Tout le monde pose la même question : pourquoi les gens trompent ? Et c'est une très mauvaise question. Tromper, c'est extrêmement simple à expliquer. C'est gratifiant, c'est flatteur : tout d'un coup, quelqu'un te regarde comme on ne t'a pas regardé depuis des années. Tu retrouves au fond de toi des étincelles du premier rendez-vous, des petits frissons de l'interdit, tu as du sang qui circule à nouveau. Et franchement, ce n'est pas un mystère. Le mystère, c'est plutôt l'inverse.
La vraie question : pourquoi on ne trompe pas ?
La vraie question, celle que personne ne pose, c'est : pourquoi on ne trompe pas ? Parce que parfois, tu as l'occasion qui est juste là, à portée de main, et certains savent dire non. Quand on dit non, c'est pour protéger ce qu'on a construit. C'est pour ne pas blesser les gens qu'on aime. C'est aussi pour garder son intégrité, ce truc invisible qui ne se voit pas en société mais qui fait que tu tiens debout. C'est aussi pour ne pas vivre une double vie, avec un mensonge qui te ronge un peu chaque jour, à chaque message effacé. C'est aussi pour ne pas avoir un jour à regarder tes enfants dans les yeux et leur expliquer que papa a fait du mal à maman, ou que maman a fait du mal à papa.
Dire non, ce n'est pas quelque chose d'inné, ce n'est pas non plus de la chance, c'est un choix. Et un choix, ça se travaille. Pense à un truc tout bête : je bois une bière, elle est bonne, j'en veux une deuxième. Comment est-ce que je fais pour résister à ma seconde bière ? Personne ne demandera pourquoi je cède. On cède parce que c'est bon, point final. La seule vraie question intéressante, c'est : pourquoi on tient ? Tout le monde a sa seconde bière, et la tienne a peut-être un prénom.
Trois mensonges qu'on se raconte pour céder sans culpabiliser
Avant d'aller plus loin, j'aimerais te parler de trois mensonges qu'on se raconte tout seul dans notre tête. Trois mensonges qu'on se raconte pour pouvoir céder sans culpabiliser. Le tout premier, c'est : tout le monde le fait, donc ce n'est pas si grave. Et c'est vrai que c'est commun. C'est peut-être même aujourd'hui socialement accepté. Peut-être même pire que ça : c'est encouragé. Tu as bien fait, ma chérie, de toute façon ton mari ne te regardait plus. Là où il y a 100 ans tu aurais été montrée du doigt, peut-être même qu'on t'aurait jeté des cailloux et chassée du village, aujourd'hui c'est une bonne chose, tu fais bien d'aller voir ailleurs. Sauf que est-ce que c'est parce que tout le monde boit de l'alcool que ça abîme moins le foie ? Non. La fréquence ne change rien aux conséquences. Le fait que ce soit global ne change rien au fait que ça fasse du mal. Si on est 100 millions à le faire, on va quand même dévaster la personne qui est juste en face de nous.
Le deuxième mensonge : personne ne le saura jamais. Tu peux avoir la double vie la plus propre du monde, un deuxième téléphone, un autre compte Instagram, un autre appartement. Tu peux avoir un alibi pour chaque soir. L'autre le sentira quand même. Peut-être pas de manière consciente, mais avec son corps. J'ai un cas en tête d'un homme qui avait une double vie digne d'un James Bond. C'était quasiment une œuvre d'art. Et un soir à table, sa femme lui dit : « Tu couches avec cette femme-là. » Et elle avait raison. Elle n'avait aucune preuve. Elle ne savait rien, elle ne pouvait pas le savoir. C'est juste qu'elle avait cette boule au ventre qui fait qu'inconsciemment, elle savait.
Le mensonge numéro 3, c'est : « Je gère et personne n'en souffrira. Je suis un bon mari, je m'occupe de ma femme. Je suis un bon père de famille, je m'occupe de mes enfants, je leur donne de l'attention. » C'est quelque chose qui est faux, et j'aimerais te donner la clé de la différence entre la gratification et la joie.
Gratification ou joie : la différence qui change tout
La gratification, c'est un shoot de bonheur. C'est court, c'est intense, c'est égoïste. C'est moi, moi, moi, et je me sens bien tout de suite. Ça ne construit rien. La joie, la joie du couple, la joie de la famille, la joie relationnelle, c'est l'inverse. C'est lent, ça se bâtit. C'est faire ça pour les autres. C'est ton gosse qui sait, sans même avoir besoin d'y réfléchir, que tu es là.
Le souci de l'attention, c'est que c'est une variable qui est fixe. Ton temps ne fait que 24 heures par jour. C'est un gâteau. Si jamais tu donnes une part de ce gâteau à quelqu'un d'autre, ils en auront moins à la maison. Ce que tu donnes à ton amant, tu l'enlèveras forcément à tes enfants. Tu as par exemple la tête ailleurs au dîner, tu es au match de ton fils et tu es à moitié en train de penser à autre chose. Ton couple dépérit doucement, lentement, pendant que tu regardes un SMS reçu sous la table.
Celui qui trompe est-il un monstre ?
Je ne veux pas être moralisateur aujourd'hui. Je ne veux pas dénoncer et dire que je suis pur et que personne d'autre ne l'est sur terre. Alors, est-ce que ça fait de celui qui trompe un monstre ? Dans la plupart des cas, non. Ce n'est pas de la cruauté, c'est juste une faiblesse. Il y avait une occasion qui était là, un soir où cette personne était fragile, et ça s'est passé comme ça. Et puis, si on est honnête deux secondes, ça touche tellement de monde aujourd'hui que si on devait faire disparaître tous ceux qui ont trompé un jour en France, il y aurait probablement tout le monde qui disparaîtrait. Il resterait quoi ? Peut-être trois curés en France, et c'est tout. Et encore, on ne serait même pas sûr.
