J'aimerais vous confier quelque chose aujourd'hui. Ça fait à peu près 20 ans que je fais ce métier d'aider les gens à trouver l'amour, à se méfier des prédateurs, à avoir des relations heureuses à deux, en couple ou même en famille. Je donne des conseils pour se rencontrer, pour être plus heureux, et j'ai l'impression d'être en décalage aujourd'hui entre ce que je dis et la réalité sur le terrain. Si je regarde juste dans mon entourage proche, dans mes amis, si je regarde en soirée ce qui se passe, si je regarde même dans ma famille, j'ai l'impression que les gens ne se trouvent plus aujourd'hui. J'ai l'impression que le monde a changé, un peu comme si on était sur la fin d'un cycle, un cycle qui a peut-être 1000 ou 2000 ans. Et là, j'ai cette impression que depuis quelques années, ça a changé. Comme si tout ce cycle était terminé, comme si on arrivait dans un monde apocalyptique où plus personne ne se trouve.

50 % des femmes célibataires en 2035 : d'où vient ce chiffre ?

Il y a de plus en plus de célibataires. La dernière étude que j'ai lue dit : 50 % des femmes seront célibataires en 2035. Alors ça m'a fait rire, parce que si les femmes sont célibataires, a priori les hommes le seront aussi, vu qu'il faut être deux pour faire un couple. L'étude parle des femmes parce que, bien évidemment, quand ça parle d'études, ça coûte de l'argent. C'est une étude qui a été publiée par un groupe qui souhaitait savoir comment dynamiser ses ventes auprès des femmes dans les 10 ans à venir, savoir s'il y aurait plus de femmes célibataires pour acheter plus de leurs produits. Les études ont souvent un lien économique, et c'est le cas ici aussi.

Une femme sur deux serait donc célibataire dans 10 ans. Est-ce que c'est un scénario de science-fiction, ou est-ce que c'est quelque chose qui se dessine déjà ? Cette étude a quelques années, et la chose surprenante, c'est que ce qu'ils ont prédit, la courbe qu'ils ont dessinée, est en train de se dessiner exactement comme ça a été prédit. C'est l'étude de Morgan Stanley. On est pile dans les chiffres aujourd'hui. Est-ce que ce sera 50 %, 55 ou 45 ? En tout cas, on va à peu près là-dedans. Et dans certaines régions, ça pourrait être pire. Il y a une révolution silencieuse, un mouvement de fond, une guerre du couple, quelque chose qu'on ne voit pas. Notre société est en train de changer de manière radicale. Ma toute première question, c'est : est-ce que tu as conscience de ça ?

Les applications de rencontre sont devenues un champ de bataille

Il y a des chances que tu sois ce genre de personne qui est peut-être en couple aujourd'hui et qui sera sur un Tinder ou un Bumble demain. Tu t'es peut-être séparé dernièrement, tu n'as pas vu le monde changer, et tu prends ton téléphone, tu réinstalles tes applications de rencontre comme tu l'avais fait juste avant le Covid, ou en 2018, ou en 2015 si tu as été casé assez longtemps. Et tu réinstalles ça sans comprendre que le monde a changé. 50 % des hommes seraient déjà en couple sur les applications de rencontre. Donc en gros, ils sont là pour tromper, ou même pour vérifier leur pouvoir. Encore plus étonnant : une immense partie des femmes qui s'inscrivent sur les sites de rencontre ne sont pas là pour rencontrer réellement. Elles sont juste là pour venir prendre leur shoot de dopamine. Moins de 5 % des gens seraient réellement sur ces sites pour rencontrer quelqu'un.

Toi, tu arrives tout naïvement, tu installes ça sur ton téléphone, tu te dis : c'est bon, j'ai un salaire, j'ai l'âge nécessaire, je vais prendre leur forfait à 20, 30 ou 50 balles. Tu te mets dessus, et ça ne marche pas. Quand tu arrives, c'est Verdun. Tu as un mec qui veut t'envoyer ses parties intimes en photo. Est-ce que je peux les envoyer, ça t'intéresse ? Ben non mec, je suis là a priori pour rencontrer quelqu'un de bien, pas pour recevoir ce genre de photos. Les applications de rencontre cette année, c'est Verdun réellement. Et là, la réponse que tu as en général, c'est : « Oui, mais Antoine, moi j'ai mon cousin qui a rencontré sa femme dessus. » Oui, mais déjà, il l'a rencontrée en quelle année ? Est-ce que c'était il y a 10 ans, parce que le monde était très différent ? Et même s'il l'avait rencontrée dernièrement, il fait peut-être partie des 2, 3 ou 5 % de gens qui se rencontrent en vrai et qui ont eu de la chance. Il n'y a pas 100 % des gens pour qui ça ne marche pas. Il n'y a que 98 % d'entre eux pour qui ça échoue.

Les chiffres qui confirment la tendance

Regardons un peu les chiffres. En France, étude 2020 : 41 % des foyers sont déjà composés d'une seule personne. Ça veut déjà dire des millions de femmes et des millions d'hommes qui vivent seuls. Le nombre de mariages s'effondre. En 2000, il y avait 300 000 mariages. En 2022, seulement 229 000. Et plus d'un sur deux finit en divorce. De moins en moins de mariages, mais ça finit toujours autant en divorce par la suite. La durée moyenne avant divorce, c'est 5 ans et demi. Donc calcule bien dans ta tête : tu te maries, tu as plus d'une chance sur deux que ça échoue, et si ça échoue, ce sera dans les 5 ans et demi. Typiquement, à Paris, un logement sur deux est occupé par une personne seule, et ça, c'était en 2021. Il y a même une économie du célibat : des agences de voyage constatent qu'il y a eu plus 35 % de demandes de réservation entre 2019 et 2023 pour les gens qui sont seuls. Les applications de rencontre sont censées nous mettre ensemble, mais ce qu'on remarque, c'est que ça ne marche pas.

Le ghosting est généralisé. Le ghosting, c'est : tu dragues quelqu'un, que ce soit sur un site de rencontre ou dans la vraie vie, et tout d'un coup, tu n'as plus de nouvelles. C'est devenu normal, naturel. Couper toute discussion est devenu commun. Une personne sur quatre a déjà subi les conséquences d'un ghosting, et 44 % des sondés estiment que ce genre de rejet a eu un impact durable sur leur santé mentale. Les gens en face de toi se disent juste : ce n'est pas grave, je le bloque, j'arrête de lui parler, c'est tout. En réalité, ça a des conséquences durables, ça crée une baisse de l'estime de soi. Ça crée des dépressions. C'est choquant de ghoster quelqu'un, de ne plus donner de nouvelles du jour au lendemain. C'est d'une violence psychologique.

Et si les dépendants affectifs étaient les gens sains ?

Je sais qu'il y a beaucoup de gens qui sont dépendants affectifs, comme moi je l'ai été. Et la plupart des dépendants affectifs viennent consulter pour récupérer un ex qui est évitant, une personne qui a du mal à s'engager. Mais il y a une autre façon de reformuler ça. Pourquoi est-ce qu'une personne dépendante affective, qui a un attachement dit anxieux, vient consulter un psy, un coach, un thérapeute pour faire marcher son couple, là où un évitant, quelqu'un qui a peur de l'amour, ne vient pas ? Statistiquement, c'est très faible : c'est peut-être un sur 100, ou allez, un sur 20, qui vient consulter pour comprendre pourquoi il a peur de l'amour. L'une des hypothèses serait de penser qu'une personne dite dépendante affective, ce qui serait donc une pathologie, est peut-être juste quelqu'un de normalement constitué. Quelqu'un qui se bat pour que son couple marche. Quelqu'un qui aime bien vivre à deux, qui serait prêt à consulter, à lire des livres, à voir des vidéos pour que ça fonctionne. C'est peut-être quelqu'un qui se bat pour que l'amour subsiste dans un monde de gens évitants qui ont peur de ça.

Des fois, j'ai en coaching des gens qui se séparent, et l'homme part juste parce qu'il ne sent pas trop la suite de cette relation. Il y a trois enfants qui veulent leur père. Le père part et dit : désolé les enfants, je ne la sens pas trop, la suite, je vais partir. Vous verrez votre papa seulement une semaine sur deux. Une femme décide un jour que finalement elle n'a pas besoin d'homme. Ils ont fait un foyer, ils ont fait des enfants, mais elle part parce qu'elle a vu plein de vidéos qui lui expliquaient que c'était une femme forte. Allez, go girl, tu es une femme forte, tu n'as pas besoin d'homme. Elle se retrouve seule à pleurer chez elle, à regretter sa décision par la suite. Donc je ne dirais pas qu'on est dans une société de gens faibles. Je dirais plutôt qu'on est dans une société de gens affaiblis. Et vous êtes peut-être aujourd'hui ces guerriers, ceux qui y croient encore, ceux qui ont ces convictions, ces valeurs. Vous êtes ceux qui allez réussir ce défi.

Comment trouver quelqu'un dans ce monde de zombies

Tu arrives avec ton grand cœur, avec ton envie de prendre soin de quelqu'un, et tu arrives peut-être un peu naïvement là-dedans. Tu te dis : moi, je suis prêt à tout donner, je me suis remis de ma dernière rupture, j'ai envie de revivre quelque chose à deux. Et tu arrives sur ce champ de bataille, et c'est un champ de bataille qui va te détruire ton grand cœur. On va te faire croire qu'on veut te rencontrer, d'un coup on va te ghoster. Parce que c'est ça, au final : ce monde de zombies veut que tu deviennes aussi un zombie. Tu arrives avec ton cœur pur, ce qu'ils veulent, c'est que tu finisses exactement comme eux. Blasé par tout ça, sans ambition, sans envie. Tout est gris, ils veulent que tu sois gris aussi. Ils veulent que tu abandonnes.

