Le sujet du jour, c'est : quand ton partenaire ne veut pas progresser, c'est qu'il le fait exprès. J'assiste depuis 2026 à quelque chose qui est inédit en coaching, en psychologie. Il y a deux types de couples. Il y a les couples qui cartonnent, on parle parfois des power couples, qui avancent ensemble : tu as l'impression qu'ils sont la main dans la main dans cette course, ils avancent, ils comprennent tout. Et tu as ceux qui n'avancent pas. Dans ceux qui n'avancent pas, ce n'est pas que les deux sont coincés sur la ligne de départ, c'est souvent que l'un des deux ne fait rien. Tu as beau le tirer par la main, il n'a pas envie d'avancer, ça ne bougera pas.
Ce qui est inédit, c'est qu'il y a seulement dix ans de ça, ce n'était pas le cas. Les êtres humains n'étaient ni en train de cartonner, d'être heureux, de tout comprendre et de résoudre leurs problèmes ensemble, ni d'être nuls. C'était dans la zone grise. Cette zone grise, c'était : on essaie de faire à peu près au mieux, on a tous des problèmes plus ou moins gros et on va vivre avec ça parce qu'on ne sait pas comment faire pour le résoudre.
Avant, l'information était réservée à une élite
Pour que tu comprennes ça, il faut que tu m'imagines quand j'avais 23 ans avec ma vieille AX Citroën. Quand je voulais avoir des informations sur la psychologie, je devais rouler de mon petit village jusqu'à la Fnac et chercher dans les rayons. Dans tout le magasin, tu avais des romans à perte de vue, des DVD partout. Le rayon psychologie, lui, était minuscule. Ça coûtait de l'argent : tu payais 18 balles à l'époque, j'en avais pour 100 €, j'avais 23 ans, ça me faisait une fortune. C'était un circuit où seuls les plus motivés pouvaient avoir accès à la psychologie, ou ceux qui faisaient des études en y passant des années. C'était réservé à une forme d'élite.
Les couples étaient merdiques. Ce n'est pas qu'on s'en satisfaisait, c'est qu'on n'avait pas le choix, il n'y avait que ça. Ouais, mon couple est merdique, mais en fait Chantal et Jean-Luc à côté, tes voisins de palier ou la maison en bas de la rue, tout le monde était aussi nul l'un que l'autre.
Aujourd'hui, ce n'est plus le cas. Aujourd'hui, tu ouvres YouTube, quel que soit ton problème, quoi que tu vives dans ton couple, tu as des informations faites non pas par un prof de fac de psychologie, mais par la personne la plus experte dans ce domaine, la meilleure personne au monde, qui te fait un exposé dessus pour que tu comprennes de quoi il s'agit. Depuis ton canapé, tu as accès à une conférence meilleure que celle des amphithéâtres. Et tu as aussi la version plus flemmarde : ta femme te reproche quelque chose, tu vois un TikTok, tu t'arrêtes juste trois secondes de plus dessus, compte un, deux, trois, et toutes les vidéos d'après, le réseau va t'en servir encore et encore sur le sujet. Tu n'as même pas eu à bouger tes fesses, tu n'as même pas eu l'intention, et ce réseau va t'abreuver de réponses. Même ta mère est capable aujourd'hui de parler à une intelligence artificielle : il y a un bouton en plein milieu de son smartphone, elle pose la question, elle a la réponse.
C'est ce qui fait qu'en 2026, l'accès à l'information est partout, mondial. La seule chose qui peut bloquer quelqu'un, c'est de ne pas vouloir. Ton mari, sur le canapé à la maison, si ça ne bouge pas, c'est qu'il lutte activement pour ne pas choper cette information. Il ne veut pas, ou alors mentalement il ne peut pas, et c'est encore un autre sujet.
On ne se quitte pas parce qu'on ne s'aime plus
Qu'on se mette d'accord : la décision de bouger de l'autre, c'est ça qui va créer ton envie de rupture. On ne se quitte pas parce qu'on ne s'aime plus. On ne se quitte pas parce que le lave-vaisselle est mal rangé. La raison pour laquelle on se quitte, c'est parce que je pense, avec tout ce que j'observe de toi, que tu n'évolueras pas. C'est ça qui va déclencher le reste. Si j'avais l'espoir que tu changes au bout de quelques années, je resterais. Parce que là, j'ai suffisamment de confirmations, par centaines, que tu ne changeras pas, je vais décider de partir. J'abandonne. Et c'est ça qui crée ta frustration.
