Je vais vous raconter une histoire qui n'existe pas et que pourtant j'ai entendue plein de fois dans mes accompagnements en coaching. Les prénoms changent, les stratégies changent aussi, mais c'est toujours la même mécanique, avec quasiment le même ordre et quasiment la même fin. Juste une petite précision avant de démarrer cette histoire. On a longtemps décrit les hommes comme étant les personnes toxiques, étant les plus violents. Et j'ai la conviction ultime, et la science me soutient là-dessus, que la méchanceté, le mal, est mixte. On retrouve chez les hommes et chez les femmes quasiment les mêmes pourcentages. Peut-être qu'il y a 10 % d'hommes et 10 % de femmes qui sont vraiment barges. Après ça, il y a la zone grise, peut-être 80 % des hommes et des femmes qui sont dans l'entre-deux, des gens qui sont sains mais qui peuvent avoir des comportements un peu toxiques. Et puis il y a 10 % d'hommes et de femmes qui sont sains. Aujourd'hui, dans le portrait-robot que je vais vous décrire, on est dans les 10 % toxiques féminins.
Une dernière chose : on mesure très souvent, quand on parle de toxicité dans le couple, la violence physique. On remarque qu'à basse intensité, par exemple les gifles, les objets lancés, finalement c'est partagé de manière égale entre hommes et femmes. Et c'est dans les violences qui sont plus graves, celles qui envoient à l'hôpital, qu'on retrouve majoritairement des hommes comme étant les bourreaux et les femmes les victimes. La violence féminine, elle, est très différente. Elle ne t'envoie pas à l'hôpital. Elle est presque invisible, indétectable. Tu ne peux pas avoir un certificat médical de la violence féminine. Je vais donc te parler de Julien.
Une vitrine fabriquée des années avant son arrivée
Julien, quasiment la quarantaine, est divorcé une première fois. Il a un bon travail, un appartement, une vie calme. Et il rencontre Eva un samedi soir chez des amis en commun. Elle est parfaite. Le maquillage impeccable, une jolie tenue, une jolie robe. La conversation est fluide. Elle rit exactement au bon moment. Pour une fois, il se trouve drôle. Elle pose des bonnes questions. Elle s'intéresse à lui comme ça faisait longtemps qu'on ne s'était pas intéressé à lui. À ce moment précis, ce que Julien ne remarque pas, c'est que tout ce qu'il regarde a été fabriqué. Tout d'abord, il y a ce personnage, Eva, en face de lui, qui est maquillé. Ce n'est pas le problème : tout le monde optimise un peu sa vitrine. Le souci, c'est lorsque la vitrine montre quelque chose qui n'existe pas. Eva a tout fait pour obtenir un engagement qu'elle n'aurait jamais obtenu à visage découvert. Mais ce n'est pas tout. Son appartement fait partie du décor aussi. Il est parfait. Toutes les amies d'Eva disent que c'est une perle. Bizarrement, il y a même un ex qui est présent cette soirée-là et qui raconte à qui veut l'entendre qu'il n'a pas su mériter Eva. Julien visite donc un piège ce soir-là, qui a été conçu des années avant son arrivée.
L'amour d'Eva a un tarif : l'abus financier
Ils sortent ensemble et, au troisième rendez-vous, l'addition du restaurant arrive. Elle la prend, elle la glisse vers lui. Il est fier, elle a un sourire et il paye. Bien évidemment, il est galant. Au sixième rendez-vous, il passe devant une vitrine. Elle montre un collier qu'elle aime bien. Julien va lui acheter le lendemain. Elle est tellement heureuse. Le piège fonctionne. Ce que Julien découvrira par la suite, c'est que l'amour d'Eva a un tarif, et il vient d'obtenir sa première facture. Au fil des mois, c'est ce qu'on appellera de l'abus financier. Mais ça, il ne le sait pas encore.
La dette qui grossit chaque jour
Au bout de quelque temps, ils emménagent ensemble, puis ils ont acheté une maison, puis leur enfant est né, Louis. Mais quelque part entre ces trois événements, sans que Julien puisse dater précisément le jour, l'heure, la date, les règles ont changé. La femme parfaite qu'il a rencontrée le premier jour, un samedi soir, a disparu, mais il ne sait pas quand. Et il découvre au fil des semaines qu'il a une dette pour des choses qu'il n'a pas demandées. Elle lui répète souvent : « Après tout ce que j'ai fait pour toi. J'ai sacrifié ma carrière, j'ai renoncé à mes plus belles années. J'avais beaucoup d'autres prétendants. » Julien n'avait rien demandé de tout ça. Pourtant, il y a une dette. Elle grossit chaque jour. C'est les intérêts composés. Si jamais il exprime un besoin, il en demande trop. Si jamais il refuse un service qu'elle lui demande, c'est un ingrat.
