comme si de rien n'était. Si jamais tu en parles, il va te dire que tu te rappelles mal ce qui s'est passé la veille, que ce n'était pas si grave, que tu dramatises, que tu es trop sensible, qu'il n'y a aucun problème. Et le vrai souci de ce genre de profil, c'est que ce n'est pas mauvais 100 % du temps. Ça va être alternativement très chouette d'être avec eux, puis très négatif. Et ça recommence. Les choses bien viennent agir comme une gomme sur les choses mal qu'il va faire.

La farandole d'excuses et la ligne imaginaire

Septième point, très surprenant, que tu vois aussi dès le début : une farandole d'excuses. Beaucoup de gens pensent qu'un pervers narcissique ne s'excuse jamais. En réalité, ils peuvent le faire, et là, ça va dépendre de la personne que tu as en face de toi. Certains s'excusent très bien. Mauvais comportement numéro 1, il s'excuse. Mauvais comportement numéro 2, il va s'excuser encore mieux. En réalité, le vrai signal, ce n'est pas l'absence d'excuse, c'est qu'il te fait souffrir, il s'excuse et il recommence exactement de la même manière le lendemain. Ce qui signifie que ce n'est pas par empathie qu'il s'est excusé, c'était juste pour faire passer la pilule et pour pouvoir recommencer encore plus fort juste après. En espérant bien sûr que toi, tu y croies.

J'ai rajouté un bonus pour ceux qui sont les plus pros dans la détection des pervers narcissiques. Il y a quelque chose qu'on pourrait appeler la ligne imaginaire. Imagine une ligne. Tout ce qui est au-dessus de cette ligne, ce sont les gens idéalisés. Ce sont des ressources potentielles. C'est par exemple un chef influent à son travail : il peut obtenir quelque chose de lui. Ça peut être un ami qui a un job prestigieux : il pourrait utiliser son réseau de connaissances, il pourrait utiliser son argent. Au-dessus de cette ligne, c'est tout ce qu'il peut acquérir, voler, récupérer, ou dont il peut se servir comme ressource. Et puis il y a tous ceux qui sont en dessous. Ceux qui sont en dessous, malheureusement, ce sont les gueux, les méprisables. Il a déjà pillé toutes leurs ressources, leur gentillesse, leur argent, leur patience, leur temps, leur cerveau. Il a déjà fait son travail, ils ne servent plus à rien.

Et tu verras qu'il y a même des questions, au tout début du couple, où il va venir chercher ton utilité. Il te pose des questions, ce n'est pas pour te connaître, il n'en a rien à faire. Il veut juste savoir ce que tu as à apporter, ce que tu possèdes de chouette, de beau, qu'il peut venir piétiner. Est-ce que tu as des amis sympas qu'il peut s'approprier, qu'il peut détruire ? Est-ce que tu as de l'argent ? Est-ce qu'il y a du wifi gratuit chez toi ? Des fois, c'est aussi simple que ça. Est-ce que tu peux lui faire du café gratuitement ? Est-ce que tu es une personne gentille qu'il peut venir bousiller ? Et quand il te pose des questions sur toi, c'est également pour pouvoir s'en servir par la suite. Il va feindre une enfance très compliquée de sa part pour que tu puisses toi aussi raconter ton enfance. Ah tiens, c'est marrant, ton père te maltraitait ? Il le note dans son cahier mental, des fois même sur un vrai cahier. Je peux venir taper sur sa faille de la douleur liée à son père. Tu confies que tu manques de confiance en toi ? Très intéressant. Tu remarqueras que quoi que tu dises, il va s'en servir quelques jours après pour voir si la douleur est là.

Tu doutes de la personne que tu viens de rencontrer et tu veux y voir clair avant de t'engager davantage ? Je peux t'aider à faire le tri en coaching.

Questions fréquentes

Un pervers narcissique peut-il s'excuser ?

Oui, contrairement à ce que beaucoup pensent, certains s'excusent très bien. Le vrai signal, ce n'est pas l'absence d'excuse : c'est qu'il te fait souffrir, il s'excuse et il recommence exactement de la même manière le lendemain. Ce n'est pas par empathie, c'est juste pour faire passer la pilule.

Pourquoi dit-il « je ne suis pas quelqu'un de bien » au début ?

Ce n'est pas du réalisme ni une prise de conscience derrière son masque, c'est un test pour savoir si tu vas l'accepter. Si tu prends ça à la rigolade, tu lui donnes le feu vert pour qu'il puisse devenir comme ça. Il pourra te dire ensuite : je t'avais prévenu dès le début.

La conduite agressive est-elle vraiment un signal ?

Une trentaine d'études montrent un lien entre les traits narcissiques et une conduite agressive : rages au volant incompréhensibles, vitesse, infractions. Certaines études expliquent que ces personnes ne se sentent pas observées lorsqu'elles regardent la route, ou se pensent impunissables au volant.

C'est quoi, la ligne imaginaire ?

Au-dessus de la ligne, les gens idéalisés : tout ce qu'il peut acquérir, voler, récupérer ou utiliser comme ressource. En dessous, les gueux, les méprisables : ceux dont il a déjà pillé la gentillesse, l'argent, la patience, le temps, et qui ne servent plus à rien à ses yeux.

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J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.

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