Il y a deux grands types de pervers narcissiques. Ceux qui sont grandioses, gigantesques. Ce sont des chefs d'entreprise qui sont très arrogants, ce sont des hommes politiques qui s'imposent. Ils sont comme ça et ils le montrent. Et puis il y a la deuxième partie des pervers narcissiques, qui sont probablement ceux que tu fréquentes dans ton quotidien. Peut-être des gens dont tu es tombé amoureux, avec qui tu as été en couple. Peut-être aussi des gens à ton travail. Eux, ils sont dits pervers narcissiques masqués, cachés ou encore fragiles. Et si on peut repérer facilement un pervers narcissique qui est grandiose, vu qu'il l'affiche et qu'il est fier de détruire les gens, ceux qui sont masqués sont un peu plus durs à voir.
Je vais te donner 10 règles aujourd'hui à observer dans une discussion, que ce soit dans ta vie personnelle ou dans ton travail, pour savoir immédiatement si tu as affaire à ce type d'individu. J'ai créé 10 règles simples à observer. J'ai aussi comparé avec d'autres types de profils, parce que parfois, dans certains comportements, ça peut se rapprocher aussi d'une personne qui est dite évitante ou d'une personne qui est immature émotionnellement.
Il se compare toujours aux autres et monopolise la discussion
Règle numéro une : le pervers narcissique se compare toujours aux autres. C'est son narcissisme, c'est marqué dans le mot. Il doit être plus fort que tout ce qui l'entoure, que ce soit dans vos amis, que ce soit votre travail, mais même parfois dans des situations délirantes où il se compare à des gens qui sont à la télévision. Alors, recherche bien dans les phrases qu'il va te dire si, en permanence, il se compare aux autres. Et il va le faire discrètement. Par exemple, il peut dire : « Je ne dis pas ça pour me mettre en avant, mais on m'a souvent dit que j'étais plus brillant, que je pensais différemment. » Ou alors il va te dire : « J'ai eu cet examen alors que quasiment personne n'a réussi à l'avoir. » Il ne te dira pas ça une fois, il te dira ça en permanence. Quoi qu'il fasse, il se compare aux autres. Dans tous les cas, les autres sont nuls, lui ou elle, ils sont géniaux. Une personne normale pourrait aussi être contente de réussir quelque chose, mais elle te dira juste : « J'ai réussi cet examen, j'ai été heureux. » Une personne évitante pourrait ne pas vouloir attirer l'attention et dire juste : « Oui, bon, c'est vrai, j'ai eu ce diplôme, mais c'est juste normal, ce n'est pas grand-chose. » Et une personne immature émotionnellement, c'est la plus simple à repérer, elle parlerait comme un enfant de 7 ans ou de 10 ans : « Franchement, je suis trop fort. Je les ai eus, j'ai eu ce diplôme. »
Règle numéro 2, très facile à repérer en discussion également. À chaque fois que tu parles d'un problème, il t'écoute 3 secondes et puis il passe sur le sien. Quoi que tu aies vécu, tu as été à l'enterrement de ta grand-mère, il a vécu bien pire. Lui, par exemple, il n'a plus de trombones dans son entreprise. Tu commences à parler et au bout de cinq phrases, il te dit « moi, au fait », et ça parle de lui pendant une demi-heure. Une personne normale aurait de l'empathie. Une personne évitante ne veut pas trop créer de lien, elle te dirait « oui, bon, ben ça va passer, ce n'est pas très grave » et parlerait de complètement autre chose. Et une personne immature, comme un enfant de 10 ans, te dirait juste : « Allez, arrête de te prendre la tête, on parle d'autre chose. » Donc là, encore une fois, on est toujours en comparaison avec les autres. Quoi qu'il se passe, lui est toujours mieux, plus fort, ou ce qu'il a vécu a été plus compliqué.
Règle numéro 3, qui est dans la suite de la numéro 2 : bien évidemment, il va monopoliser la discussion. Il te pose une question, tu vas au restaurant avec lui et il te parle pendant 10 minutes de lui. Bien évidemment, une personne qui serait équilibrée parlerait 50 % du temps, et toi l'autre 50 % du temps. Une pipelette parlerait, oui, en effet, beaucoup, mais pas que d'elle. Elle parlerait de tout sur terre.
Des qualités inventées et la technique du bisou et de la baffe
Règle numéro 4 : il s'invente des qualités, notamment l'empathie. Il comprend tout, il ressent tout. Il sait exactement ce qui se passe sur terre. Il comprend chaque personne de son entourage, il a tout analysé. Il va te dire par exemple : « Moi, je suis hypersensible. Je ressens tout bien plus profondément. » Mais bizarrement, cette qualité d'empathie, tu ne la retrouves pas des masses, parce que quand tu discutes avec lui, il ne fait pas preuve d'empathie. Son hypersensibilité non plus. Il se permet de t'écraser, de te juger, de te détruire. Il n'en a absolument rien à faire. Donc il s'invente tout un tas de qualités que tu ne vois absolument pas au quotidien. Il te dit qu'il est plus fort que tout, la réalité est complètement différente.
