Parfois, on croise des gens dans sa vie, on tombe amoureux, la relation s'arrête et, suite à ça, on n'arrive pas à oublier cette personne. C'est peut-être même quelqu'un qui t'a détruit, qui t'a fait du mal, une relation qui était compliquée, où des fois ça allait, des fois ça n'allait pas. Et tu n'arrives peut-être pas aujourd'hui à comprendre pourquoi tu y penses encore alors que c'est fini. De manière régulière, peut-être une fois par jour, une fois par semaine, ça va revenir et tu vas y penser à nouveau.

Tu sais rationnellement que cette personne t'a fait du mal. Tes amis te le disent, ta famille te le dit : n'y retourne surtout pas. Ils savent même qu'il y a un genre de danger, un peu comme si tu étais un camé en manque de sa dose. Ils te disent : c'est simple, passe à autre chose, oublie-le. Mais au fond de toi, tu n'y arrives pas. Cette personne reste comme gravée au fond de toi. Tu sais que ce n'est pas la bonne, mais tu ne peux pas t'empêcher d'y penser. Et je te rassure aujourd'hui : tu n'es pas quelqu'un de faible, tu n'es pas quelqu'un de bête, tu n'es pas quelqu'un de fou. Tu es juste une personne qui a un lien traumatique avec ton ex.

Le lien traumatique : la personne qui blesse et qui répare

Dans une rupture classique, dans un couple normal, tu te mets avec quelqu'un, un jour ça marche, un autre jour ça ne marche plus, on se sépare et tu l'as oublié. Si tu penses à plein d'autres de tes ex aujourd'hui, ce n'est plus qu'un lointain souvenir. Mais il y a cette personne, cet ex, cet homme, cette femme, qui est différente. Cette personne est comme indélébile dans ton cerveau. Tu n'arrives pas à l'enlever, quoi que tu fasses. Les années ont beau passer et parfois même c'est pire : plus les années passent, plus tu vas penser à cette personne-là. Et tu en viens à te poser la question : à quel moment ça va s'arrêter ? Et si ça se trouve, c'était peut-être la bonne personne ? Peut-être que si j'avais fait différemment, on aurait réussi à avoir une vie sensationnelle ? Et là démarre un cycle de regret.

Ça a un nom, ça s'appelle le lien traumatique. Dans ce type de relation, il y a quelque chose de très particulier qui se passe : c'est non seulement la personne qui te blesse, mais ça a aussi été la personne qui t'a réparé et qui t'a calmé. Il y a eu des disputes, il y a eu des phases très dures, il y a peut-être même eu des humiliations, des mots qui ont dépassé la pensée de chacun. Ça a été blessant. Et il y a aussi autre chose là-dedans : après ces disputes, il y a eu un silence. Il y a eu un moment doux, un moment où vous vous êtes retrouvés peut-être au lit, un moment où vous vous êtes regardés dans les yeux et un moment où tu t'es senti comme une personne super puissante. Tu avais cette sensation d'amour intense en toi. Cette personne t'a fait vivre très probablement les deux : les pires enfers et les plus hauts paradis sur terre. Et si c'est encore autant ancré en toi aujourd'hui, je peux te l'affirmer avec assez peu de chances de me tromper, c'est que tu as eu ces bas et ces hauts qui se sont alternés. Ça a créé quelque chose d'autre qui a aussi un nom : le renforcement intermittent.

Camille et Léo : le cycle d'ajustement sans fin

Camille est une femme qui est géniale. Elle a la trentaine, elle est intelligente, empathique, et un jour elle rencontre Léo. Avec Léo, ça se passe bien tout de suite. C'est vraiment son genre d'homme. Camille va tout donner pendant quelques semaines. C'est la phase de lune de miel. Et qu'on se mette d'accord, Léo n'est pas forcément un pervers narcissique : même dans une relation classique, il y a une phase de lune de miel. Léo vient cocher toutes les cases de ce qu'elle attend d'un homme. Léo la surprend, elle se sent comme une princesse. Elle voit un futur avec lui. D'ailleurs, ils en parlent : il lui dit qu'il va l'épouser un jour, qu'ils auront des enfants. Elle se sent enfin vue, enfin désirée, enfin choisie.

