Quand on parle d'amour, c'est compliqué d'être HPI. On peut se penser parfois trop intelligent, trop fort, et ce qu'on ne remarque pas, c'est que notre comportement peut être aussi pénible pour l'autre. La réalité, c'est qu'on n'est pas intense : c'est qu'on est mal régulé, et on fait souvent la confusion. C'est ce qui fait que ça peut détruire les couples. Tu peux être HPI, tu peux aussi être le conjoint d'une personne qui est HPI. Et en étant HPI moi-même, j'ai le droit de tirer sur mon propre clan. Mais ce n'est pas mon objectif : je ne suis pas là pour descendre, je suis là pour aider.

La réalité brute, c'est que souvent, si on détruit nos couples, ce n'est pas parce que les autres sont trop simples, ce n'est pas parce qu'on est trop profonds nous-mêmes, c'est plutôt parce qu'on a une part de notre caractère qui est immature. Dans la grande loi de l'univers, dans le grand yin et yang de l'univers, ce qu'on a gagné d'un côté, on le perd de l'autre. Ça n'empêche pas qu'on réfléchisse vite et bien. C'est juste qu'il y a un pendant à ça.

97 % des gens ne fonctionnent pas comme nous

Contrairement à ce qu'on pourrait croire, le pourcentage de HPI n'est que de 2,3 % de la population. Et ce taux est stable depuis aussi longtemps que les tests sur les HPI existent, ça ne bouge pas. Ça signifie que plus de 97 % des gens ne fonctionnent pas comme nous. Si déjà c'est compliqué, dans un couple classique où les gens sont semblables, de réussir son couple sans divorcer à la fin, imaginez ce que c'est quand en plus l'un des deux est neuroatypique. La différence, de manière évidente, va créer des malentendus, de la solitude et une forme de souffrance, voire même une séparation.

Revenons sur cette étiquette qui est géniale : je suis haut potentiel intellectuel. Cette étiquette est plutôt flatteuse, elle est confortable. Mais il y a quelque chose de faux là-dedans. Parce que ce qu'on ne voit pas, c'est que la majorité des HPI, par exemple, ont du mal à attendre. La patience, ce n'est pas exactement notre truc. On peut être irrité par une phrase ou un mot qui a été mal employé. Ça peut être normal dans notre tête, ça peut aussi être complètement pénible pour l'autre. On peut aussi avoir plus de difficultés à gérer le vide, le manque. Il y a un grand taux de corrélation entre le fait d'être HPI et le fait d'être dépendant affectif. Tous les HPI ne sont pas dépendants affectifs, mais une bonne partie d'entre eux le sont. Alors, on va déguiser ça : on aura de l'anxiété, de la peur du vide, de la dépendance affective, mais on va couvrir le tout par de l'intelligence. En réalité, on maquille une grande partie de nos problèmes, on les compense par de l'intelligence.

On tombe amoureux d'un état, pas d'une personne

La deuxième vérité, c'est qu'on tombe amoureux d'un état, le fait de se sentir bien, plutôt que d'une personne. Ce qu'on aime, ce n'est pas tant l'autre dans sa différence et dans sa façon d'être. Ce qu'on va aimer, ce sera plutôt les discussions longues, ou encore cette connexion qui a un lien mystérieux. On va aussi aimer les relations qui seront compliquées à décoder. Tout ça, c'est de la stimulation. C'est après ça qu'on court en réalité, comme une voiture qui a besoin de carburant. Notre carburant à nous, c'est la stimulation, être toujours stimulé intellectuellement. Tu vas remarquer que parfois, on sera attiré par cette femme mystérieuse, cette relation incompréhensible qui devient un challenge. Ou encore, si tu es une femme HPI, tu vas aimer cet homme qui te rejette, parce que tout d'un coup, il y a un défi intellectuel. Je dois comprendre ce puzzle, il y a des indices dans ma tête, ça me rend heureux au quotidien. J'ai mon carburant, je peux faire réfléchir mon cerveau à tous ces problèmes et chercher une solution. Ce que tu aimes réellement, c'est cet état de réflexion que ça va te procurer. Si par contre tu es dans un couple qui serait dit prédictif, où tu peux voir arriver l'autre, où il n'y a pas beaucoup de mystère, tout d'un coup, tu t'ennuies.

Les HPI sont souvent envahissants

Troisième vérité un peu compliquée à entendre : les HPI sont souvent envahissants. Si tu n'arrives pas à le voir chez toi, regarde chez tes copains qui sont HPI aussi. À un moment donné, on a besoin de tout comprendre, de tout verbaliser, de tout analyser. L'autre, par exemple, qui n'est pas HPI, veut juste une pause normale dans sa vie, il veut être tranquille un week-end. Toi, ce que tu veux, c'est comprendre. Tu as besoin de ce carburant dans ton cerveau, tu as besoin qu'on te jette un os que tu puisses ronger mentalement. L'autre veut être tranquille, toi, tu cherches de l'intimité. Il prend de la distance pour être zen, il ne t'appelle pas un lundi soir. Toi, tu vas surinterpréter. Dans ta tête, tu as déjà 300 000 scénarios.