Règle numéro 5. Parce que c'est un pervers narcissique masqué, caché, fragile, il ne peut pas te détruire de manière directe. Ça ne passerait pas, tu verrais le mec venir. Donc ce qu'il va faire, c'est qu'il te fera un compliment, un bisou, et puis une baffe juste après. « Tiens, il est beau ce nouveau jean. Il cache un peu ton surpoids. » Un bisou ou un bonbon, c'est la partie sympa, et derrière, la grosse baffe : tu es en surpoids. « Tu t'exprimes vraiment bien pour quelqu'un qui n'a pas encore tout le recul sur la situation. » « La soirée que tu as organisée était pas mal pour quelqu'un qui n'est pas tellement habitué à faire ça. » « Ce plat était vraiment très bon pour toi qui rates tout à chaque fois que tu vas à la cuisine. » Tu ne sais pas trop s'il faut remercier ou lui mettre aussi une baffe. Tu hésites. Il fera exactement la même chose quand il parlera des autres. « Pauvre Julie, elle ne doit vraiment pas être bien en ce moment. Mais bon, en même temps, elle fait toujours les mauvais choix. » Ou encore : « Mais bon, en même temps, vu son comportement, c'est peut-être aussi normal. » Un petit compliment, une grosse baffe.
Victime de tout, responsable de rien
On a vu dans les points précédents qu'il est toujours en comparaison par rapport aux autres. Il est toujours mieux que les autres, ou ce qui lui arrive de pire est toujours bien pire que les autres. Également, il sera victime, à la limite de la paranoïa, toujours par rapport aux autres. Il est en comparaison permanente. Il a la sensation qu'on le regarde, qu'on l'épie, qu'on le jalouse, qu'on lui veut du mal en permanence. Et là-dedans, il ne sera jamais, au grand jamais, responsable. Ce sera toujours la faute des autres. « De toute manière, tous les gens me trahissent. » Et quand tu regardes son comportement, tu penserais plutôt l'inverse en réalité.
Le discours de victimisation extrême est réellement perçu comme ça. Il a l'impression d'être une victime constante, et indirectement, ça lui permet aussi de briller en société. Plus il va jouer la victime, plus il va exister, plus on le regardera, plus on aura d'empathie pour lui, et donc il devient le centre de l'attention.
Toujours raison et des règles qui changent tout le temps
Règle numéro 8 : parce que c'est un pervers narcissique, il a bien évidemment toujours raison. « Tu me reproches d'être comme je suis, je ne peux pas exister. » Et là, tu vas arriver sur ce qui s'appelle des faux liens de cause à effet. Il va utiliser des vraies valeurs reconnaissables, mais entre les faits et la valeur qu'il va invoquer, il y aura une différence. Je m'explique. Tu refuses de lui payer quelque chose qui vaut très cher, déjà parce que pourquoi est-ce que tu lui payerais cette chose qui vaut aussi cher ? Il va te dire : « Tu es donc radin. » Donc on se met d'accord : tu payes déjà plus dans le couple, mais si tu ne payes pas cette chose en plus, tu es radin. Si jamais il t'agresse pendant des heures verbalement et que tu dis stop, il va dire : « Tu vois, tu es violent. » Donc tu auras vécu de la violence pendant des heures, et au moment où tu dis juste stop, c'est toi qui es accusé.
Règle numéro 9 : au quotidien, les règles changent. C'est « faites ce que je dis, pas ce que je fais ». Il peut créer une règle qui sera valable le lundi, mardi, mercredi, mais le jeudi, la règle a complètement changé. Ou alors cette règle peut s'appliquer à lui, mais pas à toi. Tu dois faire comme ceci, mais lui peut faire différemment. Tu dois être gentil, patient, bienveillant, faire des cadeaux, t'occuper de lui, être fidèle. Lui, par contre, peut se comporter de manière complètement différente. Il va aussi utiliser les genres. Là, c'est un peu plus complexe à comprendre : il utilise le meilleur de deux mondes. Prenons le cas d'un homme. Il va te dire par exemple : une femme doit être dans sa féminité, doit s'occuper de la maison, et cetera. Donc il invoque des valeurs du passé, des valeurs de 1950, pour toi. Lui, par contre, il est dans des valeurs modernes. Au moment de payer, il va prendre le rôle de 2026, le rôle d'aujourd'hui : « On est en 2026, un homme n'a pas à payer. » Donc toi, tu dois avoir des valeurs du passé, lui a des valeurs présentes. Il prend le meilleur des deux mondes. Si c'est une femme, elle va te dire par exemple : un homme doit se comporter comme ceci et comme cela. Il doit être fort, il doit protéger et il doit entretenir sa femme. 1950. Par contre, au quotidien, si tu demandes les mêmes règles de 1950, c'est-à-dire en gros les femmes à la maison qui s'occupent de tout ça, elle va te dire : « Non, on est en 2026, je n'ai pas à me comporter comme ça. » Le meilleur des deux mondes à chaque fois. Lui se comporte comme aujourd'hui, toi tu dois te comporter comme il y a exactement 100 ans.
