À l'époque, j'étais dans une relation qui était perverse narcissique, et j'allais de psychologue en psychiatre en thérapeute pour comprendre ce qui m'était arrivé. Les dix premiers experts que j'ai vus, ces psychologues, ces thérapeutes, m'ont dit : faites des efforts monsieur Peytavin, dans un couple, c'est 50-50, soyez plus gentil, plus patient, plus compréhensif. Et heureusement, le onzième ou le douzième spécialiste m'a dit le mot : perversion narcissique. J'ai regardé des vidéos, j'ai lu des livres, c'était exactement ce qui m'était arrivé. En gros, les dix premiers m'ont conseillé de la patience face à une situation où il faut juste partir et fuir. Ça m'a ouvert une porte, une fenêtre : j'ai enfin vu ce qui se passait dans ma vie.
Peut-être que pour vous, aujourd'hui, ce sera le cas aussi avec le profil borderline. À la fin, vous saurez précisément dans quel cas de figure vous êtes : face à quelqu'un qui est pervers narcissique, face à quelqu'un qui est borderline, ou encore quelqu'un qui a des traits de l'un et aussi de l'autre.
Deux troubles du même chapitre
Ils sont classés dans le DSM, ce livre américain, dans le même chapitre : troubles de la personnalité. On y trouve notamment la perversion narcissique et aussi le borderline. Là où c'est perturbant, c'est qu'une personne peut avoir un trouble principal, par exemple être perverse narcissique, avec des traits d'un autre trouble du même cluster. Un narcissique peut avoir des traits de borderline, ou un borderline peut avoir des traits de narcissique. Et c'est là qu'il y a confusion, parce que qu'il soit l'un, qu'il soit l'autre, ou qu'il soit l'un et l'autre, ça se ressemble : on va avoir des disputes violentes, des ruptures fréquentes, des comportements extrêmes, des accusations. Et malheureusement, le terme qui est très à la mode, c'est le terme de pervers narcissique. Donc si jamais toi, tu vois ça dans ton couple, la chose que tes amis vont te dire, sans venir vérifier sur place ce qui se passe, c'est : attention, tu as affaire à un ou une perverse narcissique. Si le guide médical DSM américain en parle très bien, la CIM-11, qui est la référence disons européenne, publiée par l'OMS, même s'il y a une approche un petit peu différente sur la sévérité et la notification du trouble, en reconnaît les grandes lignes.
Ce que c'est qu'être borderline
On va commencer par voir ce que c'est que le fait d'être borderline, qui s'appelle aussi trouble de la personnalité limite. Si tu veux un moyen mnémotechnique pour t'en rappeler, rappelle-toi que dans le langage courant, tu pourrais dire : tiens, cette personne, elle est un peu borderline. Tu vois déjà un tout petit peu à quoi ça correspond. Voici le texte précis du DSM : c'est une tendance persistante à des relations, à une image de soi et surtout à des émotions instables. Ça peut se passer très bien, voire trop bien, pendant quelques instants, puis mal, voire beaucoup trop mal, juste après. Donc déjà là, il pourrait y avoir une première source de confusion avec les pervers narcissiques.
Si cette personne a au moins cinq des points suivants, elle est déclarée comme étant borderline. Je ne suis pas votre thérapeute, je ne suis pas un psychiatre : c'est à vous d'aller ensuite vérifier ça avec un professionnel de la santé. Des efforts désespérés pour éviter un abandon, qu'il soit réel ou imaginaire. Des relations intenses, instables, qui alternent idéalisation et dévalorisation de l'autre : tu peux pendant cinq SMS être la meilleure personne à ses yeux, les cinq SMS d'après, tu seras la pire personne au monde. Une image et un sens de soi instables. Une impulsivité qui peut mener à des lésions personnelles, comme des rapports intimes non protégés, des frénésies alimentaires, de la conduite imprudente. Des comportements, des gestes ou des menaces de mettre fin à ses jours. Des sautes rapides d'humeur, qui durent généralement quelques heures, mais rarement plus que quelques jours. Un sentiment persistant de vide. Une colère intense, inappropriée, ou une difficulté à contrôler ses colères et ses émotions. Des pensées paranoïdes temporaires, avec des symptômes dissociatifs graves déclenchés par le stress.