Derrière chaque HPI, un enfant anxieux

Dernière vérité dérangeante à entendre : derrière chaque HPI, il y a souvent un enfant anxieux. On pourrait penser que le HPI a été créé, qu'en gros, l'enfant ne l'était pas par défaut et que c'est son environnement, quand il a grandi, qui a fait de lui un HPI. En réalité, ce n'est pas le cas, aujourd'hui, on le sait. C'est une spécificité neurologique : tu es né avec un cerveau qui a plus de vitesse de traitement, une meilleure connectivité neuronale. Le souci étant que lorsque tu as ces spécificités à la naissance, tu n'auras pas la même vie, pas la même jeunesse, pas la même enfance que les autres. Très tôt, tu vas réussir à anticiper l'humeur des adultes. Tu auras aussi la capacité de comprendre l'autre avant que les gens te comprennent toi-même. Si un enfant ordinaire qui a 4 ans ou 6 ans pleure, l'enfant HPI va observer, comprendre et se taire. Et ça, ça fait une immense différence dans la manière dont tu vas grandir.

Voici une croyance interne : le lien affectif que j'ai avec les autres, l'amour que j'ai dans mon couple, le fait qu'on m'aimera ou pas, dépend de ma capacité à comprendre, à m'adapter et à anticiper. Si tu es HPI, en principe, cette phrase te parle. Et si tu regardes cette phrase un peu différemment, on est quasiment exactement sur la définition de l'attachement anxieux, de la dépendance affective : tu te suradaptes, tu as peur du rejet et tu as du mal à poser tes limites. Parce que lorsqu'on est différent, on a dû s'adapter toute une vie. Quand tu étais petit, tu te sentais déjà différent des autres. Tu as vite compris que tu devais t'adapter à l'autre et faire exactement comme les autres pour ne pas être rejeté. Si jamais tu t'autorisais à être toi-même, les gens te regardaient bizarrement. Donc oui, le HPI est brillant, oui, il est lucide, mais il n'est pas sécurisé, et il a un besoin constant d'être choisi, d'être rassuré et d'être unique, encore et encore. Et quand ce besoin n'est pas rempli, et ça, ça va probablement te parler pour ta vie de couple, tu vas peut-être devenir froid, critique, fuyant ou dramatique, la plupart du temps dans ta tête. Tu peux être quelqu'un d'intelligent, quelqu'un de brillant, et pourtant, tout d'un coup, faire des critiques un peu acerbes à l'autre, ou aller bouder. Et là, on en arrive au côté immature du HPI.

La suradaptation, c'est la vie entière d'une personne qui est HPI. C'est même, au passage, ce qui fait le risque d'être dans des relations toxiques. Vu que toute notre vie, on a dû s'adapter à l'autre et se dire, je dois faire comme les autres même si ça n'a aucun sens pour moi, tu arrives un jour dans une relation qui est toxique, ça n'a toujours pas de sens, mais comme tu le connais par cœur, tu te dis : l'autre a raison, je dois m'adapter à lui. Sauf que là, tu es en train de t'adapter à quelqu'un qui est éventuellement toxique. Il y a de fortes chances que dans toute ta vie, que ce soit une relation toxique ou une relation saine, tu te sois effacé de peur d'être rejeté, tu te sois adapté, tu aies encaissé, et puis un jour, tu exploses : on ne me comprend pas, marre de s'adapter, et tu pars. Et quand on s'adapte en permanence aux autres, bien évidemment qu'on ne met jamais de limite claire, parce qu'on préfère toujours penser que le narratif de l'autre est le bon, que ce soit au travail, en amitié, en amour, et jamais le tien. Il y a une critique que tu as dû déjà entendre si tu es HPI : tu n'es pas honnête, tu ne m'as pas tout dit. Parce qu'on en arrive à ce qui s'appelle des mensonges blancs. En gros, je vais taire la réalité dans des petits mensonges qui n'ont pas d'impact au quotidien, plutôt que de dire ce que je pense vraiment ou ce qui s'est réellement passé, de manière à me suradapter à l'autre et à ne pas être rejeté. Sauf que tout d'un coup, l'autre s'en rend compte, et qu'est-ce qu'il te dit ? Tu as menti.