Et puis parfois, tu recroises ton ex à une terrasse de café six ans après, ce même mec qui ne changerait pas, et en fait, il a évolué. Et là, tu es dégoûté, tu dis : « j'ai attendu pendant dix-huit ans qu'il change, il n'a pas changé, je le quitte, et c'est maintenant qu'il change. » Ton pire cauchemar : en fait, il était capable de changer. Mais le plus tordu, c'est peut-être qu'il a changé parce que tu l'as quitté. Parfois, on change parce qu'on se fait quitter. Le premier vecteur de changement, c'est la douleur. C'est parce que je perds mon travail que je vais m'améliorer, c'est parce que je suis quitté pour mon poids que je vais maigrir. C'est parce que ça ne marche pas que je me remets en question.
Le mariage tout ou rien, et la métaphore de la montagne
Aujourd'hui, tu es dans quel couple ? Soyons honnêtes. Est-ce que tu es dans le power couple, deux personnes qui avancent la main dans la main sur ce sprint, même si l'un est un peu plus rapide et l'autre un peu plus lent ? Est-ce que vous avancez vite ensemble, est-ce que vous résolvez ? Ou est-ce que tu es plutôt coincé à la ligne de départ, tu tires l'autre par les bras, il ne veut pas avancer, il est assis par terre, il mange des chips, il n'a pas envie, et il te dit « non, c'est toi le problème, c'est toi qui ne vas pas, moi je suis parfait » ?
Il y a un livre de Finkel qui parle de ça, qui s'appelle « Le mariage tout ou rien ». Il explique en gros que le couple moderne demande beaucoup plus qu'avant. Dans le temps, le simple fait d'être deux suffisait. Aujourd'hui, ce que tu veux, c'est t'épanouir, de la croissance, et donc au final ça se polarise. Si tu veux une autre image dans un autre domaine, regarde dans les entreprises depuis l'intelligence artificielle : il y a celles qui cartonnent et celles qui s'écrasent. Le monde d'entre-deux n'existe plus.
Sa thèse dit qu'il y a eu trois grandes ères dans le mariage. Le mariage pragmatique jusqu'à 1850 : on se marie pour survivre, nourriture, sécurité, tenir la ferme. Personne ne demandait au mariage d'être heureux, ce n'était vraiment pas le but. Ensuite, avec l'industrialisation et le salaire, on se marie pour l'affection, la compagnie, la passion, on monte d'un cran dans la pyramide. Troisième étage, depuis 1965, c'est le mariage d'épanouissement : on demande aux partenaires de nous aider à devenir la meilleure version de nous-mêmes.
Et il a une métaphore de la montagne que j'aime beaucoup. Il explique que pour que ton mariage grimpe jusqu'au sommet, oui, c'est la bonne chose à faire, c'est ce que tu as envie. Mais aussi, plus tu montes, plus l'air se raréfie. Et tu as intérêt à avoir une bouteille d'oxygène pour respirer, et l'autre aussi. Si tu n'apportes pas d'oxygène dans le couple, ton couple n'arrivera pas très haut, ça va s'arrêter, l'un des deux s'arrêtera quelque part sur le chemin.
Il explique aussi qu'il y a trois solutions pour arriver à avoir ce couple qui monte. Soit y aller à fond : tu mets du temps, de l'attention, des heures à te connecter à l'autre. Soit tu recalibres, c'est-à-dire que tu baisses tes exigences de ce que tu attends d'un mariage, et tu délègues une partie de ça à d'autres personnes, un psychologue ou un coach, pour que tous tes problèmes mentaux ne viennent pas envahir le couple. Tu allèges la structure, parce que toute structure surchargée finit par céder comme un pont surchargé s'effondre. Troisième plan selon lui, ce qu'il appelle les love hacks : des petites interventions peu coûteuses, de temps en temps une attention pour l'autre, et ça peut aussi suffire.
Les quatre raisons pour lesquelles il le fait exprès
La première, c'est sa propre théorie du couple. Certains pensent que soit on est fait pour l'autre, soit pas, et c'est tout, et il n'y a pas plus de psychologie là-dedans. C'est ce qui s'appelle la théorie du destin. Peut-être que ton partenaire aujourd'hui se dit « on était peut-être faits pour être ensemble, on ne l'est peut-être plus, et il n'y a pas besoin de bosser dessus », là où toi tu es peut-être dans la partie croissance. Peut-être que ta philosophie de vie, c'est : quand ça ne marche pas, ce n'est peut-être pas qu'on est fait ou pas pour être ensemble, c'est peut-être juste qu'on pourrait comprendre ce qui se passe et nous aligner. Cette personne va donc refuser que le couple se répare : soit elle a la flamme, soit pas. Et quand tu envoies cette vidéo Instagram à 1 h 30 du matin, désespérée, qui parle exactement du problème qui vous bouffe la vie depuis douze ans, il te lâchera une vue, il n'ira même pas cliquer dessus. En réalité, vous ne jouez pas au même jeu.