Règle numéro 10. On l'a vu tout à l'heure : lorsqu'il fait quelque chose, c'est toujours meilleur. Quand il vit quelque chose, c'est extrêmement grave, bien pire que tout le monde. Mais également, par rapport aux autres, il y a cette projection. « Mon ex était pervers narcissique », alors que lui-même l'était. « Mon ex était radin », alors que lui-même l'était. « Mon ex était violent », alors que lui-même l'était. Il va projeter ses défauts internes sur les autres, tout en étant coupable de rien à chaque fois. « Je n'y suis pour rien, je suis une victime de tout ça. » Encore une fois, pour créer de l'empathie, et parce que c'est aussi son schéma mental.
Le point final : ce que tu ressens après une interaction
Alors, on ne repère pas une personne perverse narcissique juste sur un détail. Si jamais vous voyez l'un de ces comportements, on l'a vu, ça peut être aussi une personne qui serait immature, et parfois ça ressemble un tout petit peu. Ça peut être une personne évitante qui est dans le détachement émotionnel. Ça peut même être une personne qui est complètement saine et qui, quand tu l'invites au restaurant un soir, ne te parle que d'elle parce qu'elle a un problème. Ça arrive. On repère la perversion narcissique parce qu'il y a plusieurs de ces règles qui s'appliquent, et surtout, ça se répète tout le temps.
Et le point final, c'est d'observer ce que tu ressens après une interaction avec cette personne. Si à chaque fois que tu vas dîner avec elle, tu en ressors et tu es mal de manière durable, pendant quelques heures ou pendant quelques jours, c'est que cette personne n'est pas saine. On a souvent tendance à rationaliser par la logique et à se dire qu'en apparence, c'est une victime qui a l'air géniale, qui a en plus souvent beaucoup de séduction, un vrai talent en société pour parler aux autres, pour se mettre en avant. Ces gens ont quelque chose d'attirant. On a tendance à taire nos propres émotions, nos propres ressentis, plutôt que de se faire confiance. Écoute-toi au fond de toi, c'est ça le plus important. Que ce soit une personne perverse narcissique ou manipulatrice, demande-toi juste : qu'est-ce que je ressens ? Si j'efface l'image de cette personne, qui est peut-être séduisante, qui est peut-être agile en société, qu'est-ce que je ressens au fond de moi ? Si je ressens un malaise durable et que ça se répète sur chaque interaction, j'ai probablement intérêt à beaucoup moins voir cette personne. Est-ce que je ressens de l'angoisse ? Est-ce que je ne me sens pas bien ? Est-ce que je me sens rabaissé ? Je perds de l'estime de moi ? Est-ce qu'il y a un message subtil qui me met dans cet état-là ? Est-ce que je sens une forme de confusion ? Demande-toi ce que tu ressens. Écoute-toi, on oublie tellement souvent de s'écouter. J'écoute mes émotions, je mets un mot dessus, confusion, stress, mais je mets le mot juste et je le répète. À chaque fois que je vais voir cette personne, voici l'émotion qui surgit juste après et qui va durer pendant quelques heures ou pendant quelques jours. Rappelez-vous qu'on a gagné la partie lorsqu'on est parti.
Tu retrouves plusieurs de ces règles chez une personne de ton entourage et tu veux y voir clair ? Parlons-en ensemble en coaching.
Questions fréquentes
Comment reconnaître un pervers narcissique masqué ?
On ne repère pas une personne perverse narcissique juste sur un détail. On repère la perversion narcissique parce qu'il y a plusieurs de ces règles qui s'appliquent, et surtout, ça se répète tout le temps.
Quelle différence avec une personne évitante ou immature ?
Une personne évitante ne veut pas trop créer de lien et est dans le détachement émotionnel : elle ne cherche pas à attirer l'attention. Une personne immature émotionnellement est la plus simple à repérer, elle parlerait comme un enfant de 7 ans ou de 10 ans. Le pervers narcissique, lui, se compare en permanence et se met toujours au-dessus des autres.
C'est quoi, la technique du bisou et de la baffe ?
Parce qu'il est masqué, il ne peut pas te détruire de manière directe, tu verrais le mec venir. Donc il te fait un compliment, un bisou, et puis une baffe juste après. Par exemple : « Tiens, il est beau ce nouveau jean. Il cache un peu ton surpoids. » Tu ne sais pas trop s'il faut remercier ou lui mettre aussi une baffe.
Que faire si je me sens mal après chaque interaction ?
Si tu ressens un malaise durable et que ça se répète sur chaque interaction, tu as probablement intérêt à beaucoup moins voir cette personne. Écoute tes émotions, mets un mot juste dessus, et rappelle-toi qu'on a gagné la partie lorsqu'on est parti.
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