Réguler ses émotions et assumer d'être différent

Le premier vrai travail à faire quand on est HPI, c'est d'arriver à réguler ses émotions. Typiquement, laisser passer quelques minutes avant de réagir, voire quelques heures, voire même quelques jours, c'est une très bonne chose. C'est compliqué d'avoir été différent toute une vie. Il y a des chances que tu aies été moqué, ridiculisé et même rejeté. Cette vigilance, maintenant que tu es devenu adulte, il est peut-être temps de la mettre de côté. Il est peut-être temps aussi d'assumer d'être différent. Être différent, c'est quelque chose de chouette. C'est montrer ta singularité, montrer qui tu es vraiment. Ce sont peut-être même tes bizarreries qui vont te rendre plus attirant et plus sexy.

Ce n'est que ton partenaire

Le point suivant, c'est peut-être d'arrêter d'idéaliser autant que ça le couple, ou de voir ça comme un carburant pour ton cerveau, nécessaire tout le temps. Ce qui va forcément mener au fait de bouffer l'air de l'autre et au fait de se faire rejeter. Ta partenaire amoureuse, ton partenaire amoureux, n'est que ton partenaire. Ce n'est pas forcément ta source de réflexion quotidienne non-stop, pas forcément la personne qui doit te stimuler en permanence. Ce n'est pas réduire l'amour à ça, ce n'est pas se limiter, ce n'est pas se contraindre : c'est remettre une forme de réalisme dans le couple. On en demande beaucoup aujourd'hui à un partenaire. Ce n'est que ton partenaire. Et peut-être que certaines discussions profondes de philosophie, tu les auras avec d'autres gens. On projette vite, on voit vite le futur. On dit qu'il faudrait 17 ans pour bien connaître quelqu'un. Quand on est HPI, en trois jours, on a déjà fait tout le plan sur toute la vie. Et puis en fait, non, le partenaire nous déçoit, il n'est pas à la hauteur, il ne nous stimule pas suffisamment, et là, du coup, on est agacé, on devient aigre. Personne sur terre ne peut te stimuler en permanence. Ça va être à toi de faire ce travail. Tu as besoin d'être toujours nourri intellectuellement ? Reprends tes études, même si tu as 50 ans, même si tu as 60 ans, lis des livres, rencontre des gens. Il est important, pour qu'un HPI soit heureux en couple, qu'il arrête de mettre la pression à son partenaire.

On a aussi ce perfectionnisme exigeant : il faut que ce soit le bon mot, précisément. Si ce n'est pas le bon mot, la phrase ne veut rien dire. On est perfectionniste avec nous et avec l'autre. Il est peut-être temps de respirer, de souffler, de revenir dans la réalité. Je suis persuadé d'une chose : en se connaissant, en connaissant son véhicule, notre véhicule, c'est notre corps, notre cerveau, on devient conscient qu'on doit aussi ralentir, qu'on doit laisser la place à l'imperfection, que l'autre ne sera pas exactement comme moi ou comme je le souhaite. Si tu arrêtes de le voir avec ton propre prisme HPI, que tu vois la personne géniale qui est à côté de toi et que tu ralentis, tu peux aussi observer ses imperfections. C'est ça qui nous rend plus humains. Le simple fait de vouloir que tout soit parfait dans ta vie te rend déjà imparfait. C'est déjà un défaut. Donc mes amis HPI, on se relaxe, on ralentit, on va trouver des sources de stimulation ailleurs pour mettre moins de pression sur le couple. Apprendre à s'ennuyer, c'est aussi un super défi pour un HPI. L'amour devrait apaiser ton corps, il ne devrait pas être là pour t'exciter ou pour te surstimuler.

Si tu galères dans ton couple, que tu sois HPI ou en couple avec un HPI, on peut avancer ensemble en coaching.

Questions fréquentes

Pourquoi les HPI souffrent-ils plus en amour ?

On n'est pas intense, on est mal régulé, et on fait souvent la confusion. Ce qu'on a gagné d'un côté avec l'intelligence, on le perd de l'autre : il y a une part de notre caractère qui est immature.

Les HPI sont-ils dépendants affectifs ?

Il y a un grand taux de corrélation entre le fait d'être HPI et le fait d'être dépendant affectif. Tous les HPI ne le sont pas, mais une bonne partie d'entre eux le sont, et on couvre le tout par de l'intelligence.

Pourquoi je m'ennuie dans les relations calmes ?

Notre carburant, c'est la stimulation. Dans un couple prédictif, où tu peux voir arriver l'autre, où il n'y a pas beaucoup de mystère, tout d'un coup, tu t'ennuies, comme une Formule 1 qui n'a pas eu son plein d'essence.

Que peut faire un HPI concrètement pour son couple ?

Réguler ses émotions en laissant passer quelques minutes, voire quelques heures avant de réagir, assumer d'être différent, trouver des sources de stimulation ailleurs et arrêter de mettre la pression à son partenaire.

Tu te retrouves dans ces dynamiques ?

J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.

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