Et puis, au bout de quelques mois, arrivent les premières accroches. Ça peut être une critique que Léo va lui faire. Il va la rabaisser et il va dire à la fin : non, c'est juste pour rire, excuse-moi, on s'est mal compris. De temps en temps, elle envoie des SMS et Léo ne répond plus. Il y a des critiques, il y a des reproches, il y a des silences. Et Camille essaie de comprendre. Elle se dit : cette relation était tellement géniale, c'est sûr, je ne trouverai jamais mieux, c'est l'homme de ma vie. Et elle se dit : c'est simple, je vais tout bêtement modifier mon caractère. Elle commence un cycle d'ajustement. Pourtant, il y a des disputes de manière régulière et ces disputes deviennent de plus en plus fréquentes. À chaque fois qu'elle modifie quelque chose, c'est un peu comme un puzzle où il faut trouver d'autres pièces. À chaque fois qu'elle ouvre une porte, il y a deux autres portes à ouvrir derrière. Elle ne sait plus exactement comment faire. Il y a du froid, il y a du chaud. Quand ils se retrouvent, quand ça se passe bien, c'est génial, elle ne voudrait être avec personne d'autre sur terre. Par contre, quand ça se passe mal, c'est terrible. Au bout d'un moment, elle ne sait même plus qui elle est. À force d'avoir testé des choses pour savoir ce qui fait réagir l'autre ou pas, elle n'a même plus de caractère. Elle est dans le brouillard. Et maintenant, c'est lui qui lui reproche ça. Il lui reproche à elle l'état dans lequel il l'a mise.

Le renforcement intermittent : des montagnes russes chimiques

Il se passe déjà deux choses. Tout d'abord, il y a l'idéalisation du début. C'est son modèle de référence. Elle se dit : c'est ça que j'ai déjà atteint avec lui, c'est ça que je veux atteindre à nouveau. Et surtout, il y a ces chauds-froids, ces hauts et ces bas. Ces moments où il la dénigre et ces moments où ils se retrouvent, où ça se passe de manière géniale. On est dans du renforcement intermittent. Le renforcement intermittent, c'est ce qui fait que tu deviens comme englué dans la relation amoureuse. Les bas sont si bas que, lorsqu'il y a un haut, le haut est génial. Un peu comme un junkie qui vivrait tellement de soirées géniales sous substance que, lorsqu'il fait après ça une soirée normale sans rien, ça lui paraît morne. Les hauts deviennent très hauts et les bas deviennent extrêmement bas. Parfois la relation s'arrête, elle se sent comme soulagée, et puis il y a ce grand manque qui arrive. Elle doit revenir vers lui, comme un junkie.

On t'a demandé de jouer un rôle

Dans ce genre de relation, on va te demander d'avoir des valeurs et des qualités, là où l'autre en face en a beaucoup moins. Si tu es un homme, par exemple, on va te demander d'être fort, d'être masculin, de protéger, de rassurer. Mais bizarrement, cette femme va venir te titiller dessus. Elle va te pousser jusqu'à tes limites et, quand tu craques, elle va te dire : tu vois, tu as craqué, tu n'es pas un homme, tu n'es pas rassurant, tu n'es pas protecteur. Vous êtes sur un bateau tous les deux, mais elle fait des trous dans la coque pendant que toi tu essayes de tout colmater. Et toi, dans ta tête, tu te dis que si tu pars, c'est que tu as été faible, que ce serait un échec, que tu serais lâche.

Si tu es une femme, on t'a demandé dans cette relation d'être douce, empathique, compréhensive. On va te mettre dans le rôle de la mère qui materne cet enfant capricieux, dans le rôle de la sauveuse, de l'infirmière. On va te demander de calmer, de rassurer l'ego, d'être protectrice, de prendre ton rôle de femme. Mais l'homme en face fera tout pour que tu n'arrives pas à prendre ce rôle. Au final, tu ne sais même plus comment être. Tu finis par t'effacer, tu perds ton intuition et tu penses que le problème vient de toi. Le point commun, que tu sois un homme ou une femme, c'est qu'on t'a demandé de jouer un rôle, de devenir plus tolérant, plus solide, plus patient que ce que tu aurais dû l'être. On t'a demandé d'avoir des valeurs alors que l'autre en face n'en avait pas.

Cette relation n'a peut-être jamais existé

Ce que tu regrettes aujourd'hui, cette relation amoureuse, n'a peut-être jamais existé. C'est peut-être la chose la plus dure à entendre. Quand on tyrannise quelqu'un, quand on vient le titiller sur son rôle, quand on vient le détruire, quand on le rabaisse, c'est qu'il n'y a pas d'amour. Et c'est ça qui est difficile à accepter, parce que dans une relation normale, tu dois juste faire le deuil du fait que ça s'est mal passé, et c'est tout. Là, tu dois faire le deuil du fait qu'il n'y a plus de relation, qu'il n'y a peut-être jamais eu d'amour, qu'il y a peut-être eu un futur imaginé et que tout ceci n'était peut-être qu'une illusion. Et ça, c'est gigantesque comme deuil. Mais en réalité, le lien traumatique, il est neurologique. Ton cerveau fonctionne comme s'il était en manque. C'est pour ça que tu savais que c'était mauvais, et c'est pour ça aussi que, même si c'est mauvais, tu veux y retourner. C'est parce qu'on t'a conditionné à rester là-dedans.