La peur centrale du borderline : l'abandon
Un pervers narcissique peut avoir des traits de borderline. Son diagnostic principal, c'est narcissique, mais il peut être à 20 % borderline, parce que ce ne sont pas des cases parfaitement séparées, il y a un peu de recoupement. Par exemple, cette personne a un grand sentiment de supériorité, ce qui sera associé au narcissisme, va mépriser les autres, va exploiter les gens, mais aussi, paradoxalement, peut exploser émotionnellement et, c'est ça le critère principal, avoir peur d'être abandonnée. Dans ce cas-là, le noyau principal est narcissique, mais certaines réactions annexes sont de l'ordre du borderline, notamment la peur de l'abandon. Mais il y a une immense différence entre ces deux profils.
Chez le borderline, la peur centrale, c'est l'abandon. Ce sont des phrases que tu verras par exemple par message : ne me quitte pas, dis-moi que tu m'aimes, rassure-moi, on est faits pour être ensemble. Tu peux avoir des appels répétés par dizaines, des SMS par centaines. Si jamais tu ne réponds pas, ça va créer son effondrement. Ce sont des relations qui sont très fortes. Tu as l'impression d'avoir trouvé l'amour de ta vie. Tu te dis : pour que l'autre m'aime autant, c'est forcément que c'est gigantesque, qu'on est faits pour être ensemble. En réalité, tu n'es pas en train d'analyser la personne ni ses vraies intentions, tu es en train d'observer un trouble. Ça va être une alternance d'idéalisation, tu es la plus belle femme sur terre, tu es l'homme le plus génial de l'univers, puis, une demi-heure après, une heure après, de dévalorisation. Le borderline est donc ultra attaché. Et ce qui va te faire bizarre, c'est qu'un jour, il peut aussi changer de partenaire et reproduire ce même attachement sur quelqu'un d'autre. Tu pensais que cette relation était importante parce que c'était intense. C'était juste son trouble, qui va se reporter sur la prochaine personne.
La peur centrale du narcissique : l'humiliation
Chez la personne qui est perverse narcissique, par contre, la peur centrale, ce n'est pas l'abandon, c'est l'humiliation. Pervers narcissique : le terme français est génial pour ça. Il y a cette partie qui est narcissique, son ego, sa fierté, complètement inventée dans cette espèce de personnage qu'il a modelé selon son imagination, et la partie perverse : je vais te détruire. Sa pire peur, c'est qu'on détruise son statut, c'est qu'on le renvoie à son image réelle, c'est-à-dire celle d'un simple être humain faillible, qui a des défauts. Cette personne va penser en permanence : je suis supérieur, tu ne dois pas me rabaisser, tu es un moucheron, je vais t'écraser, tu ne sers à rien, c'est moi le demi-dieu sur terre. Et là, les SMS seront très différents. Tu auras dedans du mépris, de la manipulation et un besoin d'admiration. Tout est basé sur son besoin d'image, de briller, d'être génial en société.