La deuxième va toucher l'ego : c'est l'idée d'être inférieur. Si j'accepte que dans mon couple toi tu as raison et moi j'ai tort, ça me placerait dans une position inférieure. Du coup, accepter le livre que tu lui tends, voir cette vidéo à 1 h 30 du matin, aller voir ton psy, ce serait prendre un coup dans l'ego qui serait peut-être plus cher que de réparer le couple. Perdre pour lui dans cette bataille de l'ego coûterait plus cher que de perdre le couple. Je préfère qu'on se sépare, mais au moins dans ma tête j'aurai eu raison.
La troisième raison, c'est : pourquoi changer, finalement ? Il est allongé par terre, tu es en train de le tirer par le bras, et ça avance. Remarque que pour lui, rester allongé et se faire traîner, c'est un coût nul. Moins il fait, plus toi tu vas en faire. Ce système de compensation, il l'a bien compris depuis le début. Il y a une dispute, il suffit juste qu'il soit un petit peu de mauvaise foi pour que tu acceptes, pour que tu prennes sur toi comme une cocotte-minute qui finira par exploser. Il a bien compris que ne rien faire marche aussi.
Le quatrième effet, c'est l'effet mange ta soupe, qui a un autre nom, la réactance de Brehm : plus tu vas lui dire de voir cette vidéo, moins il voudra le faire. Et petite aparté honnête, il y a aussi des gens qui n'ont juste pas le cerveau à ça, pas les outils, pas l'introspection. C'est juste bloqué en eux, ils n'arrivent même pas au stade où on peut commencer à se remettre en question. Ils n'en sont pas encore là.
Les quatre stades du changement
Je vais te donner les quatre stades du changement, et si ça se trouve, tu es plus avancé que l'autre dans ce domaine. Tu es peut-être au stade 3 et l'autre est au stade 1, voire au stade 0 parfois. Le premier stade s'appelle « je n'ai pas de problème », qui a un autre nom : le stade de précontemplation. Je n'ai pas de problème, tout va bien, c'est toi le problème, moi ça va très bien. Le deuxième stade, c'est « peut-être », qui s'appelle le stade de contemplation : peut-être qu'en effet il y a un truc à régler chez moi, peut-être un truc à régler entre nous, peut-être aussi chez toi au passage. Le troisième stade s'appelle la préparation. Puis vient l'action. Et tu ne peux pas faire sauter quelqu'un de « je n'ai pas de problème » directement à l'étape 4, celle de l'action. Ça va nécessiter du temps.
Faisons le test concret. Est-ce que cette personne t'a envoyé une vidéo à 1 h 30 du matin, peut-être pour te donner des pistes de réflexion sur comment améliorer les choses ? Est-ce qu'il y a eu déjà au moins ça ? Ce serait le premier signal : cette personne comprend que quelque chose ne marche pas et commence à songer à des réponses.
Tu es debout sur la ligne de départ à tirer sur le bras de quelqu'un qui ne veut pas avancer ? On peut regarder ensemble, en coaching, à quel stade se trouve vraiment ton couple.
Questions fréquentes
Pourquoi mon partenaire refuse-t-il de se remettre en question ?
Il y a quatre raisons principales : sa théorie du couple, celle du destin, où soit on est fait pour l'autre soit pas ; la peur d'être inférieur s'il accepte que tu aies raison ; le fait que ne rien faire lui coûte moins cher, puisque moins il fait, plus tu en fais ; et l'effet mange ta soupe, la réactance de Brehm, où plus tu insistes, moins il voudra le faire.
Pourquoi se quitte-t-on vraiment ?
On ne se quitte pas parce qu'on ne s'aime plus, ni parce que le lave-vaisselle est mal rangé. La raison pour laquelle on se quitte, c'est parce que je pense, avec tout ce que j'observe de toi, que tu n'évolueras pas. Si j'avais l'espoir que tu changes, je resterais.
Quels sont les quatre stades du changement ?
La précontemplation, « je n'ai pas de problème, c'est toi le problème ». La contemplation, « peut-être qu'en effet il y a un truc à régler ». La préparation. Puis l'action. Et tu ne peux pas faire sauter quelqu'un du stade 1 directement au stade 4 : ça va nécessiter du temps.
Comment alléger un couple qui sature ?
Tu peux recalibrer, c'est-à-dire baisser les exigences que tu poses sur le mariage, et déléguer une partie de tes besoins à d'autres personnes : tes soirées de remise en question à tes amis, tes problèmes mentaux à un psychologue ou un coach. Tu externalises, tu allèges la structure, parce que toute structure surchargée finit par céder comme un pont surchargé s'effondre.
Tu te retrouves dans ces dynamiques ?
J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.
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