Comment s'en sortir : quatre étapes concrètes

Si tu veux t'en sortir aujourd'hui, il y a plusieurs choses à faire. La toute première, c'est de changer le mot. On ne parlera plus d'amour qui ne passe pas. On ne parlera plus d'un ex qu'on n'arrive pas à oublier. On va parler d'une dépendance construite, d'un conditionnement. On va parler d'un lien traumatique. C'est ça le vrai mot. Ce n'est pas une relation amoureuse compliquée, c'est un lien traumatique. Ensuite, plutôt que de rejouer la situation, de te dire ce que tu aurais pu changer à l'époque, dis-toi la chose suivante : au-delà des paroles, quels ont été les actes ? Quels ont été les actes de bienveillance ? Quels ont été les actes qui ont suivi des promesses ? Qu'est-ce qui a été fait concrètement dans cette relation ? Efface toutes les paroles, efface tous les regards, regarde juste les actes. Et me dire aujourd'hui que ces actes étaient des actes d'amour, ce serait faux.

Troisième point : coupe le contact. Comment fait-on lorsqu'on a une dépendance à quelque chose ? On se met le plus loin possible et ça finit par passer. C'est le concept de sevrage. Plus je suis loin, plus il y a de chances que ça passe. On reste le plus loin possible. Si des copains t'en parlent, dis-leur que tu ne veux pas entendre parler de ça aujourd'hui. Et le dernier point, c'est de te demander ce que c'est qu'une vraie relation amoureuse. C'est censé être bienveillant, c'est censé faire du bien. Oui, parfois il y a quelques disputes et c'est normal, mais globalement tu es censé être bien avec une personne qui te donne du plus. Ce sont deux personnes heureuses qui se mettent ensemble pour être encore un petit peu plus heureuses. Et peut-être que tu n'as jamais connu ça dans ta vie. Peut-être que dans ton ancrage, dans ton éducation, tu as toujours connu des relations compliquées.

Un couple sain, c'est un couple qui est calme, qui est bienveillant. C'est peut-être même parfois ennuyeux. Mais ce que tu mets aujourd'hui comme étiquette sur l'ennui, c'est juste ton corps qui se réapproprie son environnement. À ce moment-là, tu vas découvrir un autre monde qui succède à l'ennui, un monde où tu vas découvrir réellement l'autre. Une relation toxique a quelque chose de superficiel, malgré ce que tu penses. Alors offre à ton cerveau d'autres sources de stabilité : du sport, des balades, des relations saines, des relations calmes. Ennuie-toi. C'est ça mon conseil. C'est réellement le chemin de la sagesse.

Tu n'arrives pas à sortir seul de ce lien traumatique ? On peut le défaire ensemble : réserve ta séance de coaching.

Questions fréquentes

Suis-je faible de penser encore à mon ex toxique ?

Non. Tu n'es pas quelqu'un de faible, tu n'es pas quelqu'un de bête, tu n'es pas quelqu'un de fou. Tu es juste une personne qui a un lien traumatique avec ton ex. Ce lien est neurologique : ton cerveau fonctionne comme s'il était en manque.

Pourquoi je ne me souviens que des bons moments ?

Tu sublimes certains moments de votre couple. Tu arrives même à être conscient toi-même qu'il y a des moments qui étaient nuls, des moments qui étaient bons, et que ton cerveau choisit de gommer le mauvais pour ne se rappeler que du bon. Et tu t'en veux. C'est un effet du conditionnement, pas un défaut chez toi.

Est-ce que je connaissais vraiment mon ex ?

Tu crois la connaître intensément, mais la seule chose que tu en connais, c'est sa carapace : sa défense, sa protection ou son attaque. Si tu connaissais vraiment cette personne à ce point-là, est-ce qu'il y aurait eu autant de disputes, tant de destruction, d'insultes, de critiques ? Pense à tes meilleurs amis : ce sont des gens avec qui tu te disputes assez peu, parce que tu les connais de manière profonde et non pas superficielle.

Comment réapprendre à s'ennuyer concrètement ?

Si tu as des enfants, fais ce test : tu leur coupes tout écran pendant un jour. Regarde comme au début ils vont devenir fous, et comme à la fin de la journée ils auront passé probablement la meilleure journée de leur vie à réinventer des jeux ensemble, à recommuniquer ensemble. Prône ça dans ta vie : réapprends à t'ennuyer et tu vas retrouver le vrai contact entre ton cerveau et l'univers.

Tu te retrouves dans ces dynamiques ?

J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.

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