L'intimité comme monnaie d'échange et les larmes stratégiques
Et puis, dans les choses qui ont changé, il y a aussi l'intimité dans la chambre. Alors bien sûr, les désirs d'Eva fluctuent, comme le désir de tout le monde. Parfois on a envie, parfois pas. Et ça, ce n'est pas le problème. On ne doit rien à l'autre. Le souci, c'est l'agenda, c'est le calendrier. Julien remarque que les soirs où elle n'a pas envie tombent juste après chaque désaccord. Ou alors lorsqu'il refuse de payer quelque chose, ou alors lorsqu'il a vu ses amis. Jusqu'au jour où Eva lui dit à voix haute : « Tant que tu ne changeras pas, ne compte pas sur moi. » L'intimité devient une monnaie d'échange. Le corps de l'autre est devenu un droit à mériter, et ça a un prix. Julien, bien sûr, pour arranger les choses, parce qu'il y a un enfant, commence à modifier ses comportements. Pas par conviction, mais pour retrouver l'accès à l'intimité.
Mais il y a autre chose qui a changé : il y a des disputes de plus en plus fréquemment. Au début, Julien argumentait, il prenait son temps. Il était même d'ailleurs plutôt bon là-dedans, posé, factuel, à vouloir résoudre les choses. Mais il découvre avec le temps quelque chose d'étrange. Dans cette maison, avoir raison est impossible. À chaque fois qu'Eva a tort, le débat bascule. Eva tombe en pleurs et, en 3 secondes, il n'est plus l'homme qui a raison, il est le monstre qui fait pleurer sa femme. Et la discussion se termine toujours pareil : Julien console la personne contre laquelle il avait, 2 minutes plus tôt, parfaitement raison. Les larmes sont stratégiques. Attention, la plupart des larmes, dans la vraie vie, dans les autres relations, sont sincères. Le diagnostic de la toxicité vient du timing. L'effondrement émotionnel arrive au moment où elle perd l'argument. Jamais avant, jamais après.
Les trois murs : silence punitif, réécriture, victimisation retournée
Ça fait maintenant 5 ans qu'ils sont ensemble. Julien a beaucoup changé dans son comportement. Il subit ça au quotidien. Ses amis lui ont dit qu'il était différent. De toute façon, il ne les voit quasiment plus. Mais il commence à se sentir mal, et c'est là qu'il découvre que sa maison a des murs, des nouveaux murs qu'il ne connaissait pas. Le premier s'appelle le silence punitif. Si par exemple il y a un désaccord mardi soir, Eva lui fera 3 jours sans un mot, sans un regard. Les repas dans le silence. Et Julien, lui, ne peut pas tenir aussi longtemps. Au bout de 2 jours, il s'excuse. De quoi ? Il ne sait même plus bien. Il veut juste que ça redevienne vivable, cohérent, comme avant. Ce silence-là est un bras de fer, et malheureusement il perd assez souvent.
Mais il y a d'autres murs. Le mur de la réécriture de l'histoire, par exemple. « Je n'ai jamais dit ça », lui dit Eva. « Tu inventes, tu déformes tout. » Elle lui répète ça calmement, 100 fois, 200 fois. En 5 ans, Julien commence à douter de sa mémoire. Un soir, il fait quelque chose qu'il ne dira à personne et que tu as peut-être déjà fait : il commence à noter les conversations dans son téléphone pour vérifier qu'il n'est pas fou. On est en pleine démolition mentale. Le troisième mur, qui est peut-être le plus sophistiqué, c'est la victimisation retournée. Un soir, Julien rassemble son courage et pose calmement le problème. Mais quand il fait ça, tout se retourne contre lui. C'est lui l'agresseur, c'est elle la victime. Il est trop agressif, et il en vient à devoir s'excuser d'avoir osé énoncer le problème. On est dans le fameux mécanisme DARVO : on va d'abord nier, attaquer, puis inverser les rôles de la victime et du coupable. C'est Julien qui a été blessé, et c'est lui qui finit par s'excuser.