Quand borderline et narcissique s'attirent
Ce que tu ne sais pas encore, c'est que ça peut aussi être deux profils, deux personnes qui vont s'attirer. Les borderlines sont très attirés par les personnes qui sont perverses narcissiques. Commençons par un tout petit rappel : les attachements anxieux sont attirés par les pervers narcissiques, qui leur donnent au début toute l'intensité de la relation, toute la réassurance qu'ils souhaitent. Et on pourrait considérer, excusez-moi les professionnels, les borderlines comme des anxieux plus plus. Ce sont deux profils différents, mais chez les anxieux et chez les borderlines, il y a bel et bien cette peur de l'abandon au centre du profil. Et si toi, aujourd'hui, tu as peur d'être abandonné, tu te dis peut-être : si j'ai peur d'être abandonné, c'est que je suis borderline. Ce qui n'est pas le cas. Chez un anxieux, juste anxieux, comme ça a été mon cas pendant quasiment toute ma vie, on ne retrouvera pas l'intensité émotionnelle des borderlines : des crises émotionnelles très intenses, une impulsivité dangereuse, des comportements autodestructeurs, un sentiment chronique de vide et une identité instable. Ça, ça n'appartient qu'au borderline.
Un borderline sera donc très attiré par une personne perverse narcissique. Il cherche quelqu'un de fort, il veut de la sécurité, de la validation, et quelqu'un qui va sembler puissant. C'est exactement ce que va donner la personne perverse narcissique en début de relation : du charisme, de l'assurance, de la domination, de la certitude. Le pervers narcissique adore être admiré, et du coup, le narcissique va être au centre, idéalisé, indispensable, ce qui vient nourrir ce cercle. Le borderline est très intense, va montrer beaucoup, le pervers narcissique sera ravi d'avoir enfin trouvé quelque chose comme ça. Puis ça va devenir complètement chaotique par la suite, parce que le borderline va changer d'état de manière régulière. Le couple va démarrer très intensément, mais la relation va devenir explosive. Le borderline a besoin de proximité constante, d'être validé. Le narcissique, lui, veut autre chose : du contrôle, de la distance émotionnelle, mais aussi de l'admiration. Ce qui n'est pas compatible. Le borderline pourrait dire par exemple : pourquoi est-ce que tu ne me réponds pas ? Tu m'abandonnes. Le narcissique va le descendre : tu es trop dépendante, je ne veux pas de ça.
Le narcissique domine, le borderline poursuit
Alors, pourquoi est-ce qu'on confond les deux ? Parce que ces deux types de profils peuvent produire des relations instables, des colères. Dans le langage quotidien, quand tu en parles à tes amis, ils vont te dire : s'il y a des colères, s'il y a du chaud et du froid, c'est que c'est un pervers narcissique, parce que c'est ce qu'on retrouve dans toute la presse. Mais ce sont deux personnes qui sont fondamentalement très différentes. Retenez ce résumé simple : le borderline aura peur de l'abandon, aura des émotions débordantes et une dépendance affective. Là où le narcissique aura peur de l'humiliation, un besoin d'être admiré, et mettra toujours une distance émotionnelle. Tu n'es pas son égal, tu es quelqu'un d'inférieur à lui. En gros, le narcissique domine, le borderline poursuit.
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Questions fréquentes
Quelle est la différence principale entre borderline et pervers narcissique ?
Le borderline aura peur de l'abandon, des émotions débordantes et une dépendance affective. Le narcissique aura peur de l'humiliation, un besoin d'être admiré, et mettra toujours une distance émotionnelle. Le narcissique domine, le borderline poursuit.
Peut-on être les deux à la fois ?
Une personne peut avoir un trouble principal, par exemple être perverse narcissique, avec des traits d'un autre trouble du même cluster. Ce ne sont pas des cases parfaitement séparées, il y a un peu de recoupement.
Avoir peur de l'abandon veut-il dire que je suis borderline ?
Non. Chez un anxieux, juste anxieux, on ne retrouvera pas l'intensité émotionnelle des borderlines : crises très intenses, impulsivité dangereuse, comportements autodestructeurs, sentiment chronique de vide et identité instable. Ça, ça n'appartient qu'au borderline.
Pourquoi le borderline est-il attiré par le narcissique ?
Il cherche quelqu'un de fort, il veut de la sécurité, de la validation, et quelqu'un qui semble puissant. C'est exactement ce que donne la personne perverse narcissique en début de relation : du charisme, de l'assurance, de la domination, de la certitude.
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