Je te donne quelques pistes. Revenir à la sincérité. Dire la vérité aujourd'hui, c'est quasiment un acte révolutionnaire. Dire aux gens quand tu les aimes, quand tu les apprécies, les remercier quand quelque chose se passe bien, et aussi savoir leur dire quand tu n'es pas d'accord avec eux. Tu vas te fermer des portes aussi, en disant la vérité. Moi, ça m'arrive : je perds plus d'amis que ce que j'en gagne, globalement, parce que je dis ce que je pense réellement. Pas méchamment, je dis juste ce que je pense, et j'aimerais bien que les gens fassent pareil avec moi. Ensuite, revenir aux communautés. Te réinscrire à des clubs, revenir dans la vraie vie. Le monde numérique, ça ne marche pas, ça crée de la dépression. Tape n'importe quel site de rencontre et « dépression » : tape Tinder dépression, Bumble dépression, et regarde juste le nombre d'articles. Tu as des millions d'articles. Tape maintenant Tinder bonheur, Bumble bonheur : zéro article. Reviens à la réalité, reviens à ce qui fonctionne. Tu ne croiseras peut-être pas l'amour de ta vie dans un club de padel ou de théâtre, mais tu vas peut-être te faire des copains, qui eux-mêmes connaissent des gens, qui t'inviteront, qui font que ton moral va monter, et qu'au bout d'un moment, tu vas rencontrer la bonne personne là-dedans.

Dans ce monde post-apocalyptique, tu vas devoir malheureusement être autonome temporairement, le temps de trouver quelqu'un. Tu vas devoir combler tes propres besoins. Tu ne peux pas sauter sur le premier zombie que tu croises, il va te bouffer, il va te rendre exactement comme lui. J'ai lu une très jolie phrase qui disait : est-ce que dans ton célibat, tu es capable d'attendre et de monter tes standards, ou est-ce que tu n'es pas capable d'attendre, tu veux que ça aille vite et tu es prêt à baisser tes standards ? Pour la plupart de ceux qui veulent se mettre en couple rapidement, le réel écueil, c'est d'être pris avec la mauvaise personne. Le vrai bonheur, la vraie réussite, c'est de libérer ce créneau, de faire la place pour que quelque chose de chouette puisse venir dans ta vie. C'est de créer cette place dans ton cœur, pour qu'une personne géniale puisse entrer dedans. Et en dernier conseil, tu peux aussi assumer ta vulnérabilité. Dans un monde qui ne montre plus d'émotions, reviens à ta vulnérabilité, montre-leur que tu es humain. Le principe du zombie, c'est qu'il n'a rien d'humain en lui. Toi, tu peux montrer de l'humanité. Parce que ton objectif à partir d'aujourd'hui, c'est de trouver les survivants d'un monde post-apocalyptique. Tu dois faire de la résistance et commencer à rechercher activement quelqu'un qui a autant de vie que toi.

Tu veux arrêter de t'épuiser sur les applis et rencontrer enfin quelqu'un de sain ? Je peux t'aider en coaching.

Questions fréquentes

D'où vient ce chiffre de 50 % de femmes célibataires en 2035 ?

C'est l'étude de Morgan Stanley, publiée par un groupe qui souhaitait savoir comment dynamiser ses ventes auprès des femmes dans les 10 ans à venir. Cette étude a quelques années, et la courbe qu'ils ont dessinée est en train de se réaliser exactement comme prédit : on est pile dans les chiffres aujourd'hui.

Les applications de rencontre fonctionnent-elles encore ?

50 % des hommes sur les applications seraient déjà en couple, et une immense partie des femmes ne sont pas là pour rencontrer réellement, juste pour prendre leur shoot de dopamine. Moins de 5 % des gens seraient réellement sur ces sites pour rencontrer quelqu'un.

Le ghosting est-il vraiment grave ?

Oui. Une personne sur quatre a déjà subi les conséquences d'un ghosting, et 44 % des sondés estiment que ce genre de rejet a eu un impact durable sur leur santé mentale. Ça crée une baisse de l'estime de soi, des dépressions. C'est d'une violence psychologique.

Comment rencontrer quelqu'un aujourd'hui ?

Reviens à la sincérité, reviens aux communautés, réinscris-toi à des clubs, reviens dans la vraie vie. Sois suffisamment autonome pour pouvoir attendre de rencontrer la bonne personne, assume ta vulnérabilité, et recherche activement quelqu'un qui a autant de vie que toi.

Tu te retrouves dans ces dynamiques ?

J'accompagne les personnes qui veulent comprendre ce qu'elles ont vécu et construire quelque chose de différent.

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