La triangulation sociale : l'armée de réserve
Ça fait 8 ans qu'ils sont ensemble. Julien prononce enfin le mot séparation, éventuellement divorce. Mais là, il découvre que son couple, ce n'était pas que deux personnes et leur enfant. Il découvre qu'il y avait toute une armée de réserve. En une semaine se mobilisent la mère d'Eva, ses copines, sa sœur, son ex, le groupe WhatsApp familial. Tout le monde sait ce qui se passe. Enfin, tout le monde connaît la version d'Eva. Bien évidemment, Julien est jugé par un tribunal de gens qui, encore à Noël dernier, l'embrassaient et qui maintenant changent de trottoir. On parle de triangulation sociale. L'idée, c'est de ne pas agresser directement quelqu'un, c'est de mobiliser un réseau plutôt que de mettre un coup de poing. Un couple où on convoque un tribunal cherche un verdict, et non pas une solution.
Éventuellement, Eva lui dira un dimanche soir : « Si jamais tu pars, tu ne reverras plus Louis. » Parce que l'enfant sera instrumentalisé. L'accès au petit devient une récompense ou une menace. Le dénigrement du père commence, goutte à goutte, dans les oreilles d'un enfant qui a 7 ans. Et soyons clairs sur un point : il y a certains pères qui peuvent faire ça aussi, qui peuvent utiliser la pension alimentaire comme une arme. Ça existe, ça fait les mêmes dégâts. Mais dans l'histoire de Julien, comme dans les statistiques du JAF, la garde est plutôt du côté d'Eva.
Le divorce : la continuité de ce qu'il a vécu pendant 8 ans
Et là arrive le divorce. Je vais être précis sur ce point, parce que tout le monde se trompe. Eva n'avait pas un plan. Elle n'a pas préparé un plan il y a 8 ans de ça pour dépouiller complètement Julien. Il se trouve juste que c'est arrivé au fil de l'eau. Ça se présente maintenant, au bout de 8 ans. Eva n'est pas un génie diabolique psychopathe qui a tout planifié sur 10 ans. La vérité est plus simple, et peut-être aussi qu'elle fait plus peur. Le divorce est la continuité de ce qu'ils ont vécu pendant 8 ans. L'argent a été un levier, les enfants ont été un levier, le réseau social est aussi un levier, le statut de victime a aussi été un levier. Au divorce, tout ceci va converger en une seule bataille : maximiser la prise, tenir la réputation, gagner le tribunal des proches. Julien pensait s'en sortir. Il découvre qu'en fait, ça va lui coûter tout aussi cher après qu'avant.
Dans cette histoire fictive, on a vu 10 mécanismes. Je le répète une dernière fois : ce n'est pas le portrait de toutes les femmes, c'est le portrait des 10 % qui existent dans chacun des deux sexes, chez les hommes et chez les femmes.
Tu te reconnais dans l'histoire de Julien et tu veux reprendre pied ? Parlons-en lors d'une séance de coaching, comme je le fais depuis des années avec des personnes dans cette situation.
Questions fréquentes
Est-ce que toutes les femmes sont concernées par ces mécanismes ?
Non. La méchanceté, le mal, est mixte. Il y a peut-être 10 % d'hommes et 10 % de femmes qui sont vraiment toxiques. Ce portrait-robot décrit les 10 % toxiques féminins.
Pourquoi la violence féminine est-elle si difficile à repérer ?
Parce qu'elle ne t'envoie pas à l'hôpital. Elle est presque invisible, indétectable. Tu ne peux pas avoir un certificat médical de la violence féminine.
Comment reconnaître des larmes stratégiques ?
La plupart des larmes, dans la vraie vie, sont sincères. Le diagnostic de la toxicité vient du timing : l'effondrement émotionnel arrive au moment où elle perd l'argument. Jamais avant, jamais après.
Est-ce que tout était planifié depuis le début ?
Non, et c'est là que tout le monde se trompe. Eva n'est pas un génie diabolique psychopathe qui a tout planifié sur 10 ans. C'est arrivé au fil de l'eau. Le divorce est la continuité de ce qui a été vécu pendant 8 ans.
Tu te retrouves dans ces dynamiques ?
J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.
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