On ne trompe pas pour se sentir aimé, on trompe pour se sentir vivant
Mais alors, pourquoi est-ce qu'on franchit cette ligne ? On ne trompe jamais par hasard. Il y a quelque chose qu'on n'explique jamais. On ne trompe pas parce que l'autre n'est pas assez bien. On trompe parce que c'est soi-même qu'on ne supporte plus. On ne cherche pas quelqu'un de mieux à l'extérieur. On cherche à se sentir vivant à l'intérieur, comme avant. Et tu remarqueras la chose suivante : celui qui trompe ne dit jamais « j'ai trouvé quelqu'un de génial, j'ai trouvé quelqu'un de mieux ». Il va plutôt dire : avec elle, je me sens plus jeune, je me sens revivre, je me sens vivant. La personne d'en face n'est qu'un miroir. L'homme qui était complètement éteint depuis 10 ans se sent désirable. La femme qui était invisible, qui n'avait quasiment plus de relation intime dans son couple, se sent à nouveau exister. On ne trompe pas pour se sentir aimé, on trompe pour se sentir vivant.
Et ce manque d'attention, il est rarement nouveau. C'est un vieux truc qui date de l'enfance. Ça peut être une façon de réclamer de l'attention, ou alors de fuir quand ça devient trop intime. C'est aussi la manière dont on t'a aimé, ou pas, quand tu étais petit. Donc l'infidélité, ce n'est pas une maladie, c'est un symptôme. Et le symptôme ne pointe jamais là où tu penses. Le premier réflexe quand on te trompe, c'est de te dire : « J'étais nul, insuffisant, trop petit, trop grand, trop jeune, trop vieux, trop gros, trop maigre, trop roux, trop blond, ou encore pas assez disponible. » Mais la vérité, c'est que le manque était chez l'autre, pas en toi.
Et voici le piège, qui est valable pour tout le monde. Chercher dehors ce qui manque dedans, c'est un peu comme aller arroser les plantes du voisin en laissant crever les siennes. Le shoot va retomber, le vide sera toujours là, et maintenant il y a des dégâts sur tout le monde.
Faut-il pardonner une infidélité ?
Il y a une histoire que j'aime bien, celle du maître zen. Un jeune disciple vient voir le maître zen et lui demande ce qu'il pense du fait de manger de la viande. Est-ce que c'est cruel ou pas ? Faut-il être végétarien ? Et le maître zen lui répond : « Tu peux manger ce que tu veux, à une seule condition : être capable de regarder l'animal dans les yeux pendant que tu lui plantes un couteau. » Maintenant, transpose ça. Oui, tu peux franchir la ligne, tu peux céder, à une seule condition : être capable de te regarder dans le miroir en face et de te demander : est-ce que je suis prêt à payer le prix quand ça sortira ?
Et tout ceci nous emmène à la seule chose qui compte vraiment, la seule question qui te ronge. Est-ce que je dois pardonner ? Est-ce que si je pardonne, il va recommencer ? Tu peux l'analyser, tu peux l'observer : la réponse ne sera pas dans l'acte de la tromperie, parce qu'en étant honnête, adulte, sans être moralisateur, ça peut arriver à tout le monde. La réponse n'est pas dans l'acte. La réponse est dans ce qu'il va ressentir après. Si tu as affaire à une personne qui a fait une erreur, elle va voir ta douleur, elle aura une culpabilité incroyable et ça va la hanter pendant des semaines. Si jamais tu as affaire à un manipulateur, oui, il fera semblant d'être triste, mais l'étape d'après, c'est qu'il va te blâmer : « Je t'ai trompée car... » Et à ce moment-là, observe bien à qui tu as affaire.
Tu traverses une infidélité, d'un côté ou de l'autre de la ligne, et tu veux y voir clair ? On peut travailler ça ensemble en coaching.
Questions fréquentes
Pourquoi trompe-t-on vraiment son partenaire ?
On ne trompe jamais par hasard. On ne trompe pas parce que l'autre n'est pas assez bien : on trompe parce que c'est soi-même qu'on ne supporte plus. On ne cherche pas quelqu'un de mieux à l'extérieur, on cherche à se sentir vivant à l'intérieur, comme avant.
Est-ce ma faute si on m'a trompé ?
Le premier réflexe, c'est de te dire que tu étais nul, insuffisant, pas assez disponible. Mais la vérité, c'est que le manque était chez l'autre, pas en toi. L'infidélité, ce n'est pas une maladie, c'est un symptôme, et le symptôme ne pointe jamais là où tu penses.
Une double vie peut-elle vraiment rester secrète ?
Tu peux avoir la double vie la plus propre du monde, un deuxième téléphone, un autre compte Instagram, un alibi pour chaque soir. L'autre le sentira quand même, peut-être pas de manière consciente, mais avec son corps.
Comment savoir s'il va recommencer si je pardonne ?
La réponse n'est pas dans l'acte, elle est dans ce que l'autre ressent après. Une personne qui a fait une erreur voit ta douleur, et la culpabilité va la hanter pendant des semaines. Un manipulateur fera semblant d'être triste, mais l'étape d'après, c'est qu'il va te